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L'Eglise : L'Eglise en France

Le service Famille et Société de la CEF n’est pas un lieu de débat mais de formation

Famille chrétienne revient sur la déprogrammation de l'idéologue du genre Fabienne Brugère à une journée de formation de délégués diocésains à la pastorale, programmée demain :

"Quelle est au juste la vocation du service Famille et Société de la Conférence des évêques de France ? Il s’agit officiellement d’apporter une « expertise », pour le compte de la CEF, des diocèses et des provinces. Dans les faits, c’est donc d’abord un lieu de formation pour ceux qui sont chargés de la pastorale familiale, à la différence d’un lieu comme le collège des Bernardins, dédié au dialogue entre la Foi et la culture comme l’a voulu le cardinal Lustiger. […]

À cette ambiguïté sur la mission des instances comme Famille et Société au sein de la CEF, s’ajoute un décalage criant avec l’actualité politique et les préoccupations des familles. L’adoption à marche forcé du « mariage » gay a ouvert une brèche anthropologique. Cela a suscité un sursaut, mais aussi de profondes blessures, créant un sentiment tenace d’insécurité anthropologique. Insidieusement accusées d’homophobie, les familles ont laissé des plumes dans la bataille. Elles encaissent de plein fouet tous les dérapages des théoriciens de la déconstruction des normes, notamment à l’école, où leurs enfants commencent à se voir expliquer qu’un enfant peut avoir « deux mamans » ou « deux papas »…

Réduire cette inquiétude au fait d’une « minorité », « d’extrême droite » et « intégriste » qui s’érigerait en « police de la pensée » au sein de l’Eglise catholique, comme le prétendent certains, ce serait répondre à l’amalgame par l’amalgame."

Le Père Denis Metzinger, délégué diocésain de la Pastorale familiale de Paris, remercie les évêques pour cette annulation :

"Vendredi 14 mars, le quotidien La Croix, dans un de ses articles, titrait « L’épiscopat annule la venue d’une philosophe à une formation de la Pastorale familiale ». Le ton de l’article n’était qu’au regret. Comme délégué de la Pastorale familiale de mon diocèse, permettez-moi plutôt de dire : « Merci à nos évêques ».

[…] Le 10 février, j’ai reçu par mail la convocation-programme à cette journée, comme tous les délégués et responsables nationaux de mouvement. […] Je me suis mis sur mon ordinateur pour savoir qui était cette philosophe qui m’était inconnue, je dois l’avouer… La documentation ne manque pas tant l’implication de cette femme est grande dans le combat pour le féminisme, pour la loi Taubira, pour la défense de l’avortement, pour la politique [elle est l’inspiratrice des choix de Martine Aubry lors de sa campagne pour les primaires socialistes, Ndlr] proche de celle qu’elle qualifie comme étant une grande philosophe du gender, l’Américaine Julie Butler.

Comment voulez-vous que je m’empêche de me dire « bizarre, bizarre » alors que, en tant que délégué à la Pastorale familiale, je viens de passer une année à soutenir les familles, à temporiser pour ne pas se tromper de combat, à appeler au témoignage sur la beauté de l’engagement de l’homme et de la femme dans le mariage.

Je n’ai rien contre cette philosophe à titre personnel. Je crois que le dialogue – sous forme de débat respectueux – comme je suis amené à en organiser est éclairant et invite à réfléchir. Mais dans une journée de formation, on est en droit d’attendre autre chose lorsqu’on est sans cesse agressé sur le terrain par ces idéologies déconstructivistes et que l’on a pour mission d’annoncer, comme vient de redire le pape, « le lumineux plan de Dieu sur la famille ».

Je reçois plusieurs appels de délégués de province, de responsables de mouvements. Tous me disent leur inquiétude devant une telle journée. […]"

Le père Metzinger désapprouve néanmoins la supplique à Mgr Pontier lancée par votre blog (et qui a obtenu bien plus de signatures que ne l'a déclaré La Vie, environ 4000 en moins de 10 jours), au titre que ce ne serait pas une façon d'agir entre chrétiens. Nous ne voyons pas en quoi. D'autant plus que c'est par cette supplique que l'information a circulé, y compris au sein des évêques qui n'en avaient pas été informés.

"Plutôt que de recevoir des excuses en avouant une erreur de casting, nous avons reçu un mail enragé et agressif sans en-tête et signé des deux responsables du Service national annonçant que Fabienne Brugère n’était plus invitée. Dont acte, mais pourquoi parler de « campagne de désinformation » ou de « réseaux radicalisés » ? Dur, dur, le dialogue !"

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