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Pays : Irak

Le funeste pont du Tigre, de Mossoul au quartier chrétien

Le funeste pont du Tigre, de Mossoul au quartier chrétien

Nous avons rencontré une famille irakienne ayant vécue à Mossoul, avant d’être chassée par Daesh en 2014. Leur courage leur a permis de rester malgré un climat d’insécurité. Mais les persécutions s’intensifiant de jours en jours, le choix de la fuite n’était plus une option. Nous avons rencontré une famille irakienne ayant vécue à Mossoul, avant d’être chassée par Daesh en 2014. Leur courage leur a permis de rester malgré un climat d’insécurité. Mais les persécutions s’intensifiant de jours en jours, le choix de la fuite n’était plus une option.

Avant l’arrivée des membres de Daesh, musulmans et chrétiens vivaient dans les mêmes rues, en amis, en voisins, et s’entraidaient en cas de besoin. Quand la grand-mère de cette famille chrétienne a eu un souci, les musulmans ont été les premiers à l’aider. Pour elle, le plus difficile à vraiment été de perdre ses amis.

Après la fuite des chrétiens de Mossoul, leur fille était l’une des dernières chrétiennes de sa classe. Chaque jour, ses professeurs et camarades lui demandaient pourquoi elle ne partait pas. Un jour, la funeste histoire du pont de Mossoul a terrifié la population chrétienne. A l’époque, de nombreux chrétiens travaillaient en tant que garagiste. Chaque jour, à la même heure, ils empruntaient le pont traversant le Tigre, reliant le quartier chrétien à leur lieu de travail. Rapidement les terroristes ont compris l’importance du pont pour les chrétiens. Tous les jours, à la même heure, ils se mirent à en exécuter quelques-uns puis d’autres et toujours plus. Les corps restaient là, pourrissant sur l’asphalte, à la chaleur du soleil, sans que les familles ne puissent les récupérer pour leur offrir une sépulture digne. Cela leur était interdit, au risque de perdre eux-mêmes leur vie et rejoindre les têtes jonchant le sol, déjà dévorées par les vers.

C’en était trop, la famille a décidé de déménager. A huit dans une voiture de cinq places, ils n’ont emporté que le strict minimum. Accueillis pas des amis et de la famille, ils rejoignent tout d’abord Bartella, village de la Plaine de Ninive. Un matin, de nouveau, les tirs les réveillent. Ils reprennent la route pour Ankawa, où ils sont aujourd’hui en sécurité et où nous les avons rencontrés.

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