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Le pré-traité de Bruxelles est-il nécessaire pour “sortir de l’impasse” ?

Un lecteur écrit :

Comme vous, j’avais refusé le référendum pour son contenu concocté, principalement, par [Valéry Giscard d’Estaing]. Mais il est évident qu’il fallait sortir de l’impasse et ce traité simplifié est la bonne solution […].

Nous ne le pensons pas, pour les raisons suivantes :

Il n’y a pas d’ "impasse" ou de "blocage" fonctionnel de l’UE. Au contraire, une étude de l’IEP montre que "l’UE a adopté de nouvelles règles et réglementations 25% plus vite depuis l’élargissement." On peut d’ailleurs le regretter !

Parler d’ "impasse" nous semble plutôt reprendre le postulat fédéraliste selon lequel l’Europe est en panne dès qu’elle cesse d’aller vers une plus grande intégration supranationale. Hubert Védrine le disait éloquemment :

[I]l est urgent d’abandonner explicitement la logomachie déresponsabilisante et anxiogène de l’intégration européenne sans fin. C’est-à-dire, comme la métaphore de la bicyclette qui doit toujours avancer faute de tomber, l’annonce permanente d’un nouveau traité, les "ce n’est qu’une étape", le mythe des "Etats-Unis d’Europe" qui seraient seuls à même de faire le poids…

En quoi, notamment, donner à la Charte des Droits fondamentaux (interprétée par la CJCE) une valeur supérieure aux lois nationales ferait-il sortir d’une impasse ? De quelle impasse – celle de la démocratie représentative ? Cela pourrait pourtant être le point le plus important de ce pré-traité – bien plus que la pondération des voix pour les votes à la double majorité qui a monopolisé l’attention.

Henri Védas

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