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Immigration / L'Eglise : François

Le message du pape à Lampedusa

Selon l'italien Riccardo Cascioli, traduit par Benoît-et-moi :

Espérons qu'ils comprennent ce geste», aurait confié le pape François à
ses collaborateurs au début de sa visite à Lampedusa, selon ce que
rapportent des vaticanistes. Phrase qui exprimerait la conscience du
risque de malentendu que comporterait la présence du Pape sur l'île des
naufragés. Risque qui s'est très vite transformé en réalité, vu
que souvent les mots et les gestes du Pape – mais il serait préférable
de dire de tous les Papes – sont réduits à l'usage et à la consommation
de ceux qui les rapporte. Alors, imaginez sur un sujet comme
l'immigration! Nous avons donc assisté à un ballet inconvenant sur les
paroles du Pape, qui selon certaines interprétations, aurait même eu
l'intention de donner un coup d'épaule à la loi Bossi-Fini [qui encadre très strictement l'entrée des étrangers en Italie, NDMJ].

Comme
nous le disions hier, en réalité, le Pape a placé la question sur un
tout autre plan
, ce qui fait apparaître plutôt pathétique la réaction –
par exemple – de la présidente de la Chambre Laura Boldrini, bien
contente de pouvoir affirmer que le pape est en accord avec elle. Mais
qui sait si la Boldrini a écouté ce passage de l'homélie où le Pape
François dit que l'origine de la violence est dans le péché d'Adam,
l'homme qui prétend être Dieu, l'homme qui efface Dieu de son horizon
.
Au lieu d'inscrire d'office le pape dans le parti de Vendola (Nicky
Vendola, président du parti d'extrême-gauche SEL dont la présidente de
la Chamnbre est membre) la Boldrini ferait bien mieux de penser à sa
propre responsabilité dans les tragédies de la mer, comme de tous ceux
qui, comme elle, dans ces dernières années, ont contribué par tous les
moyens à l'arrivée d'immigrants illégaux
. On ne comprend pas non plus
comment la ministre Cécile Kyenge (membre du PD, née au Conga en 1964, ministre de l'intégration du gouvernement Letta) en a profité pour réaffirmer la nécessité de garantir la citoyenneté par naissance (ce que nous appelons droit du sang).
L'accueil humain, la participation à la douleur et à la souffrance de
ceux qui vivent certaines expériences, est bien autre chose que de
garantir l'impossible, à savoir une maison, un travail et la citoyenneté
pour tous ceux qui décideraient éventuellement de débarquer à
Lampedusa.

Il faut redire avec clarté qu'une chose est
l'attention à l'individu
(et en cela, on ne remerciera jamais assez les
militaires italiens qui ont toujours tout fait pour sauver et soigner
les immigrants en danger de mort, même quand la politique des
«respigimenti» avait cours); et une autre sont les politiques
migratoires
qui – en déterminant le nombre d'immigrants ayant la
possibilité de résider dans un pays – doivent tenir compte de nombreux
facteurs de toutes sortes qui permettent une réelle intégration, et
aussi des règles du droit international.

Et quand le pape a fait
référence à des choix socio-économiques qui favorisent la migration et
les tragédies, il est absurde de le réduire à une critique de l'Occident
ou de la mondialisation. Du point de vue économique, la mondialisation a
apporté des avantages à tous, même si le processus n'est pas sans
contradictions. Mais surtout, pour la plupart de ceux qui débarquent
sur la côte sicilienne, les choix politiques des pays occidentaux ont eu
une importance marginale, s'ils en ont eu une. Prenons le cas de plus
de 500 réfugiés arrivés hier à Lampedusa: ils viennent du Pakistan, du
Nigéria, de l'Erythrée, de la Somalie. C'est-à-dire qu'ils fuient la
pauvreté et la persécution provoquée par le fondamentalisme islamique ou
les derniers vestiges du communisme en Afrique.
Alors, la solution
n'est pas de faire venir la moitié de l'Asie et de l'Afrique en Italie,
mais de s'employer pour que dans ces pays, on crée les conditions
politiques et économiques grâce auxquelles la fuite n'est plus
nécessaire.

Parce que – nous devons toujours garder cela à l'esprit – ceux qui meurent en mer en essayant d'atteindre les côtes italiennes ne meurent pas à cause du manque d'accueil de notre part,
mais parce qu'il y en a qui ont facilité le départ des côtes
tunisiennes ou libyennes. Et s'il n'y avait pas eu nos patrouilles en
mer, le bilan aurait été beaucoup plus lourd. […]"

Le Salon Beige est visité chaque jour par plusieurs dizaines de milliers personnes qui veulent participer au combat contre la culture de mort et pour la dignité de l’homme.

Je ne souhaite pas que le Salon Beige devienne une galerie commerciale avec des publicités voyantes, mais au contraire qu’il reste un outil de combat culturel.

Le Salon Beige est un lieu où chacun trouve les informations et les argumentaires dont il a besoin pour sa réflexion personnelle. C’est un lieu gratuit et une bibliothèque de référence vivante.

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Merci,

On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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