“Le chef d’état-major des armées ne fait que dire la vérité : avec des budgets en constante baisse, nos missions ne pourront plus être remplies”

Pdv2Le jeune Emmanuel Macron a beaucoup perdu en croyant qu'il pouvait s'en prendre publiquement à un général d'armée tant apprécié dans les armées françaises : 

"La Croix : Que pensez-vous du rappel à l’ordre de Pierre de Villiers par Emmanuel Macron au sujet des moyens alloués à l’armée ?

Vincent Desportes : Je suis, comme beaucoup dans l’armée, très déçu de la réaction du président de la République. Et très étonné aussi car il jouissait jusque-là d’une très bonne image dans nos rangs.

Le choix de remonter les Champs-Élysées dans un véhicule militaire le 14 mai avait été apprécié, tout comme son discours aux accents très gaulliens devant nos troupes au Mali, en mai, lors duquel il s’était engagé à débloquer tous les moyens nécessaires. Jusqu’à cette réaction outrancière et humiliante à l’égard de Pierre de Villiers…

On la comprend d’autant moins que le chef d’état-major des armées ne fait que dire la vérité : avec des budgets en constante baisse, nos missions ne pourront plus être remplies, c’est un fait ! Et l’affirmer, ce n’est pas défendre les militaires, mais bien défendre la sécurité des Français.

Certes, mais Pierre de Villiers ne s’est-il pas affranchi de son devoir de réserve ?

V. D. : Aucunement. Les propos qu’on lui impute – et qui sont très directs, je vous l’accorde – ont été tenus devant la commission Défense de l’assemblée nationale (1). Il n’a fait qu’exprimer, devant les députés qui l’y invitaient, la situation budgétaire de l’armée. Et ce de façon beaucoup plus directe et explicite que sa tribune de ce matin dans le Figaro, où il fait davantage preuve de retenue – conscient, sans doute, d’être tenu par son statut de chef d’état-major.

Voilà pour la forme. Revenons au fond : les troupes attendent d’un homme de son rang qu’il soit leur porte-voix auprès des autorités. Les militaires n’ont ni le droit de grève, ni celui de se syndiquer. Ce n’est pas pour cela qu’ils ne doivent pas se faire entendre… Il n’y a rien de choquant à ce que leur hiérarchie interpelle les autorités".

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