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France : Politique en France

La victoire de la gauche à la présidentielle et aux législatives doit susciter à la fois tristesse et (juste) colère

Tristesse, parce qu'elle ouvre la voie à la dénaturation du mariage et à la légalisation de l'euthanasie.

FMême pour les partisans du droit naturel, il est difficile de mesurer la gravité de ces deux ruptures civilisationnelles. L'expérience de pays ayant déjà franchi ces pas doit pourtant nous alerter. 

La redéfinition fallacieuse du mariage conduit partout à une régression effrayante de la liberté religieuse et de conscience, et l'adhésion à la nouvelle définition y devient obligatoire (que l'on pense à la situation d'un maire catholique, obligé de célébrer une parodie de mariage).

Les expériences belge et hollandaise, notamment, montrent à quelle vitesse la mentalité de l'euthanasie, d'un "droit", devient rapidement un "devoir" et s'étend d'année en année (aux infirmes, aux enfants incurables, aux blessés de l'intelligence).

Il sera du devoir des catholiques de combattre ces lois – non en espérant en bloquer le passage (ce ne sera pas possible), mais en posant les bases de leur abrogation future. Il s'agira avant tout de mettre en place les structures et les arguments qui, dans cinq ans ou davantage, permettront un retour à la loi naturelle.

Generation-anti-pacsA ce titre, la mobilisation contre le PACS – quoique très méritoire, et tactiquement très réussie - est stratégiquement un exemple à ne pas suivre, puisqu'elle n'a debouché sur aucune remise en cause lors de l'altenance de 2002, trois ans après.

Dans le cas de la redéfinition du mariage, une piste a été par exemple évoquée sur votre blog: celle de délégitimer la nouvelle loi en arguant (à juste titre) qu'un tel changement sociétal ne peut pas se faire par simple voie parlementaire, mais mérite un référendum.

Comme lors de la loi Veil, une tentation pour les catholiques pourra être de chercher à insérer dans ces lois des clauses atténuant leur nocivité – par exemple, dans le cas du mariage, des clauses de conscience. De telles clauses sont souhaitables, mais pas au prix de la compromission des catholiques, ou de leur acquiescement tacite de ces lois, d'autant que l'expérience d'autres pays occidentaux (et, chez nous, de la Loi Veil) montre l'érosion que subissent rapidement de telles clauses.

De même, l'idée est déjà évoquée d'un découplage entre le mariage religieux et le mariage civil (notamment de la dénonciation ou de l'abrogation de l'article 433-21 du code pénal) en conséquence de la dénaturation de ce dernier. Une telle mesure peut être souhaitable, mais ne dégagera en rien les catholiques de leur devoir de s'opposer activement à cette dénaturation.

En tout état de cause, même si "seule l'inaction est infâmante", il sera de notre devoir de chercher non pas à mener un "baroud d'honneur", mais, à être efficace et à viser un retour à des lois justes. Comme pour l'avortement, ces lois, tant qu'elles ne seront pas abrogées, demeureront des plaies purulentes auxquelles les catholiques ne pourront jamais acquiescer ni jamais se résigner.

 

Colère, parce que cette victoire n'était en rien inéluctable.

Les droites sont en effet majoritaires en France, et leur défaite est un scandaleux gâchis.

Contrairement à l'adage, la défaite de la droite est loin d'être orpheline: en portent une part de responsabilité à la fois

  • les gouvernements Fillon-Sarkozy qui ont méprisé leur électorat pendant la majorité de leur mandat;
  • la direction du Front national qui n'a pas mesuré l'impact d'une victoire de la gauche – ni la fenêtre historique qui s'est ouverte avec le recentrage vers la droite de l'UMP ces derniers mois;
  • la direction de l'UMP, enfin, qui n'a rien fait pour gagner les législatives – ni programme de gouvernement de cohabitation, ni normalisation avec le FN. Comme si une victoire eut gêné les ambitions de chacun pour 2017.

Philippe de Villiers décrivait jadis le peuple de droite comme "polytraumatisé". Les enquêtes montrent que les électeurs des deux partis en ont assez de la "machine à perdre". Par la faute de leurs dirigeants, ils viennent de subir un choc de plus, et non des moindres.

D'un point de vue électoral et partisan, les clefs du succès pour l'avenir restent manifestement les mêmes qu'avant ces élections. Une entente entre l'UMP et le FN en est un élément indispensable, faute de quoi ces deux partis continueront à souffrir des fameuses "triangulaires", mais aussi et surtout de mauvais reports de voix dans l'ensemble des circonscriptions.

Comment une telle entente peut-elle être envisagée? On entend les adversaires d'accords dire qu' "une alliance est impossible" (et citer le plus souvent les divergences sur l'euro, la priorité nationale, la peine de mort, l'avortement).

Certes, des divergences sont réelles (mais on pourrait trouver à y redire: faut-il estimer que l'euro ou la loi Veil sont des succès pour avoir sa place à l'UMP ?). Elles sont toutefois du même ordre que celles qui séparaient naguère l'UMP du MPF, ce qui n'a pas empêché, sinon une "alliance" (avec ministres MPF au gouvernement, par exemple), du moins une entente au moins au niveau local et au 2e tour des élections nationales. A ce titre, le modèle pourrait être celui des relations à gauche dans les années 1960 plutôt que celui d'après le "programme commun" de 1972.

La situation actuelle d'ostracisme doctrinaire de l'UMP vis-a-vis du Front national est en tout cas une situation artificielle, et donc un équilibre instable. Elle continuera de ce fait de hanter ce parti et de brouiller son message à l'approche de chaque élection – et pire, entre les deux tours. La seule issue pour l'UMP est de trouver avec le FN une entente qui soit le reflet de leurs convergences et de leurs différences programmatiques réelles et non fantasmées.

UMalheureusement, l'UMP semble prendre le chemin inverse. Sa "vieille garde" chiraquienne, appuyée par les médias, tente de rendre responsable de leur échec la prétendue "droitisation" du parti sous Nicolas Sarkozy. Ils oublient que c'est la politique centriste de ce dernier pendant les deux premiers tiers de son mandat qui a été sanctionnée, et que sa campagne -  bien plus à droite que son bilan – lui a fait rattraper 20 points d'écart sur M. Hollande en six mois.

Un des grands enjeux de l'année à venir est le Congrès de l'UMP en novembre 2012. On peut espérer qu'il sera l'occasion d'une démocratisation de ce parti, qui contribuerait à atténuer le décalage entre sa direction d'une part, ses militants, adhérents et électeurs de l'autre. S'il y a peu à espérer de l'élection du président du parti – une logique d'écuries peu propice au débat d'idées – la création de courants (appelés "mouvements") peut offrir une opportunité pour que ses familles d'idées convervatrices voient leur légitimité renforcée par le soutien des adhérents.

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26 commentaires

  1. Le mariage homosexuel ne peut-être qu’un simulacre du mariage hétérosexuel…

  2. Excellente analyse
    Vous avez tout compris !
    Continuez à nos éclairer et formuler les vérités fondamentales
    qui sont à l’origine de notre désastre électoral : Depuis 40 ans ,on nous serine que nous avons la droite la plus bête du monde
    Amitiés J.M.

  3. Merci de bien vouloir noter cette esquisse de proposition de dialogue catholique et civique …
    http://cril17.info/

  4. “… un tel changement sociétal ne peut pas se faire par voie parlementaire, mais par référendum…” écrivez-vous.
    Effectivement, on peut penser que le bon sens de nos concitoyens l’emporterait… Mais c’est cependant aller un peu vite en besogne et faire fi de toute la force de nuisance des médias, de l’éducation nationale devenue une formidable machine de formatage au politiquement correct, de toutes les associations subventionnées qui œuvrent à faire passer le message auprès de leurs publics respectifs avec l’argent du contribuable. Et puis, l’on peut craindre de nos démocrates auto-proclamés un processus semblable à celui employé en d’autres pays : ramener la question devant les électeurs tant que ceux-ci n’auront pas donné la réponse attendue ; puis, une fois la bonne réponse apportée, le sujet devient tabou, les droits acquis “de haute lutte”, même s’ils sont immoraux, ne pouvant être remis en cause.
    Quant à l’UMP, rien à espérer : ses cadres sont, pour une bonne part, formatés au socialisme en matière de mœurs. Le candidat de ma circonscription n’a même pas eu la politesse de répondre au questionnaire de Catholiques en campagne que je lui avait adressé (ni même d’en accuser réception). Ces gens-là ont une conception bien particulière du dialogue ! Quant au courage, ils prennent exemple sur “le meilleur d’entre eux”, le repris de justice Alain Juppé, spécialiste de la fuite en rase campagne, ce qui est tout dire ! Et les plus solides, les plus valeureux (Christian Vanneste, Jacques Remiller, Jean-Marc Nesme…) ont été renvoyés par leurs électeurs. Bien minable, tout ceci !
    Ils ne nous reste plus que la petite fille Espérance, mais elle est bien forte. “Gardez courage ! J’ai vaincu le monde” (Jn, 16,33).

  5. La victoire de la gauche en 2012, tout comme la victoire de la droite en 2007, devrait surtout susciter chez les français l’envie de prier pour leur pays, parce que plus le temps passe, plus il s’éloigne des commandements de Dieu.

  6. Faut il adhérer massivement à l’UMP pour tenter de peser dans les elections internes de novembre?

  7. On a les chefs que l’on mérite.

  8. Excellent texte.

  9. Ce texte est excellent. Il dit exactement ce qu’il faut faire, même quand on sait qu’on ne gagnera pas, mais avec l’objectif de préserver l’avenir.
    Très lucide, couvrant tout le sujet. Merci.
    En histoire, bien des décrets “pour l’éternité” ont été abolis ou revus. Mais effectivement cela peut prendre beaucoup de temps. En témoignent les alliances internationales…

  10. @jpr: en effet, je constate que pour des gens qui ont eux-mêmes une vie conjugale parfaitement “normale”, il n’y a absolument rien à redire à la “cause homosexuelle”: on nous parle de droits acquis au prix de luttes et de souffrances (toute une mythologie qu’on se raconte et qui commence dans des bars de San Francisco, quand être homosexuel était un crime), et on nous conseille d’emmener nos enfants à la gay pride pour son côté hyper festif.
    Expliquer les changements anthropologiques qu’on nous prépare à tous ces gens-là? Il faudrait de longues années devant nous!
    Que donnerait un referendum quand toute la presse et toute la télévision sont acquises à la cause homosexuelle?

  11. Très bonne analyse mais les solutions sont recherchées avant tout sur le plan politique comme l’espoir régulièrement déçu d’une entente entre UMP et FN.
    La solution, comme les marxistes l’ont depuis longtemps compris, se trouverait plutôt dans un noyautage des média, une infitration par des chrétiens bien formés des centres de diffusion de la culture dominante, de vrais organisations de parents chrétiennes dans l’Education Nationale etc..
    C’est ce qu’ont fait les marxistes depuis 68 avec des résultats spectaculaires et sans tout miser sur des accords politiques (ce qui ne veut pas dire qu’il faille négliger cet aspect des choses).
    [Les 2 actions ne sont pas contradictoires. Nous nous focalisons ici sur l’action politique. L’action médiatique et culturelle existe par ailleurs. MJ]

  12. Très bon texte, et d’accord également avec jpr | 19 juin 2012 10:58:48
    “Les enquêtes montrent que les électeurs des deux partis en ont assez de la “machine à perdre”. Par la faute de leurs dirigeants, ils viennent de subir un choc de plus, et non des moindres.” : la “machine à perdre”, c’est d’abord l’incurie des dirigeants UMP quand ils ont le pouvoir.
    Les fameuses “triangulaires” sont antidémocratiques, mais Sarkozy pensait les gagner.
    @ Margay | 19 juin 2012 11:17:27
    “Faut il adhérer massivement à l’UMP pour tenter de peser dans les elections internes de novembre?”
    OUI !
    Mais y aura-t-il un candidat conservateur ? (Guoasguen, Mariton…)

  13. Cette analyse est réalisée du point de vue comme toujours assez étroit de la lorgnette du F.N. Car ce n’est pas la question de l’euro et la loi Weil qui séparent le FN de l’UMP, car il y a à l’UMP, comme au PS des gens qui ont voté contre le traité de Maastricht et d’autres qui considèrent toujours l’avortement comme un épouvantable échec.
    Le vrai problème du FN, c’est le FN lui-même. Il reste infréquentable, non pas à cause des questions légitimes qu’il pose et que ses électeurs reprennent justement à leur compte, mais à cause du fond (et de la forme trop souvent haineuse) des réponses qu’il apporte à ces légitimes questions. Son programme économique est une vaste fumisterie, la préférence nationale est devenu un non sens, l’immigration zéro est une gageure et le refus de l’étranger est honteux. Oui, il faut reconstruire la droite, (et en ce sens, je partage la conclusion de cet article) mais c’est faire preuve d’une erreur d’analyse et d’une méconnaissance de l’histoire et de la tradition politique de notre pays que de considérer que cette reconstruction peut se faire à partir des extrêmes. Même si je fais partie de ceux qui considèrent que le FN doit pouvoir continuer d’exister comme parti démocratique (contrairement au Front de Gauche qui veut détruire la démocratie) et qu’il est proprement scandaleux que le FN n’ait que deux élus alors qu’il représente plusieurs millions d’électeurs, il reste cependant qu’étant de droite et ne me reconnaissant absolument pas dans ce “machin” devenu “machine à perdre” qu’est l’UMP, je ne pactiserai jamais avec l’extrême-droite pour rebâtir une vraie droite française, justement parce qu’elle est extrême et incapable de se remettre en cause et donc d’évoluer.
    [Mai sen quoi serait-il “extrême” ? Nous ne le saurons pas. Il faut peut-être sortir des fantasmes. MJ]

  14. “Au micro de RMC, la « GG » Collard -qui a présidé, durant toute la campagne présidentielle, le comité de soutien à la candidate Marine Le Pen, et s’est présenté à la députation sous l’étiquette du « Rassemblement Bleu Marine »- a d’abord confirmé qu’il n’entendait pas adhérer au FN. Motif: « Je suis contre la peine de mort et pour la loi Veil » (sur l’avortement, NDLR).
    Ensuite, l’avocat -qui se veut, il le dit, l’homme des « passerelles » entre la droite et le FN- a expliqué qu’il n’aurait jamais été élu dimanche « sans les voix des électeurs et électrices de l’UMP ». Sous-entendu à l’intention des militants FN: là est le chemin, suivez mon exemple. Le nouveau député du Gard va d’ailleurs plus loin, évoquant la « mission » qui serait la sienne: tendre la main aux gaullistes comme aux chevènementistes.
    Prêt à voter avec la gauche
    Enfin, Gilbert Collard -avec qui Marine Le Pen s’est (amicalement et politiquement) affichée ces six derniers mois- refuse par avance toute stratégie d’obstruction systématique: « Je veux faire du patriotisme législatif, martèle Collard au micro de RMC.”
    http://www.francesoir.fr/actualite/politique/fn-gilbert-collard-defie-jean-marie-le-pen-238127.html

  15. De toute façon, si “la droite” revenait au pouvoir, elle ne serait même pas fichue d’abroger ce que “la gauche” aura fait. Il suffit, entre autres, de voir les subventions octroyées, de par nos impôts, à certains collectifs…

  16. A MJ sur son commentaire :
    [Mais en quoi serait-il “extrême” ? Nous ne le saurons pas. Il faut peut-être sortir des fantasmes. MJ]
    Mon point de vue ne comporte aucun fantasme et ne s’appuie que sur des faits, des gestes, des écrits et des paroles.
    Quant à votre question, le fait même qu’elle soit ainsi posée me semble démontrer, à tout le moins, une certaine incapacité à discerner et à juger raisonnablement (au sens qu’en donne Benoît XVI dans « Caritas in Veritate ») de la position réelle du curseur « FN » sur le potentiomètre des idées.
    Enfin, parce que la politique ne doit pas se limiter seulement aux discours mais aussi à l’action, une véritable capacité à gouverner se mesure notamment à l’envie qu’on en montre et aux compromis (j’écris bien compromis et non compromissions) que l’on est capable de faire afin de construire les alliances sans lesquelles ce but ne sera jamais atteint.
    Or, force est de reconnaître que « l’ostracisme doctrinaire » vivement reproché à l’UMP dans cet article fait largement sourire, quand on connaît le peu de capacité d’ouverture dont font preuve les dirigeants du FN dans ce domaine, qui fait largement douter de leur réelle envie de gouverner.
    Bien fraternellement quand même !
    [Vous n’apportez aucune réponse pour étayer votre accusation d’extrêmisme. Pour “l’incapacité à discerner et à juger raisonnablement”, vous êtes maître. MJ]

  17. Outre le fait que la famille est la base de toute société et que l’Etat a le devoir de l’aider et non celui de lui dicter sa conduite, sous peine d’attenter aux libertés, il convient de souligner que pour que le caractère arbitral de la plus haute fonction de l’Etat soit affirmée, il faut que le droit positif reconnaisse un droit moral qui lui soit supérieur. Ce droit naturel ne peut être laissé à l’appréciation des consciences individuelles, obscures et aléatoires. Il doit s’appuyer sur une tradition morale, que l’on peut opposer à l’arbitre lui-même. Sans loi morale, l’arbitre devient arbitraire. Le législateur et le gouvernement, surtout s’ils prétendent représenter le peuple, doivent reconnaître cette loi morale. En s’imaginant délié de toute loi qui leur serait supérieure, ils entretiennent une illusion qui conduit souvent au totalitarisme.
    PGC
    Alliance Royale

  18. S’il est permis de rebondir – selon l’expression en usage – sur le débat ouvert par Fredo44, et à son attention :
    pourriez-vous nous dire SVP si sortir de la boîte logique de la République, c’est être ” extrême ” ou “extrême-droite ” ou être toute autre expression ” extrême …” à votre convenance ?

  19. Pour Cril17 : un extrême ou une valeur extrême se définit en référence à une moyenne ou une médiane (en statistique) à un milieu ou à un centre (s’agissant d’une figure géométrique).
    En tout état de cause, il faut pour qualifier une chose d’extrême un référentiel, ou alors nous tombons dans le relativisme.
    Je ne pense pas devoir préciser plus ma pensée, je pense que vous aurez compris comment alors se définit le terme « extrême droite » dans cette acception.
    S’agissant du débat qui nous occupe, et en application du principe de réalité, il m’apparaît évident que le référentiel en matière d’institutions politiques dans lequel nous nous situons est bien celui de la Vème République…
    Sortir, comme vous paraissez vouloir le suggérer, de cette « logique » c’est ouvrir un tout autre débat, et il conviendrait alors, pour que nous nous comprenions tous, de définir le référentiel dans lequel ce débat doit se tenir, faute de quoi, il n’y a plus ni gauche, ni droite, ni centre, ni extrême.
    Souvenez-vous de la Révolution française (si tant est que celle-ci soit un souvenir, car je fais partie de ceux qui considèrent au contraire qu’elle n’est pas terminée…) : ce qui était à droite le Primidi au matin, se retrouvait à gauche le Quintidi après-midi….et la guillotine mettait tout le monde d’accord à l’aube du Sextidi…
    Je prends un autre exemple, que « PGC » illustre très bien par son commentaire (situé juste au dessus du vôtre):
    En prenant le soin de préciser qu’il appartient à l’Agence Royale, il me semble que PCG pose clairement le postulat que son commentaire se situe dans un tout autre référentiel, et en tout cas en dehors du référentiel républicain.. . Son propos est certes décoiffant, mais est-il extrême pour autant ? Pas forcément, car autant je pense que son raisonnement est faux (et je lui conseille vivement de relire attentivement le remarquable discours que Benoît XVI prononça au Bundestag en Septembre 2011 afin de ne pas se tromper lourdement dans sa critique du positivisme lorsqu’il réduit la Raison créatrice de Dieu à une simple « tradition morale »), autant on ne peut lui faire (encore) de procès pour extrémisme, puisqu’il ne dit rien sur les moyens à mettre en œuvre pour mettre en place cette « loi morale » (Brrr… !).
    Bien à vous.
    [Vous mésestimez un fait : le terme “extrême” est utilisé comme un hochet pour déconsidérer l’adversaire politique. C’est en ce sens dégradant qu’il est utilisé la plupart du temps. Ce que nous refusons à faire ici.
    Idem pour les termes “ultra” comme ultradroite ou ultracatholique, etc.
    MJ]

  20. Non, il faut s’en réjouir, car cela nous rapproche de notre résurrection qui doit venir après de violentes tribulations (cf Fatima et Marthe Robin) Au moins les tribulations vont s’accélérer et la résurrection de l’Eglise en france et de la France vont aussi s’accèlérer.

  21. A MJ sur son commentaire :
    [Vous mésestimez un fait : le terme “extrême” est utilisé comme un hochet pour déconsidérer l’adversaire politique. C’est en ce sens dégradant qu’il est utilisé la plupart du temps. Ce que nous refusons à faire ici.
    Idem pour les termes “ultra” comme ultradroite ou ultracatholique, etc.
    MJ]
    Ces termes sont faciles et réducteurs, j’en conviens, mais dans une société où la culture politique dominante est de gauche, que ce qui est appelé la droite a failli et ne porte plus les valeurs de la droite, les termes « extrême droite » ou « ultra droite » sont utiles pour faire la part des choses. Le FN lui-même déclare ne rien avoir en commun avec le reste de la droite qui, selon lui, n’est pas la droite… Allez y comprendre quelquechose !
    Quant au terme « ultracatholique », avouez quand même que dans un pays où le laïcisme est érigé en religion d’état, il devient difficile pour un néophyte non initié de faire la différence entre ce qui est quand même une belle spécificité française : un catholique « romain », un catholique « traditionaliste », un catholique « intégriste », un « papiste », un « lefebrviste », un catholique partisan de la violence contre les oeuvres dites “artistiques” et un catholique qui vient seulement prier devant….bref tout ce qui fait la joie de nos querelles fratricides de catholiques bien franchouillards !
    Bref, vous vous plaignez d’être déconsidérés, mais à qui la faute ? N’est-ce pas à la droite elle-même dans son ensemble ?
    Souvenez-vous de cet adage de droit romain : « Nemo auditur propriam turpitudinem allegans ».
    [Justement, nous n’avons pas à reprendre le langage des “néophytes non initiés”. Ce que vous appelez “extrême droite” revendique plutôt l’appellation “droite nationale”. MJ]

  22. Il serait etmps que Fredo44, et bon nombre de comptempteurs de l’UMP avec lui, cessent le ridicule de la diabolisation indigne contre le FN.
    Le FN n’est pas plus extrémiste que l’UMP, moins même si l’on considère par exemple la politique étrangère: alors que le FN prône une saine défense “nationale”, recentrée sur lea défense du territoire et des Français, l’UMP prône l’interventionisme outranicer et aventureux, de l’Afghanistan à la funeste campagne de Lybie. Qui avance les solutions les plus extrémistes et va-t-en guerre? Sûrement pas le FN.
    De même, le programme économique du FN, directement inspiré de la doctrine protectioniste du prix Nobel Maurice Allais, est de simple bon sens, conforté chaque jour davantage par l’échec de l’Euro et le totalitarisme de l’union européenne.
    A l’inverse, l’UMP prône une fuite en avant dans l’accroissement indéfini de la dette française…au profit des pays déjà pratiquement sortis de l’euro comme la Grèce. Au risque de précipiter les Français dans le gouffre. Qui propose les solutions les plus extrémistes? les plus irresponsables? certainement pas le FN.
    Le problème de l’UMP, c’est que c’est un parti hétéroclite, monté de toutes pièces à la faveur de l’élection de Bokassa, pardon Chirac, en 2002, sans colonne vertébrale, sans programme ni idée…sinon le mondialisme le plus détestable.
    L’UMP telle qu’elle est aujourd’hui est une imposture, vouée à court terme à l’échec.
    De toutes façons, sans le FN, l’UMP ne gagnera plus rien et restera dans l’opposition pour 30 ans.
    Je ne la pleurerai pas.
    Seules m’attristent la suffisance des dirigeants de l’UMP et la tromperie permanente qu’ils représentent face au peuple. Mais je suis certain que les militants UMP feront eux-mêmes le mange et que ce parti fumiste se scindera en 2 d’ici 6 mois, avec une majorité favorable à un rapprochement avec le FN.

  23. Le problème, c’est que le FN ne se définit pas lui-même à droite !
    MLP est anti-libérale cad anti économie de marché qui est mondiale aujourd’hui, anti- européenne, quand c’est en Europe que nous trouvons nos meilleurs alliés- pratiquement tous à droite. L’économie n’est plus nationale car pour la plupart des entreprises l’Europe est un marché domestique aujourd’hui,le marché ‘étranger’
    étant le monde hors l’UE etc etc
    Si le FN comprenait cela, il deviendrait un parti de droite; tel qu’il est aujourd’hui, c’est plutôt un parti national de gauche.

  24. @ Fredo44
    Pourquoi érigez-vous en dogme votre référentiel comme étant celui que tout le monde devrait avoir ?
    La plupart des gens subissent le dogme de la Ve république…
    Quant à la subtilité de l’extrémisme du FN – qui depuis Marine prône plutôt une politique de… gauche… dans votre référentiel républicain – il est donc à revoir.
    Citer Benoit XVI et en même temps rejeter que la référence de la société doit être immuable (comme le souligne PGG) et est donc celle du Christ pour les catholiques est… très fort.
    LA vérité est que vous êtes empreint de dialectique marxiste – ou plutôt révolutionnaire, le premier n’étant qu’un avatar du second – sans même vous en rendre compte…
    Cela me rappelle le mouvement Liberté Politique : des œillères républicaines. Sorti de ce credo, nulle solution n’est envisageable… Autant dire qu’on cherche à sortir d’un trou en prenant un soin maladif à ne surtout pas lever la tête !
    Rassurez-vous, vous partagez cela avec bien des gens, y compris Marine Le Pen et tous ses soutiens ici qui la soutiennent quoiqu’elle fasse, y compris en faisant voter pour des socialistes… pour le malheur de la France.

  25. Le FN est apparu comme le note Pierre, comme un parti national plutôt à gauche sur le plan économique et social.
    Cet alliage peut connaître quelques succès electoraux en période de crise économique, dans un pays épris d’étatisme, surtout auprès des classes populaires. Et séduire des catholiques cultivés par ailleurs.
    Par ailleurs la notion de ‘droite nationale’ est un peu étroite et suscite des débats en raison des réalités complexes de la mondialisation.
    Tout cela ne fait clairement pas le poids pour creer une alternative politique solide et perenne face à la puissance des idées de gauche.
    Un véritable mouvement conservateur peut émerger en France et en Europe, en intégrant les différentes chapelles et sensibilités de droite.
    Le mouvement conservateur n’aura jamais l’extraordinaire cohérence et unité d’action de la gauche puisqu’il ne repose pas sur une idéologie. Mais il s’appuiera sur un socle commun solide et universel : les droits naturels. La liberté, la famille, la vie, la patrie, la recherche du bien commun, …

  26. Merci à Fredo44 d’avoir pris la peine de me répondre.
    Merci d’avoir bien voulu comprendre que sortir de la boîte logique républicaine était un ” ailleurs ” !…
    A l’attention de tous les intervenants catholiques et républicains de bonne foi, qui fréquentent régulièrement ce blog, puis-je réitérer ma question finale posée dans mon invitation à un ” dialogue catholique et civique ” :
    Comment se peut-il que pour vous, catholiques républicains, la République soit encore légitime avec ses lois sur l’avortement et la bio-éthique qui lui sont liées, le travail le dimanche, et les lois programmées par la victoire de la gauche alliée à l’extrême gauche, que d’aucuns appellent ” sociétales “ ? …
    Expliquez-nous, SVP !

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