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Le père d’Abel Chennouf : “J’ai une foi terrible, je crois dans la bonté, dans le pardon”

Beau portrait dans la Croix d'Albert Chennouf, père du parachutiste Abel Chennouf, assassasiné par Mohamed Mehra :

"Le militaire, entré dans l’armée après une formation d’électricien, allait devenir père. Ce fils, qu’il ne verra pas, devrait naître dans quelques jours. Il sera baptisé. Abel, comme son frère et sa sœur, n’avait pas reçu ce sacrement. Mais il se reconnaissait catholique.

C’est ce que les gars du 17e  RGP ont immédiatement dit à l’aumônier, le P. Christian Venard, quand il est venu les interroger à ce sujet après l’assassinat. Plusieurs se souvenaient que le caporal était revenu de l’une de ses expéditions en Afghanistan avec une croix tatouée sur l’épaule gauche. Personne ne savait encore que les convictions religieuses d’Abel et de sa famille allaient créer une forme de polémique où se mêlent ignorance, maladresses et incompréhensions, voire tentatives de récupération.

Contrairement à ce que les médias ont d’abord affirmé, le jeune soldat n’était pas musulman. Ses obsèques ont été célébrées en la cathédrale de Montauban par le P. Venard, en présence de Mgr Luc Ravel, évêque aux armées, et de Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban. Deux jours plus tard, le président de la République employait la formule de « musulman d’apparence »  à propos d’Abel Chennouf. Ces mots ont blessé Albert. « Est-ce que je me permets de juger Nicolas Sarkozy en raison de ses origines hongroises, grecques et juives ? »  Ses nerfs à vif attendent du réconfort, un signe des plus hautes autorités ministérielles, mais ils ne viennent pas. « Seule l’armée nous soutient »,  lâche-t-il.

Dans une lettre, il a reproché rudement à l’évêque de Nîmes de ne pas avoir assisté à l’inhumation d’Abel, au cimetière de Manduel, « devant 7 000 personnes ». « C’était un SOS »,  reconnaît-il. Mgr Robert Wattebled lui a répondu, pour expliquer son absence et lui témoigner de sa compassion.

Des anciennes connaissances de son fils lui écrivent, d’Alsace ou d’ailleurs. Albert Chennouf fond en larmes. Il a ému la France entière le jour où il a affirmé qu’il préférait être à sa place qu’à celle de la mère de Mohamed Merah. Il confirme ses propos, qu’il ne juge pas si exemplaires. « Elle a mis un monstre au monde, je ne vais pas l’accabler. J’ai une foi terrible, je crois dans la bonté, dans le pardon. »  Il reconnaît qu’il n’en est pas encore là, surtout avec le père du meurtrier d’Abel auquel il reproche de ne pas avoir éduqué son fils. La haine serait une voie facile, certains lui reprochent même d’être « trop gentil ». « À quoi servirait-il de mettre de l’huile sur le feu ? Je ne veux ni revanche ni violence. » 

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3 commentaires

  1. Quel bel exemple de foi, d’espérance et de charité! Merci de nous avoir fait connaître cet homme d’honneur, véritable catholique dans toute sa splendeur!

  2. Un des formes du baptême de désir.

  3. Il faut une grande Foi et des graces d’état pour dire cela quand on vient de perdre ,dans ces circonstances, un fils chéri .
    Bravo et respect mr Chenouf !
    Vous nous faites aller vers le Haut .

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