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France : L'Islam en France

La Seine-Saint-Denis, premier département musulman de France

De Yves Chiron :

"[…] Une indiscrétion relayée par la presse a fait connaître un point saillant du dialogue entre le cardinal Vingt-Trois et le président Hollande :

– Vous savez par qui vous avez été élu, Mr le Président ?, a demandé le cardinal.

– Certainement pas par tous les catholiques, mais par beaucoup d’entre eux, aurait répondu le Président de la République.

– Non, monsieur le Président, vous avez été élu par les musulmans. Et vous savez, les musulmans ne sont pas en faveur du mariage gay. 

Cette remarque, un peu goguenarde comme sait l’être le cardinal archevêque de Paris, résumait une réalité bien attestée par les analystes politiques.

D’après une étude statistique réalisée par l’IFOP au lendemain de l’élection présidentielle de 2012, il y a eu « un très fort sur-vote à gauche » de l’électorat musulman (c’est-à-dire, par définition, français de confession musulmane). Au 1er tour des élections présidentielles de 2012, 57 % des Français de confession musulmane ont voté pour le candidat socialiste Hollande ; au 2e tour, 86 %.

Le cardinal Vingt-Trois, par sa remarque ironique au président Hollande, voulait faire comprendre l’importance qu’avaient prise politiquement les citoyens de confession musulmane. Ils représentaient 0,7% du corps électoral en 1997, 2 % en 2002, 5 % en 2007. Combien dix ans plus tard ? On ne s’interrogera pas ici sur un éventuel glissement de cet électorat vers la droite, du moins d’une partie de cet électorat, car il est évident qu’il n’y a pas un vote musulman, comme il n’y a pas un vote catholique ou un vote juif.

Pour illustrer l’importance sociologique croissante de l’Islam en France, on prendra un exemple : le département de Seine-Saint-Denis qui correspond, ecclésiologiquement, au diocèse de Saint-Denis-en-France. Il y a cinquante ans, en 1966, Paul VI créait cinq nouveaux diocèses dans la région parisienne (Corbeil, Créteil, Nanterre, Pontoise et Saint-Denis), les détachant des circonscriptions ecclésiastiques de Paris et de Versailles jugées trop vastes et trop peuplées. Le nouveau diocèse comptait à cette époque plus d’un million habitants, avec déjà une forte population étrangère ou d’origine étrangère. Si l’on se réfère aux éditions successives de l’Annuario Pontificio de ces années, on constate que les 70 % de cette population était encore constituée de baptisés. Le diocèse comptait quelque 260 prêtres (séculiers et réguliers). Entre 10 et 11 000 baptêmes avaient lieu chaque année.

Aujourd’hui, si l’on se réfère au site du diocèse, il y a moins de 3000 baptêmes par an (enfants, jeunes et adultes). Ce chiffre, comparé à celui des naissances (29 325 naissances en 2015 en Seine-Saint-Denis selon l’INSEE), indique donc que seulement un enfant sur 10 qui naissent dans ce département/diocèse est baptisé dans la religion catholique. En revanche, la Seine-Saint-Denis est devenue le premier département de France par le nombre des lieux de culte musulman. Il y en a 160. Wilfried Serisier, qui donne ce chiffre dans une étude sociopolitique très fouillée sur l’Islam dans ce département, relève que l’identité musulmane du département s’observe aussi par les structures éducatives : on y trouve 7 des 15 lycées et collèges privés musulmans de France et 50 des quelque 250 centres d’enseignement coraniques qui existent en France. […]"

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