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Bioéthique

La culture de mort eugéniste s’attaque aux nourrissons

Citation de la dépêche AFP :

"Un rapport de l’Académie de médecine recommande d’éviter l’acharnement
thérapeutique
pour grands prématurés dans certains cas, évoquant ainsi
les limites de la réanimation, en soulignant les risques de séquelles
pour les enfants
".

Passage du rapport en question :

"Si les conditions sont réunies, il faut tout
tenter pour sauver la vie d’un tel prématuré, mais il n’est pas
acceptable de s’acharner de façon déraisonnable à sauver cette vie, si
les traitements entrepris viennent à être disproportionnés par rapport
au bénéfice attendu en termes de durée et de qualité de vie
".

Ce n’est pas la vraie définition de l’acharnement thérapeutique :

"Il arrive qu’un patient soit dans un tel état que les médecins ont la certitude qu’il va mourir. Face à cette certitude se pose le problème de l’acharnement thérapeutique. Celui-ci consiste à soumettre le patient à des examens ou traitements fastidieux et coûteux dont le but est de prolonger quelque peu sa vie" (Lexique des termes ambigus et controversés du Conseil Pontifical pour la Famille, p. 41).

La dépêche reprend le glissement sémantique de l’Académie de médecine, qui peut induire en erreur nombre de catholiques, car l’Eglise, à certaines conditions sine qua non, cautionnent l’arrêt de l’acharnement thérapeutique (ib. p. 42).
Mais voilà, dans les cas évoqués par l’Académie de médecine, il n’y a aucune certitude de mort pour les nourrissons, mais seulement des risques de séquelles qui "restent importantes et se maintiennent entre 15 à 20% des prématurés survivants". La seule motivation de l’acharnement thérapeutique dans ce rapport s’inscrit en terme d’investissement ("bénéfices attendus").

En clair, la problématique de l’Académie de médecine est
: vu l’état dans lequel ils vont survivre, vu les handicaps qu’ils peuvent porter, faut-il s’acharner pour de tels enfants?
Sa réponse est non au regard de ses intérêts.
Celle du catholique est oui à la lecture de l’enseignement de l’Eglise, car les conditions sine qua non ne sont pas réunies et donc parce que toute vie vient de Dieu et vaut d’être vécue, tout simplement. Sinon, on est un criminel.

Lahire

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4 commentaires

  1. Cher Lahire,
    j aime la vie et suis catholique, mais je ne partage pas tout à fait votre analyse.
    Avez-vous déjà vu un service de réanimation en néonat?
    De tous petits êtres intubés, qui ne sont maintenus en vie que par des machines. Je ne vois pas en quoi cette situation est différente de celle d un adulte.
    Ces petits font des apnées, le cerveau déjà soumis à la pression atmosphérique est facilement sujet aux hémorragies. Les poumons ne sont pas mûrs et contribuent au manque d oxigénation du cerveau.
    Quand l enfant ne doit sa vie qu à des machines, on peut effectivement parler d acharnement thérapeutique, non?
    A moins qu une dimension m échappe dans ce rapport.

  2. Deux conditions sine qua non de l’Eglise :
    – Certitude de la mort;
    – Plus rien n’est à faire pour traiter la maladie entraînant la mort.
    L’ouvrage cité parle également des nouveaux-nés en p. 44 et précise qu”à ses petits patients s’appliquent les mêmes principes éthiques que ceux qui valent pour les adultes”.
    Cet ouvrage dit même que, dans certains cas, l’acharnement thérapeutique est immoral. Donc, je ne défends pas l’acharnement thérapeutique, je dis seulement que les motifs prônés par ce rapport pour cesser l’acharnement sont irrecevables pour l’Eglise.

  3. monsieur,
    ma soeur et moi avons été de grands prématurés malades. J’ai subi une exsanguino transfusion.Je vous passe les détails.Nous avons fait toutes les 2 une grande école. Les médecins avaient bien sur predit des séquelles…mes parents se sont accrochés.Le vocabulaire sur l’acharnement thérapeutique est trompeur.J’ai l’impression à chaque fois de subir une condamnation à mort.Par pitié, faites attention à ces mots là !! nous avons echappé a la mort de justesse.Oserez vous me dire en face que nous n’aurions pas du vivre ?mais la vie a gagné : ma soeur a été contaminée à l’hépatite C lors de sa tranfusion, elle a subi un traitement épouvantable, elle est apparemment guérie et attend un bébé !!!

  4. Je n’ai pas été grande préma, mais je pourrais comme tout un chacun être confrontée à cette situation, et puis je ne fait pas de différence entre un être d’une seconde et celui de 150 ans.
    Je ne dis pas que telle vie vaut mieux la peine d’être vécue que telle autre, je dis que maintenir un être en vie malgré la nature n’est pas moral.
    Je me pose la question : de qui veut-on le bien?

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