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Homosexualité : revendication du lobby gay

Le combat commun contre la loi Taubira nécessitera des alliances politiques

Catherine Rouvier est interrogée sur Le Rouge et le Noir. Extraits :

"J’avais dit dans ma précédente inquisitoriale que pour un résultat politique, il vous fallait une action politique,
et je le maintiens. Il fallait, pour faire bouger les lignes, qu’une
action résolue, une vraie mobilisation voie le jour – et non une simple
« cathopride » festive tenant plus du spectacle que du phénomène de
foule – se fasse jour, et c’est ce qui s’est produit. Mais quand Frigide Barjot ou Beatrice Bourges emploient le
terme « politisation », elles évoquent clairement le rattachement à des
partis. Et de fait, c’est alors que les divergences apparaissent.

Mais il ne faut pas se leurrer : les divergences, de fond et de forme
sont déjà là, entre ceux qui sont prêts à se rallier a un compromis et
cherchent une porte de sortie qui pourrait être l’union civile et
l’éducation à l’homoparentalité (Barjot) et ceux qui ont d’ores et déjà
annoncé qu’elles refuseront de transiger sur ces deux points (Boutin,
Bourges, Marion Maréchal-Le Pen).

Le positionnement politique restera latent cependant jusqu’à
l’automne. C’est là que se lancera vraiment la campagne pour les
municipales, et c’est là que les rivalités possibles peuvent détruire
l’unité. C’est à ce moment-là qu’il faudra être vigilants pour tenter d’éviter la manœuvre classique de la Gauche
, qui a si bien réussi en 1984 et les années suivantes : diaboliser une partie du mouvement – qualifié d’extrême – afin d’éviter cette belle unité qui la chasserait du pouvoir pour longtemps. […]

Hors élection, il faut déjà que chacun accepte en son for
intérieur qu’il y ait « différentes demeures dans la maison du Père »,
ce que votre génération semble faire plus facilement que la nôtre
parce qu’elle n’a pas connu les combats passés qui nous ont séparés.
Il faut donc que face à votre unité, réelle, les leaders résistent à la tentation de s’anathèmiser. Aux élections, il vous faudra supporter, au premier tour,
d’avoir des « compagnons de combat » à toutes les fenêtres : RPF, DLR,
MPF, SIEL, FN, RBM, PCD, UMP, etc., voire dans un parti d’une gauche non
libertaire qui pourrait bien renaître de ses cendres.

Cette diversité de l’offre partisane n’est pas un atout pour
la cause, car elle rend plus difficile d’atteindre la majorité et de
gagner
. Mais elle sera surement ressentie comme un
« plus » pour des jeunes qui rêvent d’aller pour la première fois sur le
terrain électoral et sont habitués a la multiplicité des programmes et
au « zapping »
. Encore faudrait-il les former un peu à cette
forme de combat très différente de l’action directe et les rendre
sensibles au danger de l’émiettement.

En effet, au deuxième tour, il faudra arriver à passer des accords
de désistement réciproque si on veut que le but qu’évoquent déjà
certains manifestants soit atteint : que ne soient pas élus ou
réélus des gens de gauche – mais aussi de droite – qui ont voté ce
projet de loi, et ceux qui seront déposés dans les mois à venir contre
la famille, la dignité humaine, ou la civilisation chrétienne de notre
pays.
A moins même qu’une union de la Gauche découlant des primaires
qu’elle veut organiser en septembre n’oblige à s’entendre avant le
premier tour !

Il faudra alors que ne se rejoue pas entre Barjot et Bourges, entre
Boutin et Marechal le Pen, entre l’UMP et le FN, et entre les diverses
« petites » formations l’éternelle scène du mépris qui a coûté à la
Droite la perte de toutes les élections depuis 1998 : « Je me rapproche
de toi mais pour te prendre tes voix, pas pour te parler ». Il faudra de vrais accords, clairs, ouverts. C’est ce qu’il vous faut préparer dès maintenant, en fraternisant dans ce combat commun.
Cela seul construira un avenir politique au service de cette cause qui en constitue le socle."

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