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Bioéthique

Le bébé-médicament : inutilement transgressif et scientifiquement inutile

Sur Liberté Politique, Pierre-Olivier Arduin revient sur la problématique des "bébé-médicament" :

70AGCASLXOD3CAU899JBCAFHPQ67CADU8GDMCAJKRGSKCAOSAH0UCA9K3IF7CAGUWKD2CA30RGM1CA48HQ0LCAYSW4N7CAG0MSUECAR3W3OVCAEZFOGJCA1SW6ABCAKGUNC6CA066FBKCAYRCLX8CAWD5MWD " La pratique du « bébé-médicament » repose sur la mise en œuvre d’une assistance médicale à la procréation classique destinée à créer in vitro un maximum d’embryons. Elle est suivie d’un diagnostic préimplantatoire en deux temps, afin non seulement de rejeter ceux qui sont porteurs de la maladie mais également de trier parmi les embryons sains ceux qui seraient compatibles génétiquement avec l’aîné malade. S’il satisfait la totalité de ces critères eugéniques, l’un d’eux, considéré comme un « bon donneur », est réimplanté chez la mère dans l’espoir de récolter à la naissance le sang placentaire qui sera administré à l’enfant malade (…).

Peu savent que la France s’est dotée de la même procédure. Initialement prévue par la loi de bioéthique du 6 août 2004, c’est la publication discrète et pour tout dire passée inaperçue du décret d’État du 22 décembre 2006 qui en règle les dispositions (…)

Une pratique qui laisse sans voix si l’on met bout à bout les transgressions morales qu’elle implique (…)

Dans le cas qui nous intéresse, impossible de se voiler la face : l’équipe des biologistes de la reproduction sait que statistiquement le gâchis sera lourd avant d’obtenir l’embryon voulu. Les spécialistes estiment qu’il faut en sacrifier pas moins de 15 pour espérer aboutir à un enfant sain et immunocompatible (…)  La destruction programmée des embryons est donc en outre massive (…)

D’autre part, la procréation humaine est totalement détournée au profit du projet de création d’un être humain dont la « mission » principale est d’être un médicament. Projet porteur d’une aliénation radicale de sa liberté puisque sa conception n’est voulue qu’en raison de ses potentialités thérapeutiques (…) En cas d’échec, quel sera le poids de culpabilité que devra porter cet enfant venu au monde dans le seul but de « sauver » son frère malade ? L’utilitarisme est poussé ici à l’extrême, réduisant une personne humaine à un objet jugé à l’aune de son utilité technique. Le bébé-médicament n’est autre qu’un bébé-instrument (…)

Sur le plan scientifique, le raisonnement ne tient pas une seconde avec les dernières découvertes biomédicales. Vous avez remarqué que l’objet final de la manipulation embryonnaire est le sang placentaire, qu’on appelle aussi sang du cordon, considéré aujourd’hui à juste titre comme un tissu extrêmement riche en cellules souches (…) Nul besoin de passer par la technique du bébé-médicament pour se procurer du sang de cordon HLA-compatible (…) 

Autant dire que la pratique du bébé-médicament, si elle représente une aberration sur le plan éthique, est de plus sans aucun intérêt dans le champ médical. Le DPI-HLA est l’exemple type du dispositif qui pourrait être abrogé lors de la prochaine révision de la loi de bioéthique."

Philippe Carhon

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