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Valeurs chrétiennes : Culture

Le premier déni fait par l’autorité c’est de ne plus reconnaître la gravité des péchés qui touchent à la sexualité

Le premier déni fait par l’autorité c’est de ne plus reconnaître la gravité des péchés qui touchent à la sexualité

Nous avons interrogé Gabrielle Vialla, suite à la parution de son nouveau livre sur la chasteté, un don qui rend sa beauté à la sexualité :

Vous publiez un ouvrage sur la chasteté. N’est-ce pas un vœu réservé aux moines, qui promettent d’observer les règles de « pauvreté, chasteté et obéissance » ?

Si les moines faisaient le vœu d’aimer, nous aurions autant besoin d’amour. La chasteté n’est pas la continence ou l’absence de relation sexuelle.

Jean-Paul II disait que la chasteté c’est vivre selon l’ordre du cœur. Le catéchisme de l’Église catholique nous apprend que la chasteté comporte l’intégrité de la personne et l’intégralité du don. La chasteté n’est pas pour les personnes parfaites, mais bien pour chacun d’entre nous, marié, célibataire mais aussi séparé, divorcé… La chasteté comme l’amour est une aspiration du cœur humain qui perdure, dans les réussites comme dans les échecs affectifs.

A l’heure de l’affaire Duhamel, la chasteté est-elle un antidote, une solution au monde libertaire hérité de Mai 68 ?

Seule la prise de conscience de la responsabilité éducative et culturelle, capable d’installer un climat durable de chasteté peut servir d’antidote à cet univers glauque qui fascine nos contemporains.

Dans ces affaires de violences sexuelles subies par les adolescents ou pire encore les enfants, la quintessence de la solution serait dit-on de libérer la parole. Mais l’être humain, particulièrement quand il dépose ses croix les plus intimes, ne cherche pas à n’être qu’écouté mais bien à être entendu.

Les interviews de Camille Kouchner sont emblématiques. Elle écrit au monde entier, mais ce qu’elle déplore c’est de ne pas avoir été entendue par sa défunte mère et son père. Ceux de qui elle attendait sans pouvoir l’exprimer, le sens de la sexualité humaine, le respect, une certaine pudeur, la franchise sur la fragilité humaine ; en un sens la chasteté.

Dans les affaires de mœurs au sein de l’Église catholique, il en est de même. La surmédiatisation révèle surtout l’échec de l’autorité bienveillante, l’abandon général de l’éducation à la chasteté. Les victimes hurlent à des sourds « C’est de vous que nous attendions dans notre enfance et adolescence les repères moraux, humains et spirituels pour prévenir, pour faire cesser les abus, pour éviter les mimétismes malsains, pour être consolés, pour que des sanctions proportionnelles et justes soient prises ». Les victimes portent, en elles, la trace de cette violence corporelle, psychique et spirituelle. Le premier déni qui leur est fait par l’autorité c’est de ne plus reconnaître la gravité des péchés qui touchent à la sexualité, ni la force de la vérité qui libère individuellement comme communautairement.

C’est un peu provocateur de ma part mais libérer la parole en ignorant la chasteté, c’est entériner la fascination pour la violence. Il s’agit de comprendre cette assertion très forte dans un paradigme qui refuse les mensonges, qui accepte avec courage la fragilité de notre condition, en choisissant, malgré tout, l’espérance et la beauté de la sexualité humaine.

Parler de chasteté doit sembler lunaire à nos contemporains. Comment l’Église peut-elle faire pour être audible sur ce sujet ?

Concession à 68, l’exigence sur la chasteté a clairement été jetée aux orties dans l’immense majorité des familles catholiques. Disparue aussi des catéchèses. Quand courageusement, on a voulu la garder, on l’a souvent figée dans un langage désuet. Pendant ce temps, la société travaillait à son bain libertaire, contraceptif, pornographique… On a refusé de voir les conséquences sur la pratique religieuse. De façon incantatoire, on nous a répété à l’envi que parler de morale sexuelle, de chasteté faisait fuir les gens. En réalité, si cela ne leur plaît immédiatement, cela permet de les garder à long terme. Au mieux, on a habillé un enseignement moral homéopathique sur la sexualité d’un terme sympathique, la théologie du corps, en omettant le petit mot que Jean-Paul II prononça tout au long de ses catéchèses : la chasteté.

On « se réveille » (ou pas) collectivement, avec une terrible gueule de bois, en semblant découvrir après un demi-siècle, les tragédies affectives, la perte de la dignité humaine, la chosification de l’embryon humain, le refus de l’altérité, la fuite face à l’engagement, les abus dans le clergé, et maintenant l’inceste ou la pédophilie. Je vous réponds benoîtement « La chasteté répond à tout cela. On a fait une démonstration par l’absurde. Constatons. Rectifions. Commençons à rendre audible la chasteté à la maison. Découvrons que la chasteté restaure, guérit. »

La chasteté, un don qui rend sa beauté à la sexualité, Gabrielle Vialla, éd. Artège, 144p., 14 €

https://fecondite.org/ouvrages/la-chastete/

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