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Le conservatisme, entre socialisme et intégrisme libéral

L’Homme Nouveau a publié un entretien (pdf, 4 pages) avec Joseph Pearce sur son livre Small is still beautiful, consacré à l’économie et à l’apport des réflexions d’E. F. Schumacher. On y retrouve nombre de principes de la doctrine sociale de l’Église, à commencer par l’un des plus importants : le principe de subsidiarité. Extrait :

"C’est une grossière erreur de considérer toute critique de ce qu’on appelle le marché libre comme étant socialiste. Les socialistes croient que tous les problèmes peuvent être résolus par un État centralisé. Les intégristes du «laisserfaire» croient que tous les problèmes peuvent être résolus par les grandes entreprises ou par le tout-puissant dieu Marché. Schumacher croit, et moi avec lui, qu’on résout mieux les problèmes avec un petit gouvernement et de petites entreprises. Bien que je n’aime pas le terme de «conservateur», ni ceux de «gauche» et de «droite», qui sont des concepts des Lumières, il convient de dire clairement qu’un certain scepticisme à l’égard du fondamentalisme du laisser-faire est nécessaire à un conservatisme véritable.

Qu’est-ce donc que le «conservatisme» bien conçu et en quoi est-il différent de l’intégrisme libéral ? […] Burke a fait une analyse de l’anarchie née de la Révolution française et a écrit une critique accablante des forces de destruction libérées par cette débâcle. "La liberté, écrit-il, doit être limitée pour pouvoir être possédée". Tel est le paradoxe central de la vie humaine – et, donc, de l’économie – qu’occultent les tenants libertaires du laisser-faire. En réalité, ces libertaires sont des anarchistes de l’économie pour qui rien ne doit venir restreindre la liberté des forces du marché. […]

Pourquoi, cependant, serions-nous obligés de croire que cette mystérieuse «main invisible» est toujours et infailliblement bénéfique ? […] Qu’a eu à dire le Christ sur le sujet ? […] Son grand commandement est d’aimer le Seigneur notre Dieu de tout notre coeur et d’aimer notre prochain comme nous-mêmes. […] Que se passe-t-il quand il y a conflit entre ce commandement et le culte dû à la liberté du marché ? […] Que se passerait-il si, au nom de la liberté du marché, on décrétait que le sexe, la drogue et le rock’n roll étaient les secteurs les plus rentables de l’économie ?"

Michel Janva

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