Le combat actuel sur le sens de la sexualité humaine et sur l’indissolubilité du mariage a une dimension apocalyptique

Thibaud Collin, qui a connu le cardinal Caffarra, retrace sur le blog de L'Homme Nouveau l'itinéraire d'une vie au service de Dieu, l'Église et la famille. Extraits :

Photo_3323_20822599"[…] Avec le cardinal Caffarra s’éteint l’un des plus proches collaborateurs de saint Jean-Paul II ; un de ceux qui a le mieux compris sa philosophie de la personne et l’approfondissement théologique que le saint pape a apporté à la doctrine chrétienne sur la sexualité, le mariage et la famille (Voir son Etica generale della sessualità, Arès, Milano, 1992. Ce livre est lisible ainsi que la plupart de ses articles, conférences et homélies sur le site www.caffarra.it) Développement providentiel et prophétique au vu des bourrasques que notre monde affronte, celles-ci représentant autant de défis que l’Eglise doit relever : l’altération du sens du mariage, la fragmentation des familles, les procréations artificielles et, de là, le transhumanisme, la revendication homosexuelle etc. Proche de Don Giussani, le fondateur de Communion et libération, il partageait son souci d’aller au cœur des débats traversant la culture et la société civile de son temps. Il puisait dans sa grande connaissance de saint Thomas d’Aquin, les outils métaphysiques et moraux pour exercer son discernement sur des questions souvent concrètes et pastorales. Il a ainsi écrit des textes décisifs sur le lien entre conscience et vérité, sur la place du Magistère dans la formation de la conscience morale ou encore sur la juste acception du concept de gradualité dans l’accompagnement pastoral. Lecteur assidu du cardinal Newman mais aussi de Kierkegaard, il avait l’art dans ses écrits et ses conférence de poser clairement le problème et de déployer son argumentation de manière à amener l’intelligence de son auditoire à goûter existentiellement la vérité, à la faire sienne afin qu’elle détermine les choix de vie.

Dimension apocalyptique du combat actuel

Il était aussi profondément marqué par son amitié avec Don Divo Barsotti, théologien et mystique (sur ce prêtre, voir ici). Il vivait avec gravité les débats actuels sur la juste interprétation du chapitre 8 d’Amoris laetitia, d’autant que son cœur paternel de pasteur ressentait intensément le caractère destructeur du péché dans la vie de la personne humaine. Il avait une vive conscience que le combat actuel sur le sens de la sexualité humaine et sur l’indissolubilité du mariage avait une dimension apocalyptique. Il déclarait le 16 février 2008 à l’occasion d’une visite dans le pays de Padre Pio, saint pour lequel il avait une grande vénération :

« Quand j’ai commencé cette œuvre (la direction de l’Institut Jean-Paul II) que m’a confiée le Serviteur de Dieu Jean Paul II, j’ai écrit à Sœur Lucia de Fatima par l’intermédiaire de son évêque (on ne peut pas l’approcher de façon directe). Je ne m’attendais pas à obtenir une réponse de sa part puisque je ne lui demandais que des prières. Cependant, en l’espace de quelques jours, j’ai reçu une très longue lettre de sa main. Elle est maintenant dans les archives de l’Institut. On peut trouver écrit dedans : « La bataille finale entre le Seigneur et le royaume de Satan portera sur le mariage et la famille ». Elle ajoute également : « N’ayez pas peur : tous ceux qui travaillent à la sainteté du mariage et de la famille seront toujours combattus et l’on s’opposera à eux de toutes les façons possibles, parce que ce sont des points décisifs ». Enfin, elle conclut : « Toutefois, Notre Dame lui a déjà écrasé la tête » […]"

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