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France : Laïcité à la française

Le Haut Comité des célébrations nationales a oublié Jeanne d’Arc

De Jean de Viguerie dans L'Homme nouveau :

J"On observe en France le devoir de mémoire. Le Haut Comité des célébrations nationales publie une « première liste » d’anniversaires officiels pour 2012. Trente-trois évènements y figurent. Voici un échantillon : la mort de Blaise Pascal (1662), la naissance de Jean-Jacques Rousseau (1712), la naissance de l’abbé Pierre et celle de Michel Debré (1912). Le choix est varié. Un évènement n’y figure pas : la naissance de Jeanne d’Arc, le 6 janvier 1412, il y a six cents ans. Le Haut Comité doit publier une seconde liste. Son président est un éminent spécialiste de l’Histoire du Moyen-Âge. L’omission sera réparée. À moins que le monde officiel ne s’y oppose.

Qu’apprend-on à l’E.N.A. sur Jeanne d’Arc ? En 2011, un préfet déclarait (en privé) la cérémonie de la fête nationale contraire à la laïcité. Ce préfet n’avait pas tout à fait tort. L’hommage à Jeanne est susceptible d’offenser la laïcité, du moins la laïcité à la française. Car la laïcité dans notre pays signifie la non-reconnaissance du fait religieux. La République ne peut pas ne pas connaître le fait religieux, mais elle ne le reconnaît pas. Or, Jeanne est une héroïne religieuse. Elle est reliée au Ciel. « Je parlerai peu des voix », dit un grand écrivain annonçant sa biographie du personnage. Comment s’y prendra-t-il ? Jeanne entend des voix célestes qui la guident et qui la réconfortent. Sa mission est divine. Elle dit au petit roi de Bourges : « Je viens vous secourir de la part de Dieu. » Mieux, sa conception du pouvoir politique est religieuse. « Vive Dieu, dit-elle, qui est Roi de France ». Il y a bien ici-bas un roi qui porte la couronne, mais il n’est que le « lieutenant de Dieu ». Le royaume de France est le « saint royaume », et le roi n’est roi que s’il a été sacré à Reims. […] En 1456, vingt-cinq ans après sa mort, au procès en nullité de sa condamnation, un témoin, la dame Marguerite La Touroulde, dépose ainsi à son sujet : « Elle vint de la part de Dieu, car il n’y avait d’autre espoir que venant de Dieu. » Comme les Français d’alors, nous n’avons pas d’autre espoir que celui-là."

Addendum : La célébration a été ajoutée.

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