La spécificité des prêtres de l’Emmanuel

A l'occasion de la création d'une association cléricale au sein de la Communauté de l'Emmanuel, Le Salon Beige a rencontré le Père Henri-Marie Mottin, Responsable des séminaristes et des ministres ordonnés de la Communauté.

Vous venez d'annoncer la création d'une association cléricale au sein même de l'association de fidèle que constitue la communauté de l'Emmanuel. Qu'est-ce que cela change concrètement pour les prêtres de l'Emmanuel ?

Unknown-4La création de l’Association Cléricale de la Communauté de l’Emmanuel donne réponse au besoin d’un statut ecclésial clair aux prêtres, membres de l’Emmanuel. Statut qui commençait à faire cruellement défaut. Par voie de conséquence, il est a espérer que ce statut ecclésial facilite et fortifie les rapports de la Communauté avec les évêques concernés. Concrètement, à moyen terme et en vue du long terme, cela devrait permettre d’entretenir plus facilement le maintien et le suivi d’équipes sacerdotales, les mouvements diocésains et interdiocésains, nationaux et internationaux, la juste participation de frères et sœurs laïcs de la Communauté à la mission d’équipes sacerdotales de l’Emmanuel… Par contre, sur le fond, ce qu’est un prêtre de l’Emmanuel n’est pas appelé à changer avec ces nouveaux statuts, bien plutôt à se déployer, grâce à une expression plus claire de son identité.

Comment définiriez-vous l'identité d'un prêtre de l’Emmanuel?

J’aime dire que c’est un prêtre à la fois 100% diocésain (prêtre séculier, membre d’un presbyterium sous l’autorité d’un évêque) et 100 % Emmanuel (vivant, avec ses frères et sœurs de communauté, d’une spiritualité missionnaire spécifique, à dimension internationale). Cette spiritualité nous la déclinons à travers trois axes, qui découlent l’un de l’autre, «Adoration, Compassion, Évangélisation», vécus dans la communion de tous les états de vie. La figure spirituelle du fondateur, Pierre Goursat, laïc consacré dans le célibat, et la théologie du Cœur de Jésus, tel qu’il s’est révélé à Paray-le-Monial, marquent fortement l’identité des prêtres de la Communauté.

Vous expliquez que l'association peut désormais incardiner des prêtres, mais que le "modèle" principal demeurera l'incardination dans les diocèses, l'incardination dans la communauté étant réservée à des missions ou des cas spécifiques, comme celui des formateurs des séminaristes ou celui des responsables des prêtres. Cela signifie-t-il que vous envisagez des incardinations temporaires? Comment cela se concilie-t-il avec la stabilité des vocations sacerdotales?

Non, on ne peut envisager d’incardinations temporaires car le principe même de l’incardination est la stabilité. L’incardination de prêtres dans l’Association Cléricale de la Communauté de l’Emmanuel correspondra principalement à la stabilité de la mission de ces prêtres aux services internes et, à priori à long terme, de la Communauté. C’est en ce sens qu’on l’envisage pour les cadres et les formateurs. L’incardination dans l’Association pourrait aussi être justifiée par des situations missionnaires complexes à différents titres (situations d’isolement, terres de mission, pénurie de vocations…)

Je pense que ce principe de stabilité de l’incardination est au service d’une spiritualité de l’appel aux vocations : Un jeune qui pense à la prêtrise a bien conscience que le sacerdoce «se reçoit», qu’on ne se le donne pas soi-même, on le reçoit de l'Église. Ainsi, la stabilité, la solidité, l’ecclésialité d’une Communauté sont, pour un jeune, des facteurs sécurisants pour accueillir avec confiance l’appel de Dieu et y répondre généreusement.

Quel est l'état des vocations au sein de la communauté?

Il est stable, mais se déplace selon les réalités sociales et culturelles où se déploie la Communauté. Il y a 30 ans, sur une petite centaine de séminaristes, en gros, les 3/4 étaient Européens et 1/4 Africains. Aujourd’hui, ils sont pratiquement le même nombre, dont la moitié sont africains et l’autre moitié sont Européens, auquel se rajoutent selon les années quelques asiatiques et quelques nord ou sud-Américains. Pour nous le défi premier n’est pas le nombre, mais la qualité de la formation qui leur sera donnée, cela en vue d’une vie sacerdotale, humble et solide, au service des personnes.

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