Un sondage indique que la moitié des personnes interrogées souhaite se faire incinérer et l’autre moitié être inhumer.
Le développement accru de cette pratique qui consiste à brûler le corps du mort s’inscrit dans la logique du mépris dans lequel est placé le corps depuis quelques décennies.
Quand on considère le corps comme objet de jouissance et non d’amour,
comme un objet de flatter son orgueil et non comme un moyen pour servir,
comme sa propriété privée et non comme un don de Dieu,
alors on méprise son corps, le corps, le sien comme celui de l’autre et peu importe ce qu’il devient après la mort.
Mais quand on regarde le Christ, quand on contemple sa Résurection avec son vrai corps et l’Assomption de Marie avec son corps glorieux, on comprend mieux ce que l’on confesse en disant que l’on croit "à la résurrection de la chair" et ce que cela implique.
Et lorsque l’on rend son âme à Dieu, laissons humblement le corps, temple de l’Espit Saint et touché par Dieu dans les Sacrements, finir sa route selon les lois que Dieu a instaurées Lui-même dans Sa création.
C’est pourquoi l’Eglise s’est toujours opposée à cette pratique :
– Le Code de droit Canon (can 1203 par 1 et 2, 1240) dit bien qu’"il n’est pas permis d’éxecuter la volonté de quiconque a ordonné d’incinérer son corps".
– Le Pape Léon XIII ordonna aux évêques de "donner aux fidèles les enseignements opportuns touchant le détestable abus de la crémation" tolérée par l’Eglise en période de guerre ou d’épidémie.
Ce problème est intimement lié au regard que nous portons sur la mort. Serviam nous propose une belle approche catholique de la mort et du respect du corps.


Renaud
Message très instructif pour moi, car je n’ai jamais évoqué ce sujet avec un prêtre.
En revanche, je trouve particulièrement profonde, mystérieuse et joyeyse la réurrection de la chair : c’est bien elle qui est sauvée par le Christ fait homme, quelle destinée glorieuse pour de simples créatures !
LJ
Il est regrettable que le canon de l’actuel Code de Droit Canon qui traite explicitement de l’incinération (1716 §3: “L’Eglise recommande vivement que soit conservée la pieuse coutume d’ensevelir les corps des défunts ; cependant elle n’interdit pas l’incinération, à moins que celle-ci n’ait pas été choisie pour des raisons contraires à la doctrine chrétienne”) ne soit accessible que dans l’article du site Serviam, alors que votre message fait référence à deux canons, où la mention de l’incinération ne se trouve pas (à moins qu’il ne s’agisse de canons du code de 1917, ce qu’il serait alors bon de mentionner).
Ce canon 1716 §3 ne contredit d’ailleurs pas – au contraire – la pointe de votre message, c’est-à-dire le déni de la mort, dans la société actuelle. C’est une question pastorale à laquelle nombre de prêtres se trouvent confrontés.
Question pastorale… et non pas d’abord “doctrinale”, comme semble l’insinuer le texte de Serviam, auquel vous renvoyer, sans remarque. Il me semble que l’introduction de la possibilité de l’incinération dans le Code ne dénote pas une évolution en soi de la doctrine de l’Eglise, mais indique la prise en compte de réalités culturelles autres que celles de l’occident (notamment en Orient). S’il y a alors – et il y a… – une question de doctrine, elle est celle, non pas du déni de la mort qui se serait insinué dans l’enseignement ordinaire de l’Eglise, mais celle-ci : la nécessaire conversion des cultures à la révélation.