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Homosexualité : revendication du lobby gay

Le « mariage » pour quelques-uns est en fait une menace « pour tous »

Article de fond pour motiver encore davantage les derniers à venir sur les Champs Elysées le 24 mars :

"Au cours de mes 40 années d’enseignement (collège et lycée) en qualité de professeur de Lettres Classiques, j’ai toujours attaché une grande importance à la valeur des mots. Choisir le mot exact, le « polir sans cesse » comme disait Boileau, c’est à la fois s’assurer qu’il exprime parfaitement ce que l’on veut dire mais c’est aussi s’assurer que l’on sera bien compris de son auditoire.

La polémique que suscite le projet de loi sur le mariage gay offre un bel exemple de cette dilution de la pensée dans le brouillard d’une terminologie approximative. A force de triturer les mots dans tous les sens, les mots n’ont plus de sens et l’opinion déboussolée y perd son latin. Les slogans réducteurs répercutés par les médias ne font qu’entretenir la confusion au point qu’on a parfois l’impression d’avoir perdu le sens commun.  Prenons quelques exemples.

Premier exemple : La notion de « couple » homosexuel est-elle adaptée ? La réponse est non.

Si l’on se réfère à la terminologie du « Bon Usage », l’assemblage de deux éléments de même nature ne constitue pas un « couple » mais une « paire ». Ainsi, on dira une paire de ciseaux, une paire de lunettes et non un couple de ciseaux ou un couple de lunettes. Il en est de même pour les êtres vivants. Deux bœufs assemblés sous le même joug forment une paire de bœufs et non un couple de bœufs. Deux jumeaux de même sexe constituent une paire de jumeaux et non un couple de jumeaux. On pourrait multiplier les exemples.

La langue française nous indique clairement que la notion de « couple » repose sur un principe de différenciation et d’altérité. Le couple, c’est « un homme et une femme unis par des relations affectives, physiques » (Robert 2012). La prise en compte de la fin de la définition ne doit pas faire oublier le début. La distorsion sémantique à laquelle on s’adonne chaque fois qu’on évoque un « couple » homosexuel crée une confusion dommageable que rien ne peut justifier, pas même une évolution des mœurs. Il s’agit bien ici d’appeler un chat « un chat ».

Deuxième exemple : qu’est-ce qu’un parent ?

La reconnaissance officielle du « couple » homosexuel entraîne nécessairement – tout le monde le sait – une modification du Code Civil. La disparition des mots « père » et « mère » au profit de la notion de « parent 1 » et « parent 2 » n’est en fait qu’une supercherie linguistique doublée d’un mensonge puisque le mot désigne étymologiquement les deux personnes (père et mère) qui conjointement sont à l’origine de toute naissance. En latin, le verbe parere veut dire « engendrer » pour le père, et « enfanter » pour la mère. Comment peut-on expliquer à un enfant que ce mot de « parent » (quel que soit son numéro) s’applique à une personne qui est totalement étrangère à sa naissance, un clandestin en quelque sorte ? La loi peut-elle cautionner ce mensonge ?

Ces deux exemples suffisent à démontrer que la terminologie avancée par les partisans de la loi n’est qu’un écran de fumée destiné à masquer une stratégie plus sournoise que les récentes manifestations viennent d’ailleurs de confirmer. Il semble en effet que les partisans du « mariage pour tous » se soient déjà engouffrés dans une brèche : l’incohérence du projet de loi :

Une incohérence interne à la loi : un « couple » homosexuel est par définition stérile. Il est donc logique que les homosexuels aient recours à des artifices s’ils veulent avoir des enfants. C’est le sens de leur revendication première : le droit à l’adoption, baptisé outrageusement « droit à l’enfant ». Le projet de loi prévoit cette disposition mais interdit la PMA (procréation médicalement assistée pour les femmes) et la GPA (gestation pour autrui pour les hommes c’est-à-dire le recours possible à une mère porteuse).

Comment justifier cette contradiction alors que la loi du « mariage pour tous » est présentée comme une extension des droits ?

Les récentes manifestations des partisans du mariage ont clairement démontré que les homosexuels entendaient s’appuyer sur cette contradiction pour pousser plus loin leurs exigences. Sur cette question, on note les premiers signes d’un fléchissement de la part des promoteurs de la loi. Le recours à la PMA, exclue dans un premier temps, pourrait faire l’objet d’un amendement présenté par les députés de la majorité. Cette concession, logique en elle-même, met à nu la vraie nature du débat.

Le « mariage pour tous », présenté au départ comme l’objectif essentiel, apparaît de plus en plus clairement comme un simple point de passage, une étape transitoire pour obtenir « in fine » une égalité de droit pleine et entière avec les couples hétérosexuels stériles.

Comme le droit à l’adoption ne changera pas grand-chose à la situation des homosexuels, vu les réticences de la plupart des états à confier des enfants à des homosexuels, c’est bien sur la PMA et la GPA que se concentre toute la pression. Une fois acquis le droit à la PMA pour les femmes homosexuelles, comment interdire aux hommes, au nom de ce même principe d’égalité, d’avoir recours à la GPA ? Si c’était le cas, il y aurait là une discrimination incompréhensible, voire une injustice, tout à fait contraire à l’esprit même du projet de loi" (suite).

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8 commentaires

  1. Il suffit de revenir à son origine latine, copula, pour comprendre qu’il s’adapte également à une union homosexuelle, n’en déplaise à ce professeur de lettres qui oublié qu’un couple homosexuel n’est pas un ensemble de deux clones mais deux individus distincts. Le terme paire est tout à fait inapproprié.

  2. J’ajouterai : le mot même d’ “hétérosexuel” (et donc d'”homosexuel”) dans le cadre des “débats de société, est une arnaque qui vise à mettre sur le même pied la relation entre un homme et une femme (ouverte sur la fécondité, c’est bien le fondement du mariage) et les tendances sexuelles (ou les modes de vie) de ces mêmes hommes et femmes…

  3. Pour ce qui est de la PMA, le seul fait que la loi passe avec son article 1 entraîne ipso facto l’autorisation de la PMA. Il suffit, pour s’en convaincre de connaître la jurisprudence de la CEDH qui a force de loi dans l’UE.

  4. Marcus , vous avez bien de la chance si, pour votre “paire de lunettes”, les deux verres sont des clones!
    Et je vous plains, si, dans votre “paire de gants”, ils vont indifféremment à l’une ou l’autre main, comme des chaussettes…
    Quant à la “paire de claques”, en langage populaire, ça se désigne aussi par l’expression “un aller-retour”: pas exactement une duplication à l’identique.
    Au passage, pour COPULA, AE, Gaffiot indique “tout ce qui sert à attacher, lien, chaîne”. En somme, ficelle?

  5. J’ai en effet une paire de gants qui sont “unisexes”, je peux mettre n’importe lequel des gants sur n’importe laquelle de mes mains. Mais qu’importe, puisque les gants sont des objets manufacturés dont on a changé une propriété pour le rendre gauche ou droit. De même pour les lunettes.
    Quant à votre paire de claques, vous vous définissez sur l’usage que vous en faites, car à la base ce ne sont jamais que deux coups du plat de la main sur une joue.

  6. Il semble, mais l’erreur est humaine, que ‘co-puler’ indique précisément une action que les invertis ne peuvent pas exécuter car pour les paires ou duos semblables, tant au masculin où les voies utilisées ne sont pas par nature destinées à la reproduction, qu’au féminin l’absence de complémentarité empêche l’acte reproducteur donc la procréation qui est l’objet même du couple.
    Nous pouvons donc dire avec vous à MM Hollande et Taubira :
    “Vous pouvez donc garder vos paires, on n’en veut pas !”
    N’est pas analphabète des sentiments qui veut !

  7. On peut être d’accord avec l’essentiel des propos du magister qui se croise hardiment sous la bannière de Polémia, mais on lui dit confraternellement que ses considérations liminaires (couple, paire), réductrices en diable, sont de la plus haute fantaisie. L’autorité suprême, en fait de langue française, n’est pas Robert, petit, moyen ou grand, c’est Littré. Il s’y reportera avec profit. L’hebdomadaire Rivarol, à qui j’avais adressé, il y a quelques semaines, mes remarques sur ce sujet, les trouvant sans doute trop éloignées de sa propre “pensée unique”, et peu capables de réjouir le gros de ses lecteurs, n’a pas jugé opportun d’en faire état. Le Salon beige est-il preneur ?

  8. Allons-y donc, et grand merci de la porte ouverte !
    Certain sage chinois, à qui l’empereur demandait quoi faire quand tout allait mal dans l’empire, répondit : « remettre de l’ordre dans le vocabulaire ». Cette anecdote court sous plusieurs habillages, mais reste d’actualité. L’usage que l’on fait, ces temps-ci, des mots mariage, couple et paire, justifie qu’on laisse la parole à ce maître de la langue française, Emile Littré. Tout ce qui va suivre est de lui, avec des coupures qui ne modifient en rien l’intention du lexicographe.
    Mariage : 1° Union d’un homme et d’une femme consacrée soit par l’autorité ecclésiastique, soit par l’autorité civile, soit par l’une et l’autre. 7° Fig. en termes mystiques, consécration d’une femme à la vie religieuse ; il se dit aussi de l’union de l’esprit de l’homme avec l’esprit de Dieu ; 9° Fig. union de deux personnes pour une opération, une affaire.
    Couple (substantif féminin) : 3° il se dit […] de deux choses de même espèce, prises ensemble ; exemple : « Et comme des forçats couple à couple liés » (Mairet, Mort d’Asdrubal, iv, 4). 4° (substantif masculin) : le mari et la femme, l’amant et l’amante, ou deux personnes vivant ensemble dans des relations d’amitié ou d’intérêt ; parmi d’autres exemples : « Certain couple d’amis en un bourg établi [possédait quelque bien] » – c’était déjà d’actualité, au temps du Grand Condé, du Maréchal de Vendôme et même du prolifique Monsieur, frère du Roi, de posséder quelque bien avec un tendre ami – » (La Fontaine, Fables, vii, 12) ; « Au lieu que, dans toute l’antiquité, à peine comptait-on […] trois couples de vrais amis, Epicure avait su en réunir des troupes nombreuses dans une assez petite maison » (Rollin, Hist. Anc. Liv. xxvi, 1ère part., ch. 3, art. par. 4) ; « Vous êtes un couple de fripons qui me jouez d’intelligence » (J.-J. Rousseau, Hél. Vi, 2).
    Différence, selon Littré, entre un couple et une couple : un couple […] se dit de deux personnes unies ensemble par amour ou par mariage.
    Paire : 1° couple d’animaux de la même espèce, mâle et femelle. 2° se dit aussi, sans distinction de mâle et de femelle, de deux animaux. Fig. Familièrement, il se dit des personnes : une paire d’amis ; exemple : « j’ai ici une paire de nièces fort aimable » [sic : c’est la paire qui est fort aimable] (Voltaire, Lettr. en vers et en prose, 146).
    Différence, toujours selon Littré, entre une paire et une couple : une couple désignant deux choses qui ne sont unies qu’accidentellement, paire désigne deux choses qui vont ensemble par une nécessité d’usage, comme les bas, les souliers […] ; la couple ne marque que le nombre et la paire y ajoute l’idée d’une association nécessaire pour une fin particulière.
    Pourquoi ne pas rendre hommage ici à cet autre Emile de la lexicographie française, le grand Benvéniste ? Dans son chapitre 4 du Vocabulaire des institutions indo-européennes, “l’expression indo-européenne du mariage“, il écrit : « il n’y a pas à proprement parler de terme indo-européen pour mariage. Comme Aristote l’observait pour sa propre langue, « l’union de l’homme et de la femme n’a pas de nom » […] Pour dire que l’homme prend femme, l’indo-européen emploie les formes d’une racine verbale *wedh-, conduire (à la maison) ». Il faut lire aussi ses gloses sur matrimonium : « mariage, dérivé normal de marier […] n’a rien de commun avec matrimonium. Mais que les deux soient associés au point de sembler apparentés montre combien on s’est éloigné des valeurs anciennes ».
    Je reprends ici plume et liberté : que disent les étymologies, indépendamment de Littré et de Benvéniste ?
    Mariage vient du latin maritare, marier (évidemment – et en ces temps très anciens -, au sens premier donné par Littré, même si l’on dit, au sens figuré, « marier des couleurs », ce qui règle le problème de cette double absurdité appelée « mariage pour tous », sauf à prétendre favoriser tout soudain le sens figuré et à y plier tout ce qui aspire au conjugo.
    Couple, venant de copula, procède d’un radical indo-européen ap- signifiant attacher. Cf le latin aptum, supin de apere, qui a donné co-apula puis copula, et copulare, (se) lier, (se) mettre ensemble. Il n’y a rien, dans cette étymologie, qui étaie la notion exclusivement binaire – enregistrée par Littré au seul motif de l’usage immémorial -, non plus que la complémentarité génésique mâle + femelle. Je ne vois donc rien contre la langue et contre l’énergie des termes, dans la notion de « couple homosexuel », qui doive la faire rebuter. Deux hommes – voire plus -, deux femmes – voire plus – qui s’aiment et qui s’engagent dans une relation préférentielle et durable, forment un couple (nul besoin, en cas de plus, de cette cocasserie de trouple, que d‘aucuns manipulent pour tenter de jeter du ridicule sur d’autres qu’eux-mêmes ! Il n’est pas plus fait acception de nombre dans couple que dans jumeaux – de geminus, avec idée de ce qui est mis (ou né) ensemble (le plus souvent par deux, certes) – : de la même manière que l’étymologie n’interdit pas de dire « un couple de trois personnes », on peut, sans pécher contre la langue, parler de « trois jumeaux », triplet n’étant qu’un plaisant néologisme ; à ce propos, saisi d’un doute, je consulte Littré, qui dit, à triplet : « 3° enfant venu avec deux autres », et qui donne cet exemple, qui arrive comme marée en carême, « des prix spéciaux étaient accordés aux couples de jumeaux et de triplets les plus beaux (le Soleil, 13 juill. 1875) … des couples de triplets ! Plus besoin de … trouples ! Voilà qui tombe à pic !).
    Dans le fameux « couple franco-allemand », que les moralistes couplophobes et pairophiles (pas si philes que cela, d’ailleurs) nous disent quel pouvait être le père et quelle pouvait être la mère !)
    Paire : du latin par, égal, pair. La Chambre des Pairs, pour ne rien dire de l’Académie française de la bonne époque, excluait cette pittoresque altérité dont les pairophiles et couplobobes à sens unique se gargarisent et qui, si elle était recherchée partout, justifierait tous les métissages, tous les mulâtrages, tous les syncrétismes, ce dont ils ne voudraient évidemment pas. La propagation de l’espèce réclame certes l’altérité (s’il faut absolument jargonner), c’est-à-dire, en français, un homme et une femme, mais toutes les pratiques amoureuses ne s’inscrivent pas dans cette perspective utilitariste, et donc dans cette dépendance. On en est bien fâché pour les bonnets carrés et les bonnets de nuit. Si cette fameuse altérité était inscrite dans la nature comme une règle constante et contraignante, c’est que nous devrions tous, à chaque coït, nous reproduire, et ce qui plaiderait alors pour l’altérité féconde et exclusive, déposerait contre de certains célibats, pires que la non-altérité temporaire ou invétérée. N’insistons pas.
    Je conclurai de tout ce fatras que deux hommes, que deux femmes peuvent être, au sens figuré, mariés ensemble et en esprit, si ça leur chante. Je conclurai aussi que couple et paire sont interchangeables, et que vouloir appeler paires des gens qui se donnent pour couples, n’est qu’une misérable persécution par les mots, quand on ne peut plus allumer de bûchers.
    Cela dit, je suis viscéralement hostile à cette sinistre calembredaine du « mariage pour tous » – à quoi ne rougissent plus de s’associer des communistes qui, jadis, vitupéraient « ce vice bourgeois » -, car si, dans la vie de chacun d’entre nous, les mots ont un sens, sur lequel on peut s’appuyer en toute liberté, l’institution du mariage, elle, n’a que faire des mots ni des étymologie, même la désignant : la rencontre complémentaire d’un principe mâle et d’un principe femelle, dans la seule vue de la génération, est l’unique force à quoi elle se ramène, dans le règne animal comme dans le règne végétal. D’ailleurs, très peu d’anticonformistes (le mot est de Voltaire) y voudront goûter. Je partage avec les lecteurs du Salon beige la profonde réprobation des conséquences qu’aurait, au regard de la filiation et de la cohérence de la seule famille qui puisse être – celle qui tire de ses propres forces le principe et la substance de sa pérennité -, la tenue et la glorification de ces noces de substitution, quelle que soit la sympathie qu’on puisse éprouver, le cas échéant, pour les postulants.
    Mais, pour revenir à notre sujet et à notre vieux lettré chinois, il ne faut pas faire dire aux mots ce qu’ils ne disent pas, et fonder sur l’erreur sémantique un droit camouflé à la persécution mentale, oratoire ou physique. Car ne l’oublions jamais : si les chrétiens de baptême sont aujourd’hui persécutés à travers le monde, les anticonformistes de naissance, de midi, de minuit, en couple ou seuls, exclusifs ou occasionnels (on parlera mieux, alors, d’ambidextres), ne le sont pas moins, et ils le sont depuis beaucoup plus longtemps, et jusqu’à se voir couvrir d’opprobre et priver de leur vie ! Caïn juif, chrétien ou musulman, voire Caïn athée, qu’as-tu fait de ton frère ?

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