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Valeurs chrétiennes : Education

Laurent Lafforgue, l’Eglise et l’école.

Laurent Lafforgue, médaillé de Field, et
connu pour ses prises de positions courageuses sur l’école, a donné une
conférence sur Tradition et fécondité à l’Institut Catholique de Paris la
semaine dernière:

Portrait_l_lafforgue

Parce que les fondements de la vie
intellectuelle et artistique sont spirituels, parce que ce dont il s’agit est
le développement de la vie que Dieu seul donne et que le Christ a promise en
surabondance, je me tourne vers l’Église.
Ce que je lui demande et pour quoi je
prie le Seigneur est très simple : puisqu’il lui a été promis que la mort ne
prévaudrait pas contre elle, je la supplie d’embarquer dans son arche, pour les
sauver du déluge, les formes de la vie de l’esprit,
les humanités, la
philosophie, la littérature, les arts, les mathématiques, la physique et toutes
les activités de l’esprit qui ont reçu la grâce de l’orientation vers la
beauté. Et bien sûr, ce qui rend tout cela possible : l’école.[…]

Je supplie l’Église de prendre en charge
les deux traditions, y compris, dans tout ce qu’elle a d’admirable et de pur,
la tradition laïque sortie d’elle il y a quelques siècles.
Je la supplie de
faire, dans cette prise en charge, non pas une soustraction de toutes les
aspérités, à la façon des chrétiens qui ne sont plus chrétiens,mais une
addition guidée par l’amour de la vérité et le souci du discernement. A mon
avis, le caractère propre de l’enseignement catholique ne peut pas résider dans
la pédagogie ou dans une douceur soi-disant plus humaine, mais dans l’ajout
d’heures nombreuses et obligatoires d’étude de la Bible, du contenu de la foi
et de la tradition de l’Église, à commencer par les Pères de l’Église et en
passant par les Docteurs de l’Église
. Cet enseignement ne devrait pas plus
toucher au for intérieur des élèves que celui des matières profanes. Les textes
de l’Écriture et de la
Tradition sont suffisamment forts pour parler d’eux-mêmes.
Quant à la vie sacramentelle et communautaire, elle devrait constituer le cœur
des établissements confessionnels, mais ne revêtir aucun caractère obligatoire.
Elle n’a de sens que dans la liberté.

Pierre Nicolas

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8 commentaires

  1. Quand un chat est appelé un chat avec courage
    Chapeau bas M. Lafforgue !

  2. Puisse ce magnifique plaidoyer pour l’intelligence et la foi, en accord avec ce que Benoît XVI ne cesse de répéter, être entendu non seulement du public auquel il s’adressait (l’Institut catholique) mais encore de tous ceux qui ne croient plus à l’école agonisante de la république actuelle qui désintègre le savoir et la personnalité des enfants.

  3. Nous pouvons être fiers, nous catholiques et Français d’avoir parmi nous un “nouveau Pascal”, si l’on me permet cette image, forcément non absolument adéquate.
    Lafforgue est un homme de culture et de génie.

  4. Je me posais justement la question : n’est-ce pas (en plus de sa fameuse déclaration sur l’enseignement) parce qu’il est “trop” catholique que L. Lafforgue est ainsi détesté voire haï d’un certain nombre de personnes ?

  5. Cela a tout de même plus de contenu qu’un discours épiscopal ordinaire, de Mgr Ricard à Mgr Barbarin : en France, comme en Italie, une partie de l’ intelligentsia se rapproche de l’Eglise, voire se convertit. Cela se sait peu parce que le laïcisme militant interdit que l’on parle de religion, alors que parler publiquement de soi et de sexe est devenu courant chez beaucoup, mais c’est un mouvement de fond : le discours de Ratisbonne, contrairement à ce qu’en disait récemment TINCQ dans l’Immonde, a marqué ces milieux, parce qu’il rapproche foi et raison, montrant leur lien intrinsèque.
    Ce qui frappe chez ces convertis est que leur attachement à l’Eglise se manifeste par un amour très fort pour l’ensemble de son héritage intellectuel pré conciliaire et pour une vie sacramentelle absolument traditionnelle : l’ouverture conciliaire au monde ne convertit pas.

  6. Je nuancerai :
    L’ouverture conciliaire au monde permet la conversion de gens qui sont très attachés à une Eglise dont la tradition ne se résume pas à l’enseignement magistériel des quarante dernières années.
    En plus, je ne suis pas certain que tous les tradis soient partisans de la “tradition laïque sortie [de l’Eglise] il y a quelques siècles” (expression de Laurent Lafforgue)

  7. A Polemikon
    Ce qui les convertit n’est donc pas l’ouverture au monde, mais ce qui dans l’Eglise et l’enseignement magistériel a continué à transmettre une foi catholique ne datant pas des années 60 et du Concile.
    Quant à la tradition laïque sortie de l’Eglise, c’est tout de même une constante de notre histoire catholique : dès le début du Moyen Age, il y eut reconnaissance des deux sphères. C’est d’ailleurs ce que ne comprennent que très mal les orthodoxes.
    Laurent LAFFORGUE cite C. Péguy à propos de la laïcité, sur la métaphysique de nos maîtres qui n’est plus que “cendre vaine” (l’ARGENT – 1913) : sa laïcité est celle de la morale naturelle, celle du décalogue, et ce passage de Péguy qu’il reprend in extenso parle bien de la déchristianisation de la France.
    Cette laïcité là est acceptable pour tout catholique, tradi ou non.Elle est très loin de l’ouverture au monde.

  8. Pascal, j’avais écrit que l’ouverture au monde permet la conversion, non qu’elle est ce qui convertit…

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