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France : Société

L’art de la médaille religieuse, un métier en voie de disparition

L’art de la médaille religieuse, un métier en voie de disparition

Voici un art des plus discret et dont les œuvres tiennent dans le creux de la main. Si les motifs en sont toujours l’œuvre d’un sculpteur modeleur, leur réalisation en médailles est le fruit de l’association de trois métiers rares. Sculpture en bas-relief, graveur et orfèvre spécialiste de la frappe.

Avec l’évolution de la technique et le nombre des baptêmes croissant, c’est vers la fin du XIXème siècle et début du XXème siècle que l’art de la médaille religieuse est à son apogée : elle devient le cadeau incontournable pour les baptêmes et les communions.

A partir de 1950, le nombre des baptêmes chute considérablement et il n’est plus question de créer de nouveaux modèles, car ceux qui existent sont amplement suffisants.

Plusieurs générations nous séparent maintenant de ces artistes capables de transmettre. A l’artiste qui voudrait se lancer, s’oppose ce manque d’un savoir-faire complexe à redécouvrir pas à pas.

Charles Saunier, critique d’art, déclarait que :

« Nul art n’est plus complexe que celui de la médaille. Sous des dehors attrayants, il cache des difficultés presque insurmontables. A une extraordinaire sûreté de main, l’artiste est forcé de joindre des qualités cérébrales de premier ordre. La perfection doit être d’autant plus grande que le champ d’action est restreint »

Mais comment nait une médaille de baptême ?

C’est l’association de trois métiers rares dont voici le détail.

L’artiste médailleur

L’artiste crée un bas-relief d’environ 0,5 cm d’épaisseur, le tout sur un disque plat de 20 cm de diamètre.

Le graveur

Le bas-relief transformé en résine dure, est confié au graveur qui va le mettre sur un tour à réduire. Cette machine par un système de pantographe va graver le motif, sur un bout d’acier à la taille définitive de la médaille.

L’orfèvre spécialiste de la frappe

Le petit bloc d’acier, c ‘est la « matrice » confiée à son tour à l’orfèvre spécialisé qui va frapper les médailles sous des presses de plus de 100 tonnes de pression.

L’évolution du métier de médailleur religieux à travers les siècles

Tous les modèles de médailles antérieurs au XVIIIème siècle étaient gravés à la main directement dans l’acier de la matrice, à la taille de la future médaille, sans aucun procédé mécanique.  Tout cela était très long et limitait le nombre des nouveaux modèles. Avec l’apparition du tour à réduire, la réalisation de la matrice, à partir du modèle de l’artiste devient mécanique et donc beaucoup plus rapide. Le nombre des modèles se multiplie allègrement et satisfait la demande croissante de la fin du XIXème début XXème siècle.

Les artistes rivalisent d’imagination et de talent. Edmond Becker ou Paul Grandhomme, pour n’en citer que quelques-uns, sont au sommet de leur art. Leurs modèles sont inlassablement réédités depuis.

Le paysage de la création n’a plus évolué après la première moitié du XXème, car le nombre des baptêmes a chuté considérablement à ce moment. Le savoir-faire traditionnel de la médaille religieuse était donc en train de s’éteindre.

Pourtant, de nos jours, la médaille religieuse demeure le cadeau par excellence pour un baptême. Porteuse d’un message spirituel, d’une date importante dans le cheminement de la foi, elle est un lien qui traverse le temps entre l’enfant et ses parrain et marraine.

Anne.K une jeune entreprise familiale qui renoue avec la tradition

Dans ce contexte, Anne Kirkpatrick, sculpteur et médailleur, crée depuis 15 ans de nouveaux modèles de médailles religieuses. Elle fonde en 2015, avec son fils, sa propre maison de médailles : Anne.K.  Il ne s’agit plus de reproduire ici ces Vierges à l’enfant, dont les canons de l’époque étaient les beautés grecques, ni leurs voiles aux savants plis qui amélioraient l’aspect de la médaille.

Anne Kirkpatrick s’attache à simplifier, ajouter la grâce de la jeunesse et faire ressortir dans ces scènes familières, la proximité d’une Présence. C’est ce qu’elle tente de faire un peu mieux à chaque nouvelle création. Mais elle nous livre aussi, que la composition de chaque médaille est le fruit d’un travail de plusieurs mois et parfois même, de plusieurs années.

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