Bannière Salon Beige

Partager cet article

Pays : International

L’affaire Khashoggi, ou le cynisme occidental face à l’Arabie saoudite

L’affaire Khashoggi, ou le cynisme occidental face à l’Arabie saoudite

Analyse d’Antoine de Lacoste :

Depuis le début de l’affaire Khashoggi, ce journaliste tué dans les locaux du consulat saoudien en Turquie, l’Arabie saoudite a multiplié les mensonges. Après avoir affirmé que le journaliste était ressorti libre du consulat, elle a finalement admis, devant l’évidence, qu’il y était mort, mais à la suite d’une bagarre. On imagine, en effet, aisément, alors que le journaliste venait chercher des papiers lui permettant d’épouser une Turque, ce dernier cherchant à se colleter avec les barbouzes du consulat…

Personne ne croit à cette thèse et il semble évident que les deux jets ayant fait l’aller-retour Riyad-Istanbul le même jour transportant plusieurs membres des services secrets saoudiens se sont déplacés pour régler le cas Kashoggi.

Ce dernier était un islamiste convaincu, ce que l’on oublie un peu, et ses liens avec feu Ben Laden sont bien connus. Il était ensuite devenu proche des Frères musulmans, donc du Qatar, nouvel et récent ennemi de l’Arabie saoudite de Mohammed ben Salmane. Il semble que ce soit pour éviter de faire partie de la vague d’arrestations qui a frappé le royaume l’année dernière que Jamal Khashoggi avait préféré s’enfuir aux États-Unis. Il y comptait de nombreux amis, avait été fort bien accueilli et, depuis, réglait ses comptes avec le régime saoudien par de nombreux articles publiés dans le Washington Post.

Depuis cette disparition, le monde occidental est bien embarrassé. Si sourcilleux sur le respect des droits de l’homme quand il s’agit de la Syrie, de la Russie et maintenant, pourquoi pas, de la Hongrie, peut-il passer l’éponge aussi facilement sur ce qui s’apparente bien à un crime d’État ?

Alors, comme d’habitude, on fait semblant : Bruno Le Maire annule sa participation au « Davos du désert » prévu à Riyad mais cela « ne remet pas en cause le partenariat stratégique avec l’Arabie saoudite », Emmanuel Macron attend les résultats de l’enquête, le PDG de Thales annule également son déplacement mais, rassurez-vous, le patron de la branche spatiale sera bien là…

Ce qu’il y a de bien, avec Donald Trump, c’est qu’il ne se croit pas obligé de faire semblant. Ses récentes déclarations à Fox Business portent assez haut le cynisme assumé : « S’ils étaient au courant, c’est mauvais. S’ils ne savaient rien, des événements malheureux peuvent arriver. ». Certes, surtout dans un consulat… Il ajoute, finaud : « Nous voulons être malins. Je ne veux pas renoncer à 110 milliards. Il s’agit d’emplois. »

Son amitié pour Riyad est, d’ailleurs, assez ancienne. Ne disait-il pas, lors de sa campagne électorale : « Les Saoudiens, ils m’achètent des appartements. Ils dépensent 40, 50 millions de dollars. Je les aime beaucoup ! » On sait prévoir l’avenir, à Riyad.

La flagornerie occidentale vis-à-vis de l’Arabie saoudite est très ancienne, et cette affaire ne remettra pas en cause une servilité si éprouvée.

Elle embarrasse toutefois le roi Salmane Al Saoud, qui a écarté des cercles du pouvoir deux proches du prince héritier Mohammed ben Salmane. De plus, un des membres des services secrets saoudiens, le lieutenant Saad al-Bostani, présent au consulat, vient de mourir opportunément d’un accident de voiture à Riyad. Mohammed ben Salmane doit comprendre qu’il ne faut pas faire n’importe quoi.

Mais que l’on se rassure : quoi qu’il arrive, au Proche-Orient, les gentils sont Israël et l’Arabie saoudite et les méchants les Iraniens et les Syriens. Ainsi en a décidé la grande Amérique.

Nous vivons un changement civilisationnel dont le moteur est culturel. La famille dite traditionnelle - qui est simplement la famille naturelle - diminue massivement en nombre et en influence sociale. Le politique est de plus en plus centré sur la promotion de l’individualisme a-culturel, a-religieux et a-national. L’économique accroît des inégalités devenues stratosphériques et accélère et amplifie le cycle des crises. L'Église est pourfendue; clercs et laïcs sont atterrés.

Une culture nouvelle jaillira inévitablement de ces craquements historiques.
Avec le Salon Beige voulez-vous participer à cette émergence ?

Le Salon Beige se bat chaque jour pour la dignité de l’homme et pour une culture de Vie.

S'il vous plaît, faites un don aujourd'hui. Merci

On ne lâche rien, jamais !

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

Partager cet article

1 commentaire

  1. Pour les Etats-Unis, ou plutôt ses banquiers et hommes d’affaires (y en a un à la Maison Blanche…), le seul critère est l’argent ! On peut faire du “business” avec le diable en personne si c’est rentable ! Toute autre considération est inutile voire malvenue…

    Avec les ricains, il faut toujours avoir cela en tête !

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Privacy Settings saved!
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Cookies nécessaire au bon fonctionnement du site.
  • wordpress_logged_in
  • wordpress_sec
  • wordpress_test

Refuser tous les services
Accepter tous les services

Allons-nous laisser la culture de mort triompher ?

JAMAIS

Aidez le Salon beige à préparer les prochains combats pour la loi de bioéthique