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France : Politique en France / L'Eglise : L'Eglise en France

Le catholicisme français est pris dans une dynamique dextrogyre

Le catholicisme français est pris dans une dynamique dextrogyre

Florian Michel et Yann Raison du Cleuziou ont dirigé un ouvrage : À la droite du Père. Les catholiques et les droites de 1945 à nos jours. Interrogés dans La Nef, ils déclarent :

[…] les réseaux conservateurs qui se constituent à la marge dans les années 1970 ont aujourd’hui changé d’échelle et gagné en influence au moins dans l’Église de France si ce n’est au sein des droites. On l’a vu avec La Manif pour tous. En effet, dans un contexte de détachement massif à l’égard de la foi, le catholicisme se recompose sur ceux qui restent. Tendanciellement chez les jeunes catholiques pratiquants aujourd’hui, on ne trouve pas le même pluralisme que chez les pratiquants plus âgés. Les sensibilités conservatrices en se perpétuant mieux, gagnent en influence dans un catholicisme qui se rétracte, ce qui se traduit par une certaine désécularisation des formes et des convictions catholiques actuelles. J’avance qu’à ce titre au XXIe siècle, contrairement aux années 1960-1970, le catholicisme français est pris dans une dynamique dextrogyre si on regarde la base des fidèles. Cela parachève la marginalisation du catholicisme au sein des droites. Car celles-ci sont prises dans une dynamique inverse, sinistrogyre, décrite par Albert Thibaudet : l’acceptation du changement social déplace les droites vers la gauche. Ainsi en a-t-il été pour toutes les lois portant sur la famille, la sexualité ou la filiation. Les catholiques conservateurs qui refusent ces évolutions sont donc repoussés vers la droite de la droite. L’élection présidentielle de 2022 est symptomatique car au sein des droites, les votes des pratiquants réguliers en faveur des droites contestataires (RN et Reconquête) y dépassent au premier tour ceux en faveur des droites de gouvernement (LR et LREM). Mais ce glissement droitier ne satisfait pas tous les catholiques conservateurs. Certains se replient sur leurs familles et leurs écoles où ils entrent dans une logique minoritaire et veillent avant tout à protéger les conditions de leur perpétuation. Les catholiques de droite modérés qui restent très nombreux (rappelons qu’Emmanuel Macron arrive en tête du vote des pratiquants au premier tour) invisibilisent, tendanciellement, quant à eux, leur identité catholique en politique afin de ne pas être marginalisés. […]

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14 commentaires

  1. “Certains se replient sur leurs familles et leurs écoles où ils entrent dans une logique minoritaire et veillent avant tout à protéger les conditions de leur perpétuation.”

    Bref les catholiques observants sont séparatistes.

    Ceux qui se perdent dans la droite sont… Des gauchistes.

    • Malheureusement le petit ghetto n’a pas le choix. Pour survivre, il doit vivre à part. Et le règne universel du téléphone portable oblige les parents qui espèrent y faire échapper leurs marmots à un choix d’écoles très réduit. En conséquence, dans une bulle. Le choix, ce n’est pas la bulle : c’est d’échapper au porno et à l’antiracisme tout-puissant.

  2. Si l’on invisibilise, c’est que d’autres peuvent visibiliser… enfin, tendanciellement, bien sûr !
    Comme c’est bon de relire “Les femmes savantes” et confirmer que Molière avait pointé du doigt des travers éternels. Sans oublier Péguy et Bernanos qui visibilisaient pas mal non plus…

  3. les cathos de droite commencent à subodorer une grande escroquerie dans les fumeuses envolées lyriques de Vatican II-Assise;
    un suicide dans l’ accueil de l’ Islam et de la Pachamama.
    la nouvelle Pentecôte se transforme en inventaire des ruines morales et spirituelles de l’ Eglise catholique révolutionnée.
    la Réforme de Luther-Montini-Dingoglio ( ou liturgie ordinaire) vise à interdire l’ accès aux sacrements millénaires.
    Les Gaulois sont-ils pour autant prêts à brises le joug idéologique de la Licra et des valeurs de la République ?
    Dieu et le Roi !

  4. Comment peut-on honnêtement et de façon consciente et réfléchie, se dire catholique et voter macron ? Vous avez trois heures.

  5. Plusieurs affirmations méritent d’être “sourcées”. Mais la critique la plus pertinente que je propose est contenue dans le titre même de l’article: “À la droite du Père. Les catholiques et les droites de 1945 à nos jours.” Le même mot “droite” pour deux réalités complètement différentes.

  6. dimanche à la messe (messe moderne Vatican II dans une grande ville de Lorraine) j’ai observé la foule des fidèles qui avançait pour recevoir le corps du Christ. Sur trois files, une était réservée à ceux qui communiaent sur la langue. A ma grande surprise, la moitié environ des fidèles, a reçue l’hostie sur la langue. Quasiment tous étaient des jeunes de moins de 30 ans. J’ai observé 3 jours auparavant lors d’une journée de rencontre des équipes du Rrosaire (moyenne d’âge des participants: environ 65 ans) que plusieurs fidèles, dont moi-même, ont demandé à recevoir la communion sur la langue. Y a-t-il un mouvement qui s’opère dans le cœur des fidèles ?

  7. Rêvons un peu : Et si les journalistes de la Nef censés être traditionnalisants à défaut de tradi, apprenaient le français suffisamment pour écrire la même chose dans notre langue, et non dans cet affreux galimatias hexagonal ?

  8. Après le désastre Vat. 2, les 250 paroisses traditionelles en France, forment l’avant garde du renouveau.
    La France éternelle a retrouvé son boulevard de la Restauration.

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