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L'Eglise : L'Eglise en France

Le cardinal Vingt-Trois et la présidentielle de 2012

M23Dans son discours inaugural de la session plénière des évêques de France, l'archevêque de Paris et président de la conférence des évêques de France a abordé trois points (Les JMJ, la crise et "chrétien dans le monde")  dont voici en intégralité le deuxième :

"La crise européenne que nous traversons n'est pas simplement, comme certains le disent parfois, une crise de la gouvernance qui se résoudrait par des alternances démocratiques, ni une crise de la distribution des revenus dont on sortirait en réduisant quelques salaires scandaleux. C'est véritablement une crise du système. Je l'ai dit ici et ailleurs à plusieurs reprises, et je n'y reviens pas davantage aujourd'hui. Mais puisque nous entrons en campagne électorale, il me paraît juste de le souligner pour tenter de cerner, à partir de là, quelques-uns des risques et des enjeux de cette campagne. La déclaration du Conseil Permanent Élections : un vote pour quelle société ? a déjà fourni des éléments de réflexion que je ne fais que compléter.

Le premier risque, qui n'est pas illusoire si nous comprenons ce qui se passe depuis quelques semaines, serait de croire que l'enjeu des élections à venir est de choisir simplement un homme ou une femme, et de se laisser enfermer dans une sorte de comparaison des personnalités. L'opposition à une politique, la contestation des aptitudes de l'un ou l'autre candidat sont légitimes et peuvent contribuer au débat démocratique. Mais en revanche, les agressions sur l'intégrité ou les intentions des personnes débouchent sur la haine et le mépris. Il n'y a pas de démocratie sans un véritable respect des adversaires et un jugement honnête de leurs actes ou de leurs propositions.

Le second risque serait de nourrir l'illusion que, dans la crise actuelle, un programme, si élaboré et si sérieux soit-il, viendra facilement à bout des difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Imaginer cela, c'est compromettre la confiance que l'on doit avoir dans les élus, et les encourager à promettre l'impossible. Nous ne sommes pas dans une situation ou quelques faveurs fiscales ou quelques financements exceptionnels pourraient changer durablement la donne économique. Il convient que les hommes et les femmes politiques affrontent leur mission avec lucidité et franchise, pour que nous puissions espérer sérieusement qu'ils l'accomplissent avec succès. Ce serait mépriser les électeurs que de leur faire croire que tout va s'arranger moyennant quelques corrections à la marge. Celles et ceux qui vont briguer nos suffrages doivent avoir déjà le courage politique de dire clairement les contraintes de l'avenir, et de montrer qu'ils sont résolus à affronter les insatisfactions.

Le troisième risque serait de laisser croire que nous pouvons indéfiniment continuer de vivre à crédit. En accumulant les déficits et le poids de la dette, qui obère les investissements pour l'avenir, on consommera les chances des jeunes générations et on mettra sur leurs épaules un fardeau insupportable. Même si nous savons que la consommation est un des leviers de la croissance, nous ne pouvons pas continuer à laisser dépendre toute l'activité économique d'une énième relance de cette consommation par l'aggravation de la dette publique. Il ne suffit pas d'appeler à de nouveaux modes de vie. Il faut que nous ayons tous le courage de mettre en œuvre ces nouveaux modes de vie et que nous apprenions à donner le signe d'une consommation plus raisonnable et plus équitable. Grâce à Dieu, de nombreuses initiatives d'entrepreneurs commencent à aller en ce sens. Et il est important de rappeler que si la dette publique de la France est très élevée, le taux de l'épargne privée y est aussi particulièrement haut. Ce n'est pas le moindre paradoxe, mais cela signifie que notre pays a des ressources économiques et humaines pour investir de nouveaux chantiers, même si ceux-ci ne sont évidemment pas sans risques.

Enfin, nous voyons que les tentations de repli et de fermeture de l'Europe ne sont pas imaginaires. Non seulement nous sommes tentés de rejeter à la mer (hélas ! il ne s'agit pas seulement d'une image) ceux qui viennent chez nous poussés par la misère, mais nous venons de vérifier que nous pouvons être tentés de laisser certains pays européens sombrer pour sauver notre fragile équilibre. Qu'il existe des mesures nécessaires pour aider au développement des pays pauvres ou pour améliorer la gestion de certains pays d'Europe est une chose. Que la solution soit de fermer nos portes pour préserver notre petite zone de relative prospérité en est une autre. Veillons à ne pas nous laisser entraîner dans la spirale de l'égoïsme, de l'isolationnisme ou de la xénophobie. Comme l'a rappelé récemment avec force le document du Conseil Pontifical Justice et Paix, les solutions sont à chercher dans la concertation internationale et la mise en place d'instances de régulation fiables".

Cette partie qui concerne quand même un point majeur de la vie politique de la France en vue du bien commun est tout à fait conventionnelle et parfaitement lisible ou audible par tous. Mais elle n'apporte rien de plus sur l'engagement des catholiques en politique ou sur le discernement nécessaire aux électeurs dans les domaines majeurs, non de la conjoncture actuelle, mais de la Doctrine sociale de l'Eglise qui trace la route du bien commun.

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