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Pays : Arménie

L’Arménie seule au monde, face à l’Azerbaïdjan et à la Turquie

L’Arménie seule au monde, face à l’Azerbaïdjan et à la Turquie

De notre envoyé spécial Antoine Bordier, auteur de Arthur, le petit prince d’Arménie (éd. Sigest) :

Dans la nuit des 12 et 13 septembre, l’Azerbaïdjan bombarde plusieurs positions dans l’est et le sud-est de l’Arménie. L’Arménie riposte tant bien que mal. L’Azerbaïdjan a conquis du terrain. En tout, près de 500 morts de part et d’autre, dont des villageois. Après les déclarations de l’ONU, de l’Union Européenne, de la France, du Vatican, et d’autres pays, pour un appel au cessez-le-feu, et, en dehors de toute condamnation de l’invasion azérie, l’Azerbaïdjan et la Turquie massent leurs troupes pour envahir l’est et le sud de l’Arménie. Eclairage sur une invasion imminente pour l’Arménie, face au reste du monde, qui regarde…ailleurs.

L’Arménie, aux yeux du monde, vaudrait-elle moins que l’Ukraine ? La réponse est, hélas, positive. Alors que parmi ses amis, se comptent des pays, comme la France, qui ont fait des Droits de l’Homme et de l’égalité leur idéologie phare. Sauf pour l’Arménie, qui n’a pas les mêmes droits et qui s’enfonce dans la nuit. Deux poids, deux mesures. Deux guerres, deux engagements opposés. Un horizon de tristesse s’est abattu sur ce petit pays de Transcaucasie, que j’appelle confetti, coincé entre la Turquie, à l’ouest, l’Azerbaïdjan à l’est, la Géorgie au nord et l’Iran au sud. L’été se termine et l’hiver pointe le bout de son nez. Comment en sommes-nous arrivés-là ?

A son époque la plus glorieuse, l’Arménie s’étendait de la mer Méditerranée à la mer Caspienne. La Turquie n’existait pas, ni l’Azerbaïdjan. Nous sommes au 1er siècle avant JC. Depuis, l’Arménie a perdu 90% de son territoire. Elle a, toujours, été l’objet de convoitises, d’injustices, de jalousies, d’invasions et de persécutions religieuses. Sans doute, parce que l’Arménie est la première nation du monde à embrasser le christianisme, en 301, après JC. Dieu seul le sait.

Le génocide contre les Arméniens perpétré par les Turcs est passé, malheureusement, par là. Nous sommes le 24 avril 1915. Jusqu’en 1923, plus d’1,5 millions d’Arméniens vont périr dans des conditions abominables, inhumaines. En 1939, Hitler avait dit : “ Qui se souvient des Arméniens ? ” pour justifier la future Shoah. La question est de nouveau posée, et, la réponse paraît d’une évidence macabre. L’histoire funeste et mortifère, où les hypocrites, les lâches, les traitres, les criminels et les menteurs sont plus nombreux que les innocents, que celles et ceux qui ont soif de joie, de justice, de liberté, de paix et de vérité, se répète aujourd’hui, sous le regard vitreux du monde. Deviendrait-il complice ce monde qui n’appelle plus un dictateur, dictateur, une guerre, guerre, un terroriste, terroriste ? A ce stade-là, on ne peut plus, naïvement, parler d’aveuglement. Mais, peut-être, que ce monde-là a oubliél’histoire de l’Arménie, qui est, aussi, la sienne.

Une indépendance pour quoi faire ?

Le 21 septembre 1991, c’est jour de fête en Arménie qui vit son 1er jour d’indépendance, à la suite de l’effondrement de l’ex-URSS. Pendant 30 ans, la nouvelle démocratie chrétienne pousse au milieu de ces voisins musulmans qui s’impatientent et élaborent leur plan d’invasion. Pour Ilham Aliev, l’autocrate-dictateur, dont le régime est comparé à celui de Pyongyang, les Arméniens sont, ouvertement, des « chiens ». Il ne s’en cache pas. Il le dit haut et fort. Impossible de ne pas l’entendre. Pour Recep Tayyip Erdogan, qui reste dans le déni et le fait savoir, la reconnaissance par Joe Biden en avril 2021 du génocide des Arméniens par les Turcs est « sans fondement, injuste et contraire à la réalité ». Il se ment à lui-même.

Le 27 septembre 2020, l’Azerbaïdjan entre en guerre dans le Haut-Karabakh, région que Staline a spoliée et donnée indûment à l’Azerbaïdjan en 1921. Mais, où vivent 90% d’Arméniens. Staline avait, d’ailleurs, accepté, dans un premier temps, que ces terres reviennent à l’Arménie. Puis, comme à son habitude, en fonction de ses propres intérêts et du fameux principe qu’il applique avec une efficacité redoutable : “ divisons pour régner ”, il fait volte-face. Lors d’une première guerre entre 1991 et 1994, l’Arménie récupère ses territoires. Ils sont repris, près de 30 ans plus tard, en 44 jours, entre le 27 septembre et le 9 novembre 2020 par l’Azerbaïdjan. 44 jours seulement auront suffi pour ouvrir de nouveau la boîte de Pandore ! 44 jours…

Alors que les importations de gaz azéri bondissent en France et en Europe – pour remplacer le gaz russe – dans les nuits des 12 et 13 septembre l’Azerbaïdjan bombarde l’Arménie sur une ligne frontière de 200 km. Les environs de Kapan (la ville la plus au sud), de Goris, du Lac Sev, de Jermouk, de Sotk, et d’Artanish sont touchées en plein coeur. Près de 50 km2 tombent aux mains des Azéris. Le monde ouvre un œil, et le referme.

La Russie engluée joue aux échecs sur le plateau arménien

Malgré la convention de sécurité signée entre l’Arménie et la Russie, reconduite à plusieurs reprises, qui est sensée assurer sa protection, l’armée russe présente en Arménie, à Gyumri et à Erebouni, n’est pas intervenue. En tout, la présence militaire russe avoisine les 5000 hommes, selon certaines sources locales. Elle a, d’ailleurs, renforcé sa présence et sa puissance de feu à plusieurs reprises au cours de ses 10 dernières années. Il faut y ajouter ses 2000 Casques bleus déployés dans la région du Haut-Karabakh pour assurer le cessez-le-feu du 9 novembre 2020. Malgré cette présence significative et le fait que l’Arménie soit, également, membre de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective, l’OTSC, (qui regroupe, aussi, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie et le Tadjikistan), elle reste seule. Eternellement seule. De fait, personne n’a empêché les troupes d’Ilham Aliev de bombarder l’Arménie. Personne, ni Joe, ni Vladimir, ni Ursula.

Du coup cette question se pose : A quoi joue Vladimir Poutine, qui s’est engagé « personnellement dans le dossier » ? Il joue aux échecs.

Englué en Ukraine, au moment même où les troupes ukrainiennes reprenaient du poil de l’ours tout en faisant reculer l’armée russe de la région de Kharkiv, Poutine plie mais n’a pas rompu. Par contre, Aliev a bombardé. Avec son accord ? Probablement. Comment en serait-il autrement avec une telle présence militaire russe ?

Il ne peut pas dire : « Je ne savais pas. » Il sait et il a laissé faire… La partie d’échecs continue.

Le bras armé d’Erdogan, Aliev, donc, ne rêve que d’une seule chose : faire plaisir à son grand-frère turc et réaliser leur rêve commun. Le Panturquisme, idéologie du 19è, consiste à unir les pays turcophones dans un nouvel empire.L’acte 1 est l’union de la Turquie et de l’Azerbaïdjan, sur l’autel du peuple arménien, en envahissant tout le sud et l’est de l’Arménie, ce qui permettrait de relier directement les deux pays. Quant à la Russie ?

Poutine laisse, donc, pour l’instant, faire Erdogan et Aliev. Ses priorités : l’Ukraine et la (re)composition d’un nouvel empire, le sien, qu’il veut agrandir militairement à l’ouest (avec l’Ukraine) et prolonger, pacifiquement et économiquement, au sud et à l’est. Il vend des armes à l’Azerbaïdjan, s’allie avec l’Iran, la Chine et l’Inde pour remettre au goût du jour La Route de la Soie et inféoder tous les pays limitrophes qui en seraient à la fois bénéficiaires et dépendants. Avec Erdogan, son ennemi d’hier ? Oui et non. Il y a un an, Poutine faisait bombarder des mercenaires à la botte d’Erdogan. Aujourd’hui, ils sont bras dessus, bras dessous, comme deux vieux copains. La géopolitique et un nouvel ordre (désordre) mondial est en-cours. Pas simple, avec ces alliances qui se font et se défont à la vitesse éclaire des victoires et des défaites militaires.

Tigran Yégavian, un expert-visionnaire

Ce jeune trentenaire connaît bien la situation. Né à Paris dans les années 80, il a grandi à Lisbonne. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’Institut des langues et civilisations orientales (INALCO), il est titulaire d’un Master de recherche en politique comparée avec la spécialité monde musulman. Il a vécu en Syrie, au Liban, en Turquie et en Arménie. Il s’est spécialisé, par la suite, sur la question des chrétiens d’Orient et sur le sujet de la diaspora. Il a enseigné la géopolitique des chrétiens d’Orient au Centre Sèvres, à Paris. Aujourd’hui, il est chercheur au Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), et il est membre du comité de rédaction de la revue de géopolitique Conflits. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont : Minorités d’Orient, les oubliés de l’histoire, chez Le Rocher, paru en 2019 ; Géopolitique de l’Arménie, chez Bibliomonde paru cette année.

« Ce qui se passe, actuellement, en Arménie avec l’Azerbaïdjan, dépasse de loin la lecture locale. L’Arménie est une pièce d’un échiquier géopolitique qui oppose plusieurs puissances post impériales et régionales : la Russie, la Turquie, l’Iran, Israël… Il s’agit pour les Russes et les Turcs de reproduire dans le Caucase du sud le scénario de la Syrie, en mettant en place un processus d’escalade, de désescalade, et de cession de territoires. L’Arménie, malheureusement, n’est qu’une pièce de ce jeu. Récemment, les Etats-Unis tentent de prendre pied dans la région afin de contrebalancer le poids de la Russie en position de faiblesse et voient dans l’Arménie un balcon sur l’Iran. De son côté, Israël appuie l’Azerbaïdjan qu’il considère comme l’arrière-cours de son ennemi iranien. Au centre du jeu, l’Arménie souffre de son isolement diplomatique et du comportement de la Russie qui la considère comme une variable d’ajustement.  Il faut s’élever et sortir de la centralité arméno-azerbaïdjanaise. Cette grille de lecture est obsolète. La rivalité est géopolitique. Elle concerne les anciens empires. »

Tigrane n’est pas très optimiste pour la suite. Pour lui, tous les clignotants sont au rouge.

« Nous assistons à une répétition tragique de l’histoire. Cela me rappelle l’année 1920 quand l’Arménie s’était faite agressée par l’armée kémaliste. Et, que les bolchéviques étaient intervenus non pas pour sauver l’Arménie, mais pour se partager l’Arménie. »

L’Arménie, seule au monde ?

Depuis la nuit bombardée des 12 et 13 septembre, les manifestations à l’intérieur du pays contre Nikol Pachinian, le Premier ministre réélu en 2021, n’ont pas cessé. L’opposition appelle à sa démission. Pendant ce temps-là, les anciens vieux lions du régime, comme Levon Ter-Petrossian, qui fut le 1er Président de la République d’Arménie, Robert Kotcharian (le second) et Serge Sarkissian, ceux qui ont subi la « révolution de Velours », qui a porté démocratiquement cet ancien journaliste au pouvoir, se taisent. Ils attendent, alors qu’ils viennent de se réunir autour de Karekine II, le Catholicos pour tous les Arméniens apostoliques. Rien n’a filtré de cette réunion, qui a eu lieu il y a quelques heures.

Pour Tigrane : Pachinian n’est pas clair, « il est opaque ». Dans les coulisses du pouvoir et face à cette recomposition géopolitique de grande envergure, qui dépasse de loin ce petit pays confetti, quels sont ses marges de manœuvres ? Qu’a-t-il fait depuis 2020, depuis la signature du cessez-le-feu avec l’Azerbaïdjan ?

A son échelle, il est un peu comme Poutine : englué. Il s’est mis à dos la moitié de la population (de moins de 3 millions d’habitants). Et, surtout, il a perdu une partie du soutien légitime de son armée. A tel point qu’il y a un an, il renvoyait son chef d’état-major, accusé d’avoir fomenté un « coup d’Etat ». Dans la nuit du 4 au 5 mars 2021, son décret de destitution du général Onik Gasparian entrait en vigueur. Alors, l’armée est-elle prête à répondre à une invasion de l’Azerbaïdjan et de la Turquie qui aurait amassé près de 45 000 hommes ?

Le pasteur René Léonian a vécu 17 ans en Arménie, entre 1994 et 2011. Il était dans les coulisses du pouvoir et il a gardé beaucoup de contacts au plus haut niveau. Chaque année, il revient plusieurs fois par an en Arménie pour visiter la communauté évangélique. Il s’occupe, également, de nombreuses œuvres caritatives. Sur la question militaire, le pasteur répond :

« Seule, l’Arménie n’est pas capable de se défendre. Au niveau de la mobilisation des réservistes et de sa population, il est vrai qu’il y a du potentiel. Mais, la solution urgente est que le Conseil de Sécurité envoie, dès maintenant, des Casques bleus. »

Il adresse, de France, un message à l’Azerbaïdjan et à la Turquie :

« Renoncez à votre politique d’extermination des Arméniens. Et, respectez le territoire souverain de l’Arménie. Cessez d’insuffler à votre population, à sa jeunesse, dans son éducation et sa culture, la haine des Arméniens. Réunissons-nous pour construire une paix durable. »

Sera-t-il entendu ? La partie d’échec n’est pas terminée.

Les grands de ce monde : des paroles mais pas d’acte  

Il y a quelques jours, le 21 septembre 2022, c’était la 31e journée anniversaire de l’Indépendance de l’Arménie. Mais ce jour-là, comme je l’ai dit plus haut, l’Arménie est triste et ne fête rien. Pachinian a tout annulé. Kristina une jeune fille de moins de 30 ans, croisée place de la Liberté, à Erevan, s’exprime ainsi : « Nous sommes terrorisés. Ils nous ont même pris notre joie… » Près de l’Opéra, un groupe de garçons entoure un jeune cul-de-jatte de 20 ans, Tigran : « Oui, ils m’ont pris ma vie et la moitié de mon corps ». Le silence est d’or. Difficile d’interviewer ce survivant. Un frisson glacial vous prend alors qu’il fait 33°C.

Dans les rues d’Erevan, il y a moins de monde que d’habitude. Même si les Russes sont là. Entre touristes et expatriés de force pour échapper aux conséquences des mesures de rétorsion de l’ouest et du décret de mobilisation de Poutine, leur nombre a été multiplié par deux en l’espace de quelques jours.

Zara Nazarian, la directrice du média digital Le Courrier d’Erevan, « a fêté le 21 septembre. Habituellement, je ne le fêtais pas. Mais, cette fois-ci, j’ai décidé de fêter cette journée anniversaire ». Cette francophone et francophile est une personnalité à part entière. Née en Géorgie, à Tbilissi (la capitale), elle a fait toutes ses études à l’Université d’Etat de Moscou, Lomonossov. Elle a étudié le journalisme pendant 6 ans, à la faculté de journalisme. Puis, elle participe au développement du quotidien national Respoublika Armenia, dans les années 90. Après son diplôme en poche, elle s’expatrie en 1992 en Arménie pour retrouver ses racines arméniennes. Puis, ce sera Paris, pour y apprendre l’Hébreu et tenter l’ENA. Après l’ENA, qu’elle a réussi, elle intègre Renault en France. En 2004, elle retourne en Arménie et travaille chez Pernod-Ricard. En 2012, elle retrouve la plume et lance son média Le Courrier d’Erevan. En 2018, elle devient Secrétaire Générale de l’Union de la Presse Francophone (UPF), qui « regroupe 56 pays et 2500 journalistes ». Sur la situation, elle n’hésite pas à dire : « Oui, aujourd’hui, j’ai peur pour mon pays. Que font les grands de ce monde ? Ils parlent, dénoncent, mais, finalement, ne font rien. »

Pelosi, Macron et Ursula 

Du côté de Jean-Christophe Buisson, le Directeur-adjoint du Figaro Magazine, qui suit de très près la menace grandissante :

« Une invasion commence toujours par des mobilisations de troupes à la frontière, ce qui était le cas avec l’Azerbaïdjan avant le 13 septembre et ce qui est toujours le cas. Est-ce que le parapluie russe restera ouvert pour protéger les Arméniens ? Pas sûr. Je crains que la Russie et la Turquie ne s’entendent une nouvelle fois sur le dos des Arméniens. En France, il y a une vraie mollesse de notre gouvernement actuel. Il n’en parle même pas. Madame Colonna est totalement silencieuse sur le sujet. Les ambassades de France, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis diffusent même des cartes de régions d’Arménie fortement déconseillées à leurs ressortissants : ce sont exactement celles convoitées par l’Azerbaïdjan. Comme si, elles anticipaient l’invasion prochaine. Comme si, elles en admettaient le principe, voire l’inéluctabilité. »

Aux Etats-Unis, Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants américaine, venue en Arménie les 17 et 18 septembre (son voyage était prévu de longue date) s’est muée, indirectement, en porte-parole de Joe Biden :

« Nous condamnons fermement ces attaques, au nom du Congrès (américain), qui menacent la perspective d’un accord de paix si nécessaire… L’Arménie a une importance particulière pour nous en raison de l’accent qui a été mis sur l’aspect sécuritaire après les attaques illégales et meurtrières de l’Azerbaïdjan sur le territoire arménien. »

Mais que fera Joe Biden la prochaine fois ?

En France, Emmanuel Macron a téléphoné le 13 septembre à Ilham Aliev afin de : « mettre fin aux hostilités et de revenir au respect du cessez-le-feu » a indiqué l’Elysée. Et, après ?

Du côté d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, qui avait déclaré en se rendant à Bakou pour signer l’accord sur le gaz, le 18 juillet dernier, que l’Azerbaïdjan était « un partenaire fiable », le 13 septembre a dû être le jour de « tous les dangers », pour elle-même et pour son avenir politique. Elle doit, encore, s’en mordre le bout des ongles vernis. Mais, au fond, ce n’est pas grave, car les Européens se chaufferont cet hiver au gaz azéri, mêlé du sang arménien. Fini le gaz russe…Celle qui s’affiche aux couleurs bleu et jaune, celles du drapeau ukrainien, s’affichera-t-elle aux couleurs du drapeau arménien, rouge-bleu-orange (abricot) ? Vite.

Vite des Casques bleus de l’ONU pour l’Arménie

Ce qui est certain, c’est qu’au moins, le député européen François-Xavier Bellamy défend les couleurs de l’Arménie avec la faconde de son élocution brillante qu’on lui connaît. Qui d’autres : Catherine Colonna, ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères qui se bataille avec Gérald Darmanin sur le sujet du consulat de France en Algérie ? Non, rien, silence complet. Peut-être le ministre des Armées, Sébastien Lecornu ? Non, il est accaparé par la reconstitution de nos propres stocks d’armes…

Après les paroles tièdes, il faut, de toute urgence, des actes forts pour arrêter l’invasion qui se prépare. Si elle a lieu, et, c’est plus que probable, qui viendra « sauver le soldat Arménie » ? Vite des Casques bleus…

De notre envoyé spécial Antoine BORDIER

Photos A.Bordier, France-Diplomatie et Lydia Kasparian

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