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Pays : Liban

Le patriarche Raï au Liban : “Nous avons libéré le territoire, libérons maintenant l’État”

Le patriarche Raï au Liban : “Nous avons libéré le territoire, libérons maintenant l’État”

Comme la Pologne en son temps, le Liban a-t-il trouvé son “Jean-Paul II” ?

Devant des milliers de manifestants venus à Bkerké soutenir ses appels pour la neutralité du Liban et la tenue d’une conférence internationale pour un règlement de la crise, le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a prononcé samedi un discours virulent à l’encontre de ceux qui “paralysent les institutions” du pays, appelant à la “libération de l’État”, maintenant que “le territoire a été libéré”.

Le patriarche a prononcé ce long discours malgré les critiques lancées ces derniers jours à son encontre pour ses propositions de sortie de crise, notamment par le Hezbollah. Le patriarche a répondu aux critiques du parti chiite, qui a rejeté toute “internationalisation” de la résolution de la crise libanaise, l’assimilant à une “déclaration de guerre” et une atteinte à la souveraineté du pays. L’objectif de cette conférence internationale n’est pas “le déploiement de soldats et de militaires, ni une atteinte au pouvoir décisionnel libanais”, a lancé le dignitaire maronite, insistant sur l’importance de cette initiative pour sortir le pays du faisceau de crises qu’il traverse et sur sa volonté de donner au concept de la neutralité de l’État un “caractère constitutionnel”.

Cette escalade verbale du patriarche intervient malgré des médiations menées dernièrement par le Courant patriotique libre (CPL, aouniste), allié du Hezbollah, et le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim. Le CPL, dont une délégation avait rendu visite au patriarche jeudi, n’avait en effet, contrairement à d’autres partis comme le Parti socialiste progressiste du leader druze Walid Joumblatt, ou les Forces libanaises du maronite Samir Geagea, que faiblement appuyé l’appel du patriarche à une conférence internationale, disant privilégier le dialogue interne.

Parmi les milliers de manifestants venus samedi afficher leur soutien au patriarche, se trouvaient notamment des partisans des Forces libanaises, présents en grand nombre et arborant fièrement le drapeau de leur parti, ainsi qu’une représentation, plus timide, des Kataëb, avec notamment la présence de Youmna Gemayel, fille de l’ancien président Bachir Gemayel, assassiné en 1982. 

“Vive le Liban, uni et unifié, activement et positivement neutre, souverain et indépendant, libre et fort, prônant la coexistence et la tolérance”, a déclaré Béchara Raï, régulièrement interrompu par des slogans comme “Révolution ! Révolution !”, “Iran dehors !” ou “Hezbollah terroriste !”.

“Vous qui êtes venus de tout le Liban, de tous âges, malgré les dangers du coronavirus, pour soutenir deux propositions, celle de la neutralité et celle d’une conférence internationale pour le Liban sous les auspices de l’ONU, vous êtes venus demander le salut du Liban”.

“le non respect de la neutralité est la cause unique de toutes les crises et guerres que le pays a traversées”. “A chaque fois que le Liban a suivi un axe régional ou international, le peuple s’est divisé et les guerres se sont déclenchées”.

Critiquant les responsables politiques qui “n’ont même pas eu l’audace de s’asseoir à une même table pour régler les problèmes actuels“, il a déploré que le Liban soit actuellement confronté à “un coup d’État en bonne et due forme, contre son peuple et contre le pacte national de 1989“.

“Nous voulons appliquer toutes les décisions qui n’ont pas pu l’être avant, afin que le Liban puisse imposer sa légitimité sur l’ensemble de son territoire, sans partenaire quelconque. Nous voulons soutenir l’armée libanaise, qui est la seule à même de défendre le Liban. Nous voulons un plan rapide contre l’implantation des Palestiniens et pour le retour des déplacés syriens“, a-t-il lancé, précisant qu’il n’attend pas de cette conférence “le déploiement de soldats et de militaires, ni une atteinte au pouvoir décisionnel libanais”.

“Il n’existe pas d’État avec deux pouvoirs en son sein, ni avec deux armées ou deux peuples”.

“Je comprends votre colère et votre révolution. Ne vous taisez pas face à la pluralité des allégeances, face à la corruption, face aux violations aériennes, à l’échec de la classe politique, aux mauvais choix, à l’alignement, à la dilapidation de votre argent, au désordre dans l’enquête sur l’explosion du port, à la politisation de la Justice, aux armes illégales et non libanaises, à la détention des innocents et la libération des coupables. Ne vous taisez pas face à l’implantation des Palestiniens et l’intégration des déplacés syriens, face au coup d’État, à la non-formation d’un gouvernement, à la confiscation de la décision et l’absence de réformes”. “Nous avons libéré le territoire, libérons maintenant l’État de tous ceux qui paralysent ses institutions”.

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