La rupture du jeûne dans l’église Saint Jean de Cachan est un sacrilège

Commentaire sans appel du père Michel Viot devant ce sacrilège :

Sans-titre"C’est de la rupture du jeûne du ramadan prévue le 2 juillet 2016 dans le sanctuaire qu’il est question, semblable à celle vécue à Molenbeek près de Bruxelles récemment. Comme pour les rencontres islamo-chrétiennes de la fête de l’Annonciation à Lyon, il ne s’agit pas d’une simple et anodine manifestation de rencontre inter religieuse entre catholiques et musulmans, mais de quelque chose de bien plus grave.

Je ne nie pas les bonnes intentions. Mais je me demande tout de même si cette rupture de jeûne musulman dans un lieu consacré au culte catholique ne va pas engendrer des ruptures lourdes de conséquences. Dans un autre endroit qu’un lieu consacré, je n’aurais rien dit. Non point que cela fût sans reproche ! Mais la rencontre dans une salle paroissiale, par exemple, n’aurait relevé que de la maladresse pédagogique en matière de dialogue inter religieux . J’eusse donc préféré un dialogue sur le sens du jeûne, en un lieu non sacré.

La « rupture » de Cachan va au-delà de la maladresse ! Je crains qu’elle ne relève d’un sacrilège enfantant trois ruptures.

Rupture pour les musulmans comme pour les chrétiens par rapport à leurs propres traditions : il me semble qu’un musulman ne peut, de par sa religion, entrer dans un lieu de culte qui n’est pas musulman. La sourate 6,68 du Coran dit : « Quand tu vois ceux qui pataugent dans des discussions à propos de nos versets [les chrétiens et leurs discours religieux] éloigne toi d’eux jusqu’à ce qu’ils entament une autre discussion » particulièrement une église (ce qui est interprété comme interdiction de participer à une cérémonie chrétienne). S’ils y entrent néanmoins, c’est alors pour le désapprouver dans le secret de leurs cœurs, comme le stipule cette parole de leur prophète, tenue pour authentique (rapportée par Muslim) : « Que celui d’entre vous qui voit un mal le change par sa main. S’il ne le peut pas, qu’il le dénonce verbalement. S’il ne le peut pas, qu’il le désapprouve dans son cœur ». Pour les catholiques, leur église consacrée dans les formes liturgiques précises par l’évêque, doit les empêcher d’y tolérer autre chose que le culte catholique. Ce qui devrait inciter à la prudence pour les activités non cultuelles.

Rupture de l’unité catholique : comme prêtre appelé à voyager de par mes fonctions, je me dois de dire que ce type de rassemblement inter religieux trouble de plus en plus les fidèles, toutes catégories confondues. Les gens se taisent le plus souvent mais sont exaspérés .Ils ont peur d’être montrés du doigt comme islamophobes; et le fait que la Mairie de Paris ait donné l’exemple en fêtant le ramadan ne les rassure pas du tout, bien au contraire ! Ils deviennent ensuite facilement irritables devant toute rencontre inter religieuse, allant même jusqu’à critiquer notre Saint Père pour avoir reçu l’imam d’al-Azhar. Et je remarque, non sans tristesse que nos islamo-enthousiastes se sont bien gardés d’expliquer le sens exact de cette rencontre. Bref, cette exaspération, quand elle se manifestera, comme dans d’autres domaines en France, provoquera un enchaînement de ruptures dont nul ne peut prédire le résultat final. Mais on voit bien ce qui l’aura initié !

Rupture de charité enfin ! Et c’est la pire, parce qu’elle se fait aux dépens de l’accueil de nos frères chrétiens, qu’ils soient des convertis venus de l’islam, souvent en butte à la persécution de leurs anciens coreligionnaires, ou nos frères d’Orient, persécutés aussi au nom de l’islam. Beaucoup de ces derniers ont tout perdu avec la venue des radicaux, perdu jusqu’à la possibilité d’une coexistence pacifique avec leurs voisins musulmans et donc l’espoir d’un retour lorsque ceux-ci, pourtant si paisibles, ont prêté la main à la persécution islamiste. Il ne faut donc pas s’y tromper! Même si pour certains musulmans de France, aujourd’hui paisibles, la cérémonie de Cachan apparaît comme un signe de Fraternité, pour beaucoup à l’extérieur, comme aussi hélas à l’intérieur, c’est une preuve de faiblesse: une fête musulmane est célébrée dans un sanctuaire chrétien, le Coran y est lu avec les prières qui vont avec, des imams y prennent la parole, le christianisme s’ouvre au message de l’islam ! Alors…. Faut-il couvrir le silence complice de nos politiques par les chants islamo-chrétiens de semblables fêtes ? Ne vont-ils pas sonner aux oreilles de nos frères qui souffrent, comme jadis les orgues hydrauliques des cirques romains quand les bêtes dévoraient les martyrs ? Puissent les chrétiens islamo compatibles, qui pensent faire œuvre utile en transformant leurs églises en maisons de tolérance religieuse, regarder en face l’engrenage de la rupture !"

Commentaires (3)

Merci au père Michel Viot pour son analyse si exacte des raisons de l'inquiétude et de l'exaspération comme il le dit à juste titre, des fidèles catholiques.

Rédigé par : mld | 4 juil 2016 13:46:21
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L'enfer est pavé de bonnes intentions et celle là est à vomir : L'abomination de la désolation est entrée dans le sanctuaire, Satan qui se veut plus que Dieu vient maintenant Le narguer jusque dans Sa maison, les Judas grouillent dans l'Eglise.

Rédigé par : San Juan | 4 juil 2016 13:48:04
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Et, ajoutons, ce qui rejoint quelque peu le premier point, la rupture dans le devoir d'évangéliser. On n'évangélise plus, on parle de fraternité en confondant celle en humanité et celle en Christ (cf. Benoît XVI qui, à la suite de Jean Paul II, insistait sur la nouvelle évangélisation tandis que François a été jusqu'à demander aux musulmans de puiser dans leurs traditions religieuses). Certes, on ne saute pas sur les gens, mais y aller avec sagesse, comme Charles de Foucauld, c'est y aller… Non, là, on feint de chercher des points communs, comme si l'un ou l'autre petit point de rapprochement permettait de faire l'impasse sur le point essentiel : l'acceptation du Christ comme fils de Dieu et sauveur de qui se tourne vers lui.

Bien au-delà de certaines crispations tout à fait justifiées des chrétiens devant cette confusion de lieux, il y a une colère encore plus juste, celle de voir des pasteurs qui ne veulent plus annoncer l'Evangile… "Malheur à moi si je n'annonce pas l'Evangile !" disait l'apôtre Paul en 1 Corinthiens 9:16.

Rédigé par : Jean | 4 juil 2016 13:48:19
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