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Culture de mort : Avortement

L’apologétique de l’avortement ou l’art de la fausse sémantique

L’apologétique de l’avortement ou l’art de la fausse sémantique

De Jean-Pierre Aussant, écrivain, pour le Salon beige:

Tous les arguments (sans exception) en faveur du meurtre légal des “enfants-à-naître” se laissent, dans le cadre d’une analyse précise, démolir avec la plus grande facilité. Cela prouve au moins une chose: Le vrai débat rationnel et contradictoire sur l’avortement n’a à ce jour toujours pas eu lieu. La dictature culturelle planétaire dont les médias sont infestés et qui repose sur le noyau dur du fondamentalisme féministe international ne l’a pas permis. A l’aide de onze arguments, j’en apporte ici la preuve.

1: Le libre choix?

Le vrai libre choix consiste à laisser choisir la personne qui est la plus concernée et qui risque de se faire tuer, c’est-à-dire “l’enfant-à-naître”. Celui-ci, en effet, choisit toujours de se développer et donc de vivre. Respecter son choix, implique donc de s’opposer à l’avortement. (Notons que la mère, elle, avortement ou pas, survit toujours).
Le lavage de cerveau issu de la culture de mort s’acharne à vouloir faire oublier un petit détail, c’est que l’avortement concerne non pas une seule personne (la mère) mais bien deux (la mère et l’enfant).

2: Les “pro life” (adversaires de l’avortement) sont intolérants?

La pire des intolérances et discriminations, n’est-ce pas au contraire de tuer “un enfant-à-naitre” innocent et sans défenses qui ne demande qu’à se développer? Prétendre le contraire, c’est inverser le sens des mots, c’est entrer dans une fausse sémantique.

3: C’est une affaire privée qui concerne uniquement la femme et son corps?

Faux. L’embryon se trouve certes dans le corps de la femme mais ce n’est pas son corps. L’ADN, les chromosomes, les gènes (différents de ceux de la mère) sont ceux d’un nouvel être humain qui existe à part entière. “To be or not to be”, “être ou ne pas être”. Il y a une “égalité d’être” entre la mère et le fœtus. Personne n’existe “à moitié”. Un fœtus existe autant que Hillary Clinton, Maradonna, Carla Bruni, Poutine ou Raspoutine. Prétendre le contraire, c’est mentir ou bien être complètement ignorant en biologie. Par ailleurs, l’embryon est appelé à sortir tôt ou tard du corps de la femme, soit comme cadavre assassiné par un avortement ou bien comme bébé vivant. Dans tous les cas l’enfant à naître sortira de l’utérus. Affirmer que le fœtus “est” le corps de la femme est une contre-vérité et une infamie, issue de la culture de mort.
Certes, l’embryon a besoin de la mère pour se développer et continuer à vivre mais cela est vrai également pour un bébé de deux mois. Si une mère laisse son nourrisson livré à lui-même, celui-ci mourra dans les plus brefs délais et elle sera, à juste titre, accusée d’homicide.

4: L’avortement est légal, donc il faut “la fermer” et l’accepter?

Les plus grands résistants de l’histoire se sont toujours battus contre la “légalité du moment”.
Quand Nelson Mandela luttait contre cet abominable système qu’était l’apartheid en Afrique du sud, il était “illégal” et pourtant il avait raison.
De même quand Oscar Schindler sauvait des juifs en Allemagne nazie, il était à l’époque “illégal”. Puisque, en effet, il était alors légal d’exterminer les juifs et pourtant, lui aussi, avait raison.
La limite de la légalité et d’ailleurs de la démocratie en général, c’est là où commence la conscience universelle. Quand les lois et la légalité du moment sont infâmes, on a non seulement le droit mais aussi le devoir de les combattre. Si demain la majorité des français devient pédophile, cela ne fera pas pour autant de la pédophilie quelque chose de bien.
La limite de la légalité se trouve là où commencent la vérité et la dignité de l’être humain données par Dieu.

5: L’avortement concerne l’émancipation e la femme?

Une loi qui permet à une femme de tuer une autre femme (sous forme de fœtus féminin) serait donc un progrès pour le droit des femmes?
Pouvoir assassiner des femmes au nom des droits de la femme (SIC).
Bienvenu chez les fous. Cet argument est trop “couillon” pour être développer.

6: Le monde est atroce, je n’ai pas d’argent, mon enfant n’aurait pas de bonnes perspectives. Il est donc préférable de le tuer?

Suivre un tel résonnement équivaut aussi à dire qu’il faudrait, pour être conséquent, éliminer tous les malheureux de la planète. Les malnutris, les clochards, ceux qui vivent dans des pays en guerres, bref en gros la moitié de la population planétaire. Au fait, à partir de quel degré de bonheur a-t-on le droit de continuer à vivre? Sommes-nous tous si sûr d’être “heureux”?
Heureusement, nos ancêtres n’ont pas raisonné ainsi sinon nous ne serions pas là pour en parler. En effet, jadis, les conditions de vie étaient largement plus dures que maintenant.
La vie humaine est sacrée. Elle se justifie en elle-même. Lier le droit de vivre à la possibilité d’avoir un beau frigo et une belle voiture, c’est passer à côté de l’essence de l’être humain et de sa vraie dignité.
Par ailleurs, celui qui pense que le monde est trop pourri pour laisser son enfant vivre, devrait commencer par se suicider. C’est trop facile de tuer les autres (enfants-à-naître) tout en continuant soi-même à vivre.

7: Les avortements ont de toute façon toujours existé. Par conséquent il convient de ne pas les interdire?

Les viols, les meurtres, la pédophilie ont aussi toujours existé. Faut-il aussi légaliser les viols et la pédophilie? Bien évidemment, cet argument est un affront contre le bon sens.
En outre, il y avait avant la légalisation de l’IVG, beaucoup moins d’avortements. Ceux qui prétendent le contraire, mentent.

8: Auparavant, les femmes se blessaient en s’avortant?

La légalisation de l’avortement a donc au fond permis de rendre les “armes donnant la mort” plus efficaces afin de permettre à la femme de tuer “proprement” sans prendre le risque de se blesser elle-même. Franchement, entre nous, est-ce un argument???
Cela, à titre d’exemple, revient un peu à dire qu’il faudrait donner des armes plus efficaces à ceux qui cambriolent des banques afin que les cambrioleurs ne prennent pas le risque de se blesser en tuant les autres (sic).
Bien évidemment, cet argument est éthiquement et dialectiquement intenable.
Ceux qui ne veulent pas se blesser, doivent commencer par arrêter de tuer des êtres humains innocents.
On oublie ici tout de même un petit détail. Dans un avortement, l’enfant, lui n’est pas blessé, mais toujours assassiné.

9: Il y a la surpopulation. Nous sommes déjà trop nombreux sur la planète?

Cela est faux. Le mythe de la surpopulation a été véhiculé par le planning familial pour justifier l’avortement. En Inde il y a actuellement deux enfants par couples. Le problème est donc réglé. En Chine Idem. Quant à l’occident, les populations ne sont même pas capables de se reproduire.
La surpopulation n’a pas eu lieu. En tout cas pas dans les proportions annoncées dans les années 70.
Si des gens crèvent de faim sur terre, c’est à cause de l’égoïsme et non pas à cause de la surpopulation.

10 : Existe-t-il des cas où l’avortement est éthiquement acceptable?

Oui, si la vie de la mère est clairement en danger lors de l’accouchement (ce qui , soit dit en passant est extrêmement rare en occident).
Concernant les avortements pour viols et pour malformations gravissimes du fœtus, ils ne représentent que moins de 1% des avortements en général. Faire une fixation sur ces 1% est donc une malhonnêteté pour écraser et fuir le vrai débat. Si après un viol, il faut coute que coute tuer quelqu’un, alors, il serait plus logique de tuer le violeur plutôt que l’enfant. L’enfant, lui, est toujours innocent. En cas de viol, la solution est de faciliter l’accouchement sous X (qui garantit l’anonymat et l’adoption) et d’aider massivement la mère concernée. L’accouchement sous X n’est certes pas l’idéal mais c’est mieux que l’autre solution qui est le meurtre. Entre deux maux, il faut choisir le moindre.
Par ailleurs, même si l’avortement était acceptable en cas de viol ou de malformation grave de l’enfant-à-naître, cela ne justifierait quand même pas la légalisation de l’avortement pour tous. En effet cela reviendrait à dire que pour éviter 1% d’injustices on accepte de pratiquer 99% d’injustices (les 99% d’enfants avortés bien que n’étant ni malades et ni issus d’un viol). Ce qui dialectiquement ne tient pas vraiment la route et relève de l’affront contre le bon sens.

11: On ne sait pas quand la vie commence donc l’avortement n’est pas si grave?

D’aucuns insinuent que nous ne savons pas quand commence la vie et que par conséquent l’avortement ne doit pas être considéré comme un meurtre. Peut-être, après tout, faut-il avoir une mémoire pour avoir droit à la dénomination “d’être humain”? Cela est faux car la vie de l’individu commence au moment même de la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde. Mais quand bien même ces personnes auraient raison, dans le doute, il faudrait à plus forte raison faire commencer la vie de l’être humain le plus tôt possible, au risque dans le cas contraire, d’ouvrir une brèche dans laquelle toutes les interprétations et tous les dérapages seraient possibles. Sans le savoir, leur position, donne des arguments en faveur du respect absolu de la vie dès la fécondation.
En effet si la vie ne commence pas au moment de la fécondation, alors quand commence-t-elle???
A partir de quel moment a-t-on le droit d’être protéger pour continuer à vivre?
Deux jours après la fécondation??
Ou bien deux mois après??
Six mois??
Ou bien deux heures avant la naissance???
Ou bien deux minutes après la naissance???????
A l’âge de deux ans, quand l’enfant dit ses premiers mots???
Ou bien à sept ans avec l’âge de raison quand l’enfant commence à se percevoir comme un être socio-culturel?????
Et pourquoi pas à l’âge de dix-huit ans quand il peut enfin voter???
Non, bien sûr que non. En réalité, la vie de l’individu commence au moment même où il reçoit la totalité de son patrimoine génétique unique, c’est-à-dire à la fécondation.
Nier cette évidence biologique équivaut à ouvrir une boite de pandore qui débouche irréversiblement sur l’instrumentalisation de l’être humain, sur sa “chosification”. Autrement dit, le début de l’enfer sur terre. S’il est possible de tuer les plus faibles et les plus innocents, alors tout est permis. C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre la phrase de Mère Teresa quand elle a dit, qu’au fond, l’avortement était responsable de toutes les guerres.

(Annexe de mon essai « le complot inconscient »)

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13 commentaires

  1. Je ne connais pas de témoignage de médecins affirmant la nécessité d’un avortement pendant l’accouchement. Au contraire, les associations de gynécologues et tant de médecins ont affirmé que l’avortement n’est jamais nécessaire pour sauver la vie de la mère. À cause de ce qui me semble une grave erreur dans ce texte, je ne peux le partager.

    • Il y a cependant un cas admis d’ailleurs de tous temps y compris par l’Eglise.
      C’est le cas de la grossesse extra uterine ou l”enfant embryon s’est fixé a l’interieur d’une des 2 trompes de Fallope qui relie l’ovaire a l’Uterus..
      Si la grossesse est detectee trop tard l’enfant se developpe en amont de l’uterus et dans ce cas , la mere est en danger mortel entre 3 et 4 mois de grossesse, je ne sais si depuis les chirugiens obstreticiens ont trouve le moyen de le refixer avec son placenta dans l’uterus mais il est certain que si ce n’est pas le cas, ils sont totalement obliges de le retirer car la mère mourra (a moins d’un miracle divin)
      Certes l’enfant n’est pas viable a l’age de 3,4 mois de grossesse meme en couveuse hyperfectionnee, et donc il faut en ce cas sauver la mère qui elle , pourra avoir tout de meme d’autres enfants et ne pas lui lier les trompes de Fallope comme font certains chirurgiens malthusiens.
      En ce cas pour les medecins et personnels d’hopitaux catholiques et meme chretiens il pourraient prévoir de faire le necessaire pour que dans le peu de minutes ou l’enfant va rester vivant, Il soit au moins baptisé pour partir direct rejoindre Dieu.
      C’est le seul cas jusqu’a ce que la medecine chirurgicale et hormonale trouve enfin le moyen de reimplnter le petit bebe embryon dans l’uterus de facon viable, ou l’extraction chirurgicale de l’enfant vivant mais non viable est acceptable, pour les autres cas la vie de la mere n’est plus en danger maintenant puisque dans les accouchements difficiles les cesariennes sont alors systematiquement pratiquees en urgence et tres habituellement avec succes si on n’attend pas trop de temps pour le faire.

    • Voir l’histoire de (sainte) Jeanne Beretta Molla (Wikipédia). Oui, l’enfant à naître peut condamner la mère.

  2. Est ce la position du Salon Beige que l’avortement est acceptable quand la vie de la mère est en danger ? Paragraphe 10. On n’a jamais le droit de s’attaquer directement au fœtus. Un traitement pour la mère nuisant indirectement au fœtus, sans volonté de lui nuire, est acceptable (volontaire indirect ).

  3. “Aucun mouvement politique sérieux ne remet en cause en France la loi Veil, acquis à protéger” a déclaré Jordan Bardella.
    Hélas, serai-je tenté de répondre !
    Contrairement aux Etats-Unis, l’avortement n’est pas un sujet de débat chez nous.
    Le rouleau compresseur du progressisme l’a imposé. Les rares objections sont ridiculisées, les opposants mis au ban de la société.
    Chez nous, l’avortement va de soi. Comme allait de soi l’antisémitisme avant la guerre.

  4. Certes, “tu ne tueras pas”, mais focaliser la discussion sur le devenir de l’embryon est une erreur tactique : les pro-avortement ne considéreront jamais que “un amas de cellules humaines” puisse être une personne au sens biblique du terme. Et de fait, où passer la limite? Si l’on peut récupérer des cellules humaines non spécialisées (il y en a un peu partout dans le corps) et les multiplier, on peut théoriquement faire un clone d’un être humain à partir d’un morceau quelconque de notre viande. Si ce n’est aujourd’hui, du moins demain. Faut-il pour autant condamner une opération de l’appendicite parce qu’elle “supprime un être humain potentiel”? Cette approche est intenable, vouée à l’échec.
    S’il faut tenir une ligne de défense ferme, c’est plutôt la nidification qui est une limite ontologique nette, et ce n’est pas neutre que cette limite résulte de la relation avec la mère. Avant la nidification, le blastomère qui se divise n’a par lui-même aucune chance de survie. Après la nidification, c’est ce lien mère-enfant qui lui donne accès, en fin de compte, au statut de personne. Et réciproquement, dès la nidification, des cellules de l’embryon migreront dans le corps de la future mère, qui les portera jusqu’à sa mort, et restera ainsi marquée à vie par la trace génétique de toutes les grossesses qu’elle a porté.
    C’est Eve qui dit « J’ai donné vie à un homme avec l’aide de l’Éternel » (Gn 4:1). C’est elle qui a un rôle central dans ce qui fait un homme, avec l’aide de Dieu. Adam, en réalité, n’y est pas pour grand’chose, plaisir d’amour ne dure qu’un instant. La paternité est une relation certes importante, mais construite (Pater is est quem nupti demonstrant) ; la maternité au contraire est une relation immédiate et essentielle (Mater semper certa est).
    Le drame de l’avortement n’est pas tellement la mort d’un être humain, mais avant tout la négation radicale par la femme de ce qui devrait être son devoir d’état sacramentel : participer à la création divine en donnant la vie. L’avortement peut à la limite laisser des tiers indifférents, mais il sera toujours un drame ontologique pour celle qui aurait dû être mère, parce que l’acte détruit son identité profonde.
    La question n’est pas tellement de sauver les enfants, mais bien de sauver la mère, parce que le lien qu’elle a établi avec son futur enfant est matériellement et psychologiquement indélébile, et qu’en le rompant, elle se détruit elle-même.
    Par ailleurs, à la limite, se focaliser sur l’enfant en occultant le rôle essentiel de la mère contribue à la négation de sa féminité: dans une société prétendument égalitaire, cette attitude est en réalité radicalement sexiste, détournant le regard de ce que la femme puisse avoir une essence spécifique dans la création…

    • Le problème de votre raisonnement est son caractère éminemment subjectif. La seule vraie rupture se situe au moment de la fécondation lorsque les deux cellules germinales de 23 chromosomes fusionnent pour en faire une de 46 chromosomes avec son patrimoine génétique unique. Toute la suite ne sera qu’un développement continu jusqu’à la mort de l’individu. Vous choisissez la nidification pour décider d’humaniser l’embryon. Tel autre choisira la détection des battements du cœur, l’apparition du système nerveux central, la viabilité en dehors de l’utérus… le Sénat du Maryland a publié un projet de loi visant à ne pas criminaliser l’infanticide dans le mois qui suit la naissance… pourquoi pas ! Même si ça n’est pas forcément le plus commode, le seul moment objectif ou se met à exister « quelque chose » qui n’existait pas avant ,c’est la fécondation ! À partir de là existe un nouvel être fragile et dépendant, certes (et non pas un être en devenir comme éventuellement le morceau d’appendice que vous évoquez). Encore une fois, le bon critère de raisonnement n’est pas ce qui nous simplifie la vie mais tout simplement ce qui est.

      • C’est techniquement inexact, et discuter de l’être au simple niveau des chromosomes est insuffisant. La fécondation peut conduire à une fission du “paquet de cellules” qui créé deux êtres (vrais jumeaux) au lieu d’un. Si la mère décide alors de faire un avortement sélectif pour n’en conserver qu’un, il n’y a pas de dol puisque le patrimoine unique des 46 chromosomes aura son développement???

        • Je ne mets pas la vie humaine dans le caractère unique du patrimoine génétique de la cellule fécondée mais dans son potentiel, par le biais d’un développement continu et sans rupture, à aboutir à un être unique (ou pourquoi pas deux êtres uniques avec le même patrimoine génétique, en cas de gemellité homozygote, si a lieu une division précoce) comme vous et moi. Si l’on ne met pas le début de la vie à la fécondation on peut le mettre n’importe où avec toutes les dérives que cela implique. Je comprends qu’un amas cellulaire (avant ou après nidation d’ailleurs) ne vous paraisse pas très humain ; à moi non plus sur le plan affectif. Mais intellectuellement je ne vois pas d’autre solution. Aujourd’hui vous pouvez placer votre cellule tirée d’un appendice dans un utérus, elle ne donnera jamais un homme. Le jour où l’on pourra cloner un être humain après dédifférenciation d’une de ses cellules on en reparlera… mais je pense que le même raisonnement pourra s’appliquer.

          • Des cellules humaines vivantes sont indiscutablement “humaines” et “vivantes”. Mais tuer de telles cellules n’est pas tuer un être humain. S’agissant d’un zygote?.. Hmmm… Dès aujourd’hui, en “gedankenexperiment”, si après une FIV on laisse le blastomère se développer un peu, puis qu’on le coupe en deux (générant potentiellement de vrais jumeaux) et qu’on en implante l’un des deux, qui finira nourrisson dans les bras de sa maman. L’autre est au congélateur. Quel sera son statut, sa qualification?
            Subjectivement, oui, chacun peut considérer / postuler que l’ovule et le blastomère sont sacrés car déjà humains dès le commencement, mais objectivement ce caractère sacré n’a pas de fondement indiscutable, et l’argument est indéfendable face à qui n’y adhère pas. Épistémologiquement c’est sans espoir, il n’est pas logiquement possible d’identifier une “essence humaine” à une “nature cellulaire” ni même à une “nature d’organisme” : ce sont des réalités d’ordre différents, irréductibles les unes aux autres, et postuler une correspondance ne peut qu’être arbitraire. Et ensuite, il n’y a pas de solution de continuité entre ledit blastomère et l’adolescent : dans tous les cas, sans soutien parental ils n’ont aucune chance de survie…
            Je suis parfaitement d’accord avec vous, “Si l’on ne met pas le début _de la vie_ à la fécondation on peut le mettre n’importe où avec toutes les dérives que cela implique.” Certes, si le critère doit être “une vie humaine” il sera nécessairement arbitraire (contestable) ou extrémiste (tout autant contestable). Et pour ceux qui refusent l’extrémisme, “quand les bornes sont franchies il n’y a plus de limite”, on débouche droit sur l’infanticide. On commence à y être.
            Mon analyse va plus loin que la simple question de “vie humaine”, indifférente pour les avorteurs : s’agissant spécifiquement d’un _avortement_ elle replace la mère au centre du débat. Et là, oui, il y a une limite franche et indiscutable : la nidification. Et une approche de philosophie naturelle tout autant défendable : de fait, c’est la relation mère-enfant qui donne au fœtus / blastomère son humanité, qui initialement n’est présente que dans le cœur de sa (future) mère. Physiquement, épistémologiquement, sacramentellement défendable.
            Replacer la mère au centre du débat permet de rappeler que l’Homme ne doit jamais être un “objet” (produit), mais est avant tout un sujet devant avoir (à terme, potentiellement) sa propre autonomie ; et que l’acte qui transforme l’objet-blastomère en sujet-futur-embryon est (matériellement) la nidification, et (sur le plan spirituel) le regard de la mère qui considère son enfant potentiel.
            Cette position là pose une limite franche, et est défendable, y compris face à des agnostiques.
            “Intellectuellement je ne vois pas d’autre solution”, certes, parce que pour le catholicisme la solution n’est pas intellectuelle mais sacramentelle : la perception de la mère (sacrement) est le signe qui relie l’amas de cellules à la nature humaine. Cette reconnaissance maternelle est essentielle, « J’ai donné vie à un homme avec l’aide de l’Éternel » (Gn 4:1). En logique sacramentelle : Sans ce regard, l’embryon n’est qu’une chose, le signe et objet extérieur, “sacramentum tantum”. Le caractère de personne humaine est le “res tantum”, cette chose mystérieuse qui doit être signifiée. Et la perception de la mère est “res et sacramentum”, acte sacramentel où le geste est effectué avec une intentionnalité qui en fait un « symbole », réunissant le geste et son effet spirituel. Par sa prise de conscience, la mère réalise sa liturgie sacramentelle propre, « J’ai donné vie à un homme avec l’aide de l’Éternel » (Gn 4:1).
            Après… Aujourd’hui vous pouvez essayer de placer votre blastomère dans un utérus artificiel, ça ne marche pas, il ne donnera jamais un homme. Le jour où l’on pourra développer un être humain à partir de cellules ad hoc on en reparlera… et ça donne froid dans le dos. Si une industrie devient capable de “produire” ainsi des organismes humains, que seront-ils réellement? Des produits? Des individus? Seront-ils issus d’un développement de seconde zone? S’il faut simuler l’environnement de la mère et des signaux physico-chimiques pour qu’ils se développent “normalement”, ne seront-ils pas issus d’un “menteur et père du mensonge”? Diable, diable…
            Merci pour ces interactions et bonnes réflexions.

  5. LA DOCTRINE DES DOUZE APOTRES
    Doctrine du Seigneur enseignée aux nations par les douze Apôtres.
    I. Il y a deux chemins : l’un de la vie, l’autre de la mort ; mais il est entre les deux chemins une grande différence.
    [2] Or le chemin de la vie est le suivant : « d’abord, tu aimeras Dieu qui t’a créé ; en second lieu, tu aimeras ton prochain comme toi-même ; et ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait, toi non plus ne le fais pas à autrui. »

    [3] Et voici l’enseignement signifié par ces paroles : « Bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour vos ennemis, jeûnez pour ceux qui vous persécutent. Quel mérite, en effet, d’aimer ceux qui vous aiment! Les païens n’en font-ils pas autant? Quant à vous, aimez ceux qui vous haïssent », et vous n’aurez pas d’ennemis. [4] « Abstiens-toi des désirs charnels » et corporels. « Si quelqu’un te donne un soufflet sur la joue droite, présente lui l’autre aussi, et tu seras parfait; si quelqu’un te requiert de faire un mille, fais-en deux avec lui ; si quelqu’un t’enlève ton manteau, donne-lui encore ta tunique ; si quelqu’un t’a pris ton bien, ne le réclame pas », car tu n’en as pas le pouvoir. [5] « Donne à quiconque t’implore, sans rien redemander », car le Père veut qu’il soit fait part à tous de ses propres largesses. Heureux celui qui donne, selon le commandement ! car il est irréprochable. Malheur à celui qui reçoit ! certes si le besoin l’oblige à prendre, il est innocent; mais, s’il n’est pas dans le besoin, il rendra compte du motif et du but pour lesquels il a pris ; il sera mis en prison, examiné sur sa conduite et « il ne sortira pas de là qu’il n’ait rendu le dernier quart d’as ». [6J Mais il a été dit également à ce sujet : « Laisse ton aumône se mouiller de sueur dans tes mains, jusqu’à ce que tu saches à qui tu donnes. »

    II. Deuxième commandement de la doctrine : [2] « Tu ne tueras pas, tu ne seras pas adultère, » tu ne souilleras point de garçons, tu ne commettras ni fornication, « ni vol, » ni incantation, ni empoisonnement ; “”tu ne tueras point d’enfants, par avortement ou après la naissance”” ; « tu ne désireras pas les biens de ton prochain. [3] Tu ne te parjureras pas, tu ne diras pas de faux témoignage », tu ne tiendras pas de propos médisants, tu ne garderas pas de rancune. [4] Tu n’auras pas deux manières de penser ni deux paroles : car la duplicité de langage est un piège de mort. [5] Ta parole ne sera pas menteuse ; pas vaine non plus, mais remplie d’effet. [6] Tu ne seras ni avare, ni rapace, ni hypocrite, ni méchant, ni orgueilleux; tu ne formeras pas de mauvais dessein contre ton prochain. [7] Tu ne dois haïr personne ; mais tu dois reprendre les uns, et prier pour eux, et aimer les autres plus que ta vie.

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