Rarement dans son histoire, l’Autriche a du se sentir en même temps aussi isolée et autant sollicitée alors qu’elle tient dans ses mains l’avenir du vieux continent. Certains disent que ce qui est vieux doit mourrir et que le glas de l’Europe sonnera demain après le "oui" finalement arraché à l’Autriche pour l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, vaste ensemble économique en pleine errance.
La pression s’accentue donc sur ce pays. Ce soir, les ministres des affaires étrangères des pays de l’Union Européenne tenteront de convaincre l’Autriche de revenir sur sa décision de bloquer l’adhésion de la Turquie.
Celle-ci, comme le Royaume Uni, change de discours : ils reportent le problème non plus seulement sur "le choc des civilisations" mais sur un plan religieux. Ankara parle d’un choix que doit faire l’UE entre un "club chrétien" et un "acteur mondial". Londres agite le spectre de l’agrandissement du fossé entre chrétiens et musulmans : "Nous sommes préoccupés par cette division théologico-politique qui
pourrait approfondir encore plus la frontière entre les prétendus Etats
de tradition chrétienne et ceux de tradition islamique".
Cette phrase renie la "tradition chrétienne" de l’Europe mais reconnaît la "tradition islamique" de la Turquie. On n’en est plus à un reniement près…
L’Autriche tiendra t-elle bon, seule dans l’adversité? Nombreux sont les peuples qui, complètement désolidarisés de leur gouvernement, l’éspèrent…

