Le saint curé d’Ars bientôt saint patron de tous les prêtres du monde?

Quel destin extraordinaire que celui de Jean-Marie Vianney qui eut tant de mal à devenir prêtre : de la gifle d'un futur évêque, lassé de ses incompréhensions au séminaire à l'appréciation manuscrite de son évêque  avant son ordination : "debillissimus"…
Et pourtant, chacun connaît la suite, la profondeur de ce prêtre, si simple et si saint et pourra connaître davantage ses oeuvres ici.
Quelques dates :

  • Le saint curé d'Ars meurt le 4 août 1859.
  • Béatifié en 1905, Jean-Marie Vianney est déclaré la même année, le 12 avril, patron des prêtres de France par saint Pie X.
  • Il est canonisé en 1925.
  • En 1929, il est proclamé patron de tous les curés de l'univers par Pie XI.
  • En 1945, le futur Jean XXIII, alors nonce apostolique en France, vient en pélerinage à Ars.
  • En 1986, c'est Jean-Paul II qui se rend dans ce petit village, connu du monde entier.

On pensait alors que le saint Curé d'Ars avait atteint une renommée que seule son humilité pouvait égaler. Mais Benoît XVI a vu autrement : le 19 juin 2010, fête du Sacré-Coeur, au terme de l'année sacerdotale, saint Jean-Marie Vianney  ne sera plus seulement le saint patron de tous les curés mais il deviendra le saint patron de tous les prêtres du monde. Le Saint-Père étend ainsi la protection du saint curé d'Ars à des centaines de milliers de prêtres catholiques dans le monde – ceux qui ne sont ni curés, ni français – et aussi à ceux qui bénéficient de la succession apostolique.

Pendant cette année Saint Paul, on voit tous les efforts que déploie le Pape pour l'unité des catholiques. Peut-on voir dans cette annonce (année sacerdotale et nomination du saint Patron de tous les prêtres), un signe fort de la volonté de Benoît XVI d'aller plus loin en plaçant ces chrétiens sous une même protection et de les réunir à Rome ce 19 juin 2010 face au Sacré-Coeur?

"O Cœur Eucharistique, ô amour souverain
du Seigneur Jésus, qui avez institué l'auguste Sacrement pour demeurer
ici-bas au milieu de nous, pour donner à nos âmes votre chair comme
nourriture et votre sang comme céleste breuvage, nous croyons
fermement, Seigneur Jésus, à cet amour suprême qui institua la Très
Sainte Eucharistie, et ici, devant cette Hostie, il est juste que nous
adorions cet amour, que nous le confessions et l'exaltions comme le
grand foyer de la vie de votre Eglise" (Père Lepidi).

Lahire

Addendum 21h25 : Les calendriers catholique et orthodoxe coïncideront en 2010. Pâques sera fêtée le même jour.

3 réflexions au sujet de « Le saint curé d’Ars bientôt saint patron de tous les prêtres du monde? »

  1. Berg

    Qu’entendez-vous par les prêtres qui “bénéficient de la succession apostolique” ?
    Ce sont les évêques catholiques (et eux seuls !) qui sont successeurs des apôtres.
    [Je cite Saint Irénée : “Aussi, vérifier la foi, c’est-à-dire la doctrine et sa transmission, revient à examiner les successions épiscopales (Haer 3, 3, 2). Avoir la succession apostolique équivaut à posséder la tradition issue des Apôtres”.
    Ce qui fait dire à Benoît XVI :
    “La succession assumée dans ce ministère épiscopal constitue la garantie de la poursuite de la tradition apostolique. Le lien entre le collège des évêques et la communauté initiale des Apôtres se vérifie d’abord par une continuité historique mais surtout comme une continuité spirituelle, car la succession dans ce ministère constitue l’espace privilégié de la transmission de l’Esprit”.
    Les prêtres qui bénéficient de la succession apostolique (par le biais de leur évêque, bien sûr) sont ceux dont les évêques sont dans “la tradition issue des Apôtres” depuis toujours.
    Voilà pourquoi l’Église reconnaît que les orthodoxes qui n’ont rien retranché ni ajouté à leur foi depuis 1054, connaissent la succession apostolique. Lahire]

  2. Prof. FP

    Il vaut peut-être mieux traduire pour les lecteurs qui ne connaissent pas le latin le mot “debilissimus” (avec un seul “l”), cela veut dire “très faible”. Cela ne veut pas dire très débile au sens péjoratif du terme.

  3. Sancenay

    Cette relation et cette heureuse nouvelle, toute proportion gardée, plaise à Dieu…, me fait penser à un séminariste ,qui, prenant conscience de sa vocation sacerdotale, il y cinq ans s’était rendu auprès de son Evêque, pour lui en faire part, et en particulier lui indiquer son attachement au rite traditionnel et au port de la soutane.
    Bien que classé par Golias comme “traditionnaliste”, le prélat se renfrogna aussitôt et administra au jeune séminariste stupéfait une véritable “gifle moarale” en lui disant quant au rite: qu’il risquait “de s’engager dans une impasse” et que pour ce qui était de la soutane , “c’était une affaire de chiffons”!
    Ce qu’il tint à confirmer par courrier avec quelque véhémence à priori, hors de proportion avec le sujet, compte tenu de sa respectable charge pastorale.
    Cette claque, somme toute assez peu prophétique devait , le Ciel aidant,encourager le jeune séminariste en question à approfondir sa vocation sous des cieux un peu plus cléments et bien davantage prohétiques, un peu plus au sud de l’Europe chrétienne…
    Quant à notre brave évêque alors quelque peu dérouté, il se plaît aujourd’hui dans sa profonde retraite sur ses terres rocailleuses à redécouvrir la beauté et le mystère de la liturgie traditionnelle!…

Laisser un commentaire