Le député Poisson interpelle Manuel Valls

Lettre du député Poisson au ministre de l'Intérieur :

"Hier, à Paris, les forces de l'ordre ont jugé bon d'utiliser des moyens de riposte disproportionnés à l'égard de manifestants qui, pacifiquement, étaient venus dire leur opposition au projet de loi dit de « mariage pour tous ».
Je ne parle pas ici de cette poignée de provocateurs, qui s'étaient déplacés dans l'intention visible d'en découdre avec les forces de l'ordre. Je parle, en particulier, de ces familles qui s'étaient rendues avenue Foch et ne savaient plus où aller ensuite, alors que les accès à l'avenue de la Grande armée étaient bloqués.

Des témoignages directs – je les tiens à votre disposition – établissent qu'en haut de l'avenue Foch, les forces de l'ordre, sans prévenir, sans les gradations d'usage, ont utilisé des grenades lacrymogènes, contre des familles qui n'avaient aucune intention de forcer le barrage établi selon vos instructions par les fonctionnaires dont vous avez la responsabilité.
Dès lors, il est vrai que les forces de l'ordre, évidemment sur ordre de leur hiérarchie, ont utilisé des moyens de répression disproportionnés contre les manifestants pacifiques.

Il n'est donc pas vrai, contrairement à ce que dit bêtement le Premier secrétaire du parti socialiste, que ceux qui ont été gazés sont "des nervis d'extrême droite" (je cite) qui l'auraient amplement mérité.

Ces agissements sont assez largement le fait de votre propre sous-estimation de la mobilisation dont sont capables les français en opposition à ce projet de loi. Il est clair que le dispositif que vous avez décidé n'était en aucune façon capable d'accueillir dans des conditions normales un tel flot de manifestants, dont vos services se sont évertués dans la soirée à sous-estimer derechef le nombre.

Mais d'autre part, la lumière doit être faite sur les raisons pour lesquelles les fonctionnaires en sont venus à utiliser de tels moyens, à des endroits où la foule ne menaçait ni les forces de sécurité, ni l'intégrité du périmètre.

Monsieur le Ministre, les français ont le droit de savoir ce qui vous a conduit à choisir un dispositif de sécurité et un trajet pour la manifestation grandement sous-dimensionnés par rapport à la réalité de la mobilisation. Quelles sont les raisons qui ont guidé ces choix de sécurité ?
Ils ont également le droit de savoir pourquoi les forces de l'ordre ont utilisé des moyens de maintien de l'ordre que certains casseurs ne subissent parfois pas, contre des manifestants qui dans leur immense majorité étaient animés d'intentions pacifiques. Qui a donné l'ordre d'utiliser de tels moyens et pour quelles raisons ?

Je relaierai cette lettre par une question écrite au Gouvernement avec publication au Journal officiel dans les tout prochains jours.

Je vous saurai gré, et un très grand nombre de nos concitoyens avec moi, de faire diligence pour répondre à ces questions, afin que les prochaines manifestations – qui ne manqueront pas de se produire – puissent se dérouler dans des conditions plus respectueuses de l'opinion des français et de leur sécurité.
Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l'expression de ma considération distinguée."

5 réflexions au sujet de « Le député Poisson interpelle Manuel Valls »

  1. Serge

    @Olivier
    “Ils sont encore des Jacobins”
    Voilà qui est bien modéré comparé à la violence des réactions policières …..
    Je dirais plutôt digne de vrais antidémocrates généralement appelés faschos !

  2. Anne Collin

    Arrivés au bas de l avenue Foch vers 14h15 venant du métro Rue de la Pompe nous pensions rejoindre la Porte Maillot.Les organisateurs nous ont demandé de ne pas bouger attendant une autorisation d ouverture de l avenue Foch ce qui arriva très vite.Aussi nous sommes nous retrouvés dans la tête de la colonne montant cette avenue.Au 3/4 les organisateurs ont bloqué l avancée mais les manifestants contournant par les côtés beaucoup de personnes se sont retrouvés face aux barrières , camions et policiers situés à hauteur de la rue de Presbourg.Celle ci n était pas fermée et l on pouvait librement rejoindre le podium de l avenue de la Grande Armée même su dans les faits c était quasi impossible du fait du monde. Les personnes ne cherchaient pas à passer vers l Etoile mais l attente devenait longue car nous n avions aucune sono pas d ecran juste l helico qui tournoyait.Et effectivement très vite tout le monde s est mis à tousser à se frotter les yeux car les CRS tiraient des gazs et le vent nous renvoyait tout sur nous bien que nous ne soyons pas contre les barrières.
    Ce témoignage , juste pour montrer que les gazs n ont pas été dirigés uniquement vers des exités mais également vers des manifestants qui n avaient fait que suivre les indications des organisateurs.

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