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L'Eglise : Benoît XVI

L’autorité authentique ne contredit jamais la juste raison

BXVI Au cours de la magnifique audience générale prononcée hier, le Saint Père, dans la ligne de sa réflexion entre foi et raison, a posé des bases capitales et insisté sur des principes applicables et nécessaires à notre époque.
Sur l'autorité – quelque soit son détenteur – : il ne peut y avoir autorité que dans la vérité. Voilà qui éclaire le devoir de l'objection de conscience  :

"Nous ne pouvons donc pas parler de Dieu en partant de nos inventions,
mais de ce que Dieu dit de lui-même dans les Écritures Saintes
. Mais,
étant donné que Dieu ne dit que la vérité, Scot Erigène est convaincu
que l'autorité et la raison ne peuvent jamais être en opposition l'une
avec l'autre ; il est convaincu que la véritable religion et la
véritable philosophie coïncident.
Dans cette perspective, il écrit : «
Tout type d'autorité qui n'est pas confirmée par une véritable raison
devrait être considérée comme faible.
.. Il n'est, en effet, de
véritable autorité que celle qui coïncide avec la vérité découverte en
vertu de la raison
, même s'il devait s'agir d'une autorité recommandée
et transmise par les saints Pères pour la postérité » (1, PL122,
col 513BC).
Par conséquent, il avertit : « Qu'aucune autorité ne
t'intimide ni ne te distraie de ce que te fait comprendre la persuasion
obtenue grâce à un comportement droit et rationnel. En effet,
l'autorité authentique ne contredit jamais la juste raison, pas plus
que cette dernière ne peut jamais contredire une véritable autorité.

L'une et l'autre proviennent sans aucun doute de la même source, qui
est la sagesse divine » (I, PL 122, col 511B). Nous voyons ici une
courageuse affirmation des valeurs de la raison, fondée sur la
certitude selon laquelle l'autorité véritable est raisonnable, car Dieu
est la raison créatrice".

Et pour connaître cette vérité, Benoît XVI rappelle toute l'importance incontournable de lire les Saintes Écritures qui ne sont pas une base de discussion, mais un don de Dieu à l'homme  :

"L'écriture elle-même n'échappe pas, selon Erigène, à la nécessité
d'être étudiée en utilisant le même principe de discernement. En effet,
l'Ecriture – soutient le théologien irlandais en reproposant une
réflexion déjà présente chez saint Jean Chrysostome – bien que
provenant de Dieu, ne serait pas nécessaire si l'homme n'avait pas
péché. Il faut donc en déduire que l'Ecriture fut donnée par Dieu dans
une intention pédagogique et par miséricorde afin que l'homme puisse se
rappeler de tout ce qui avait été gravé dans son cœur dès le moment de
sa création « à l'image et ressemblance de Dieu
» (cf. Gn 1, 26) et que le péché originel lui avait fait oublier.
Auge Erigène écrit dans les Expositiones : «
Ce n'est pas l'homme qui a été créé pour l'Ecriture, dont il n'aurait
pas eu besoin s'il n'avait pas péché, mais c'est plutôt l'Ecriture –
tissée de doctrine et de symboles – qui a été donnée pour l'homme.
En
effet, grâce à elle, notre nature rationnelle peut être introduite dans
les secrets de l'authentique et pure contemplation de Dieu » (II, PL 122,
col 146C). La parole de l'Ecriture Sainte purifie notre raison quelque
peu aveugle et nous aide à revenir au souvenir de ce que nous portons
,
en tant qu'image de Dieu, dans notre cœur, rendu hélas vulnérable par
le péché".

Il poursuit sur le mode de lecture de ces textes qui implique humilité, discernement et forcément incompréhension dès lors qu'est abordé le mystère:

"De là découlent certaines conséquences herméneutiques, en ce qui
concerne la façon d'interpréter l'Ecriture qui peuvent indiquer
aujourd'hui encore la juste voie pour une lecture correcte de
l'Ecriture Sainte. Il s'agit en effet de découvrir le sens caché dans
le texte sacré et cela présuppose un exercice intérieur particulier,

grâce auquel la raison s'ouvre au chemin certain vers la vérité. Cet
exercice consiste à cultiver une disponibilité constante à la
conversion.
Pour parvenir, en effet, à la vision profonde du texte, il
est nécessaire de progresser simultanément dans la conversion du cœur
et dans l'analyse conceptuelle de la page biblique,
qu'elle soit à
caractère universel, historique ou doctrinal. C'est en effet uniquement
grâce à la purification constante tant de l'œil du cœur que de l'œil de
l'esprit,
que l'on peut en acquérir une compréhension exacte".

Voilà offerts par le Pape des éléments capitaux pour le dialogue entre les catholiques et "les scientifiques", les "scientistes", et autres défenseurs de thèses en opposition apparente avec ce que nous enseigne l'Église "qui ne peut ni se tromper, ni nous tromper".

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5 commentaires

  1. Vous avez raison de préciser que l’Eglise ne peut ni se tromper ni nous tromper (bien que ce passage soit extrait de l’acte de Foi, et se rapporte non pas à l’Eglise mais à Dieu !).
    Rappelons donc ce que l’Eglise enseigne infailliblement :
    -il y a des vérités accessibles à l’intelligence humaine (“raison”). Par exemple: Dieu existe.
    -il y a des vérités inaccessibles à elle. Par exemple : Dieu est Trinité. Ces vérités ne nous sont connues que par la Révélation, et nous y adhérons par la Foi.
    -parmi ces vérités révélées, certaines sont des vérités de la première catégorie, que Dieu nous rappelle pour nous éviter de les trouver (“Dieu existe”).
    D’autre part, la nature humaine est blessée par le péché, et donc la raison, obscurcie et mue par une volonté dévoyée, peut errer et erre le plus souvent.
    Il n’y a donc pas concordance entre la “raison” et la “foi”. En soi, il n’y a pas de contradiction (Dieu étant la source de toute vérité), mais en pratique, puisque la raison est obscurcie, il peut y avoir contradiciton entre ce que notre raison pense (par ex. : Dieu n’existe pas), et les vérités de Foi.
    Seules les vérités de Foi sont certaines, absolument parlant.
    ****
    Il en va de même pour la vérité morale, pour la vie morale. De même que Dieu révèle des vérités surnaturelles, de même Il donne une loi autre que la loi naturelle : tout d’abord la Loi à Moïse (Décalogue), et surtout la Loi évangélique. Ces lois positives divines ordonnent des choses supplémentaires à la loi naturelle, et interdisent des choses permises par la loi naturelle.
    C’est pourquoi l’Eglise, en condamnant le naturalisme, a bien précisé que :
    -la vérité naturelle et la vérité surnaturelle sont différentes. Il peut y avoir (et il y a le plus souvent) conflit entre la vérité que croit atteindre mon intelligence, et celle la vérité révélée à laquelle j’adhère par la Foi.
    -la morale naturelle et la morale évangélique sont différentes. Il peut y avoir le même conflit que ci-dessus.
    C’est pourquoi Dieu ordonne des choses qui sont contraires à la raison !!! Par exemple : le sacrifice d’Isaac par Abraham !
    C’est donc une grave erreur que de penser que “tout coïncide”. C’est la définition du naturalisme condamné par l’Eglise. Un des piliers de la théologie, c’est la distinction du naturel et du surnaturel.

  2. L’ensemble de ce qui est dit confirme ce que j’ai reçu par l’enseignement du père PAULIN : “L’homme dans la Création”.
    J’ai justement mis aujourd’hui sur mon blog les références de ce CD d’enseignement avant la parution de votre article riche et vrai.
    Nous sommes tous les instruments de Dieu, ainsi Il nous inspire Sa vérité et les nécessités pour Sa Gloire et le salut de toutes les âmes.
    Il est la tendresse même que nous ne devons pas oublier d’imiter.
    Merci à Notre Très Saint Père Benoît XVI, homme de prière qui aime le Ciel et qui prend grand soin des enfants de Dieu que nous sommes.
    http://www.paroleetlouange.fr/
    http://le.blog.de.lala.over-blog.com/

  3. Soit l’âge de Mathusalem à sa mort, donné en années par l’écriture sainte.
    Soit ce que nous imaginons de sa longévité.
    Une règle de 3 où les années bibliques sont en fait des années lunaires nous suggère que Mathusalem aurait bien pu mourir vers l’âge de 75 de nos années.

  4. “En effet, l’autorité authentique ne contredit jamais la juste raison, pas plus que cette dernière ne peut jamais contredire une véritable autorité.” -> C’est pas un appel à la rébellion ça? Car manifestement, on ne doit pas se soumettre à l’autorité inauthentique qu’on peut repérer grâce à la contradiction de la juste raison… ce qu’on voit partout! (travailler le dimanche, tuer les bébés, flinguer les vieux…)
    @Berg: C’est donc une grave erreur que de penser que “tout coïncide”.
    Vous pourriez me l’expliquer? Car de ce que je comprend, ce n’est pas parce que deux vérités semblent s’opposer (Dieu est Amour vs Dieu demande à Abraham de sacrifier Isaac) qu’elles le font. J’aurais tendance à dire que rien de ne peut découler de Dieu sans être ordonné à Lui, ainsi la nature ne peut pas s’opposer au Créateur. Cependant, il ne nous est pas possible, ou alors personne ne l’a encore fait, de rejoindre Dieu par les seuls voies de la nature.
    A vrai dire, je ne vois pas comment tout ne pourrait pas coïncider dans la mesure ou tout découle de Dieu. En revanche, je comprend parfaitement que partir de la nature pour rechercher et trouver Dieu dans sa plénitude (on trouve “une partie” de Dieu dans la nature, voir les animistes) il y a un problème.
    J’ai bon M’sieur?

  5. en l’espèce, l’autorité qui contredit la nature humaine ou qui l’abandonne à la furie révolutionnaire (cf les projets mortifères de Morano-Léonetti avancés avec l’onction de Monsieur Bertrand)*, ce qui dans les faits revient au même, cette autorité là n’est plus “authentique”.
    Doù en effet, la légitimité de l’objection de conscience tant qu’il est encore temps d’utiliser à bon escient cette arme redoutée du politique.
    On ne pourra guère que m’objecter, faiblement, que cela n’avait rien à voir avec les européennes.
    Justement si, c’est bien Monsieur Bertrand qui conduisait la campagne de feu la majorité présidentielle pour “harmoniser”, si j’ose dire, les pratiques européennes dans le même sens.
    Manque de pot,avec un “plébsicite” à 11 % des inscrits, cela va faire un peu court pour s’efforcer de justifier l’injustifiable devant un parlement européen aiguillonné tant par l’abstention générale que par la percée de nos amis de l’Est.

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