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France : Politique en France / Valeurs chrétiennes : Education

La réforme du Bac soulève des questions, sur le contenu des enseignements et pour l’avenir des établissements libres

Dans L'Homme Nouveau, Adélaïde Pouchol décrypte le projet de réforme du Baccalauréat prévue en 2021 :

Une-1659"[…] « Cette réforme est pensée de manière très parisienne, pour de gros établissements, dans une logique qui correspond plus à l’université qu’au lycée en poussant les élèves à l’hyperspécialisation », commente Mère Marie Irénée, directrice de l’Institution Saint-Pie X, établissement libre tenu par les dominicaines du Saint- Esprit à Saint-Cloud. Comme directrice d’un lycée hors contrat qui a fait le choix de la filière littéraire, elle est doublement concernée par les projets qui se trament rue de Grenelle. « Tous s’accordent à dire qu’il y a un véritable problème de maturité des élèves et, pourtant, le ministère de l’Éducation nationale voudrait transférer au lycée une organisation propre aux études supérieures », s’inquiète Mère Marie Irénée, pointant en particulier le grand oral qui constituera l’une des épreuves finales du bac. « Jusqu’à présent, ce type d’examen n’arrivait que quelques années après le bac. Le ministre semble vouloir viser l’excellence, avec ce nom très prétentieux de “grand oral”, pour des gens qui ne savent même pas écrire correctement. Or, pour parler correctement, il faut écrire correctement ! ». L’oral sera préparé pendant les deux dernières années de lycée, adossé à l’une ou aux deux spécialités choisies par l’élève. Un travail qui rappelle évidemment l’actuelle épreuve du TPE, ces « travaux pratiques encadrés ». Or, justement, plusieurs écoles hors contrat s’étaient arrangées pour ne pas faire passer le TPE à leurs élèves, jugeant qu’il représentait une perte de temps et d’énergie, qui plus est souvent soldée par une note médiocre si le sujet choisi n’était pas politiquement correct. Avec la réforme, impossible d’échapper au grand oral…

Le baccalauréat sera noté pour 60 % avec les épreuves terminales : un écrit et un oral de français en première, puis trois écrits ainsi que le grand oral en « classe de maturité ». Les 40 % restants seront notés en contrôle continu, a annoncé le ministre. À y regarder de plus près, sur ces 40 %, 30 % correspondront en fait à six écrits répartis sur les deux années. Mère Marie Irénée n’est pas dupe, ces épreuves « seront corrigées en externe. Anne Coffinier a alerté sur le fait que cela porte directement atteinte au rapport entre l’élève et son professeur. Il va, en fait, passer son temps à les préparer à ces épreuves ». Sans compter que les notes des élèves inscrits en école libre ne sont pas reconnues, si bien qu’ils sont notés sans le contrôle continu, une injustice flagrante qui les pénalise pour le brevet en troisième puis pour l’épreuve de sport au bac. À moins que le ministère ne décide de reconnaître leurs notes, l’injustice deviendra plus criante encore. Enfin, la suppression des filières est une mauvaise nouvelle supplémentaire, surtout pour les littéraires. En terminale, le tronc commun comprend quatre heures de philosophie. Un élève littéraire, pour compléter ce volume horaire insuffisant, devra choisir la spécialité « Humanités, littérature et philosophie », à raison de six heures par semaine, soit dix en tout… Ce qui est évidemment trop, et il en est de même pour l’histoire. Et ceux qui n’auraient pas le niveau ni l’envie pour une spécialité maths (six heures par semaine), devront tout bonnement abandonner cette discipline, absente du tronc commun dès la première. « Finalement, cette réforme marginalise les littéraires, cela les pousse à la surspécialisation ». Et, cerise sur le gâteau, le tronc commun comportera une discipline intitulée « Humanités scientifiques et numériques » – « Excusez l’oxymore », commente Mère Marie Irénée […]. 

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8 commentaires

  1. Comme tout le monde, j’aime bien Jean-Michel Blanquer (au passage, conseil stratégique pour le SB : je sais que c’est inattendu et étrange que le ministre en charge de l’instruction publique ne soit pas un dégénéré cherchant à décérébrer les élèves, mais c’est le cas. Il n’est donc pas opportun de perdre du temps à attaquer celui qui est incontestablement le meilleur ministre de ce gouvernement. Certes, la compétition est inexistante, mais JM Blanquer aurait été le meilleur ministre du gouvernement dans à peu près tous les gouvernements depuis au moins 1995).
    Toutefois, cette réforme du bac semble effectivement un vrai bazar, pour rester poli.
    Ma théorie est qu’il s’agit d’une stratégie de diversion : le seul but est de parvenir à la sélection à l’université (pour sauver l’université, enfin ce qu’il en reste). Pour détourner l’attention, on rajoute une réforme du bac incompréhensible. Comme le bac est un totem (ce qui me semble une exception française ?), on sait que les Français vont passer tout leur temps à décortiquer cette réforme idiote et la sélection à l’université passera comme une lettre à la poste.

  2. Une hyper spécialisation
    qui serait en totale opposition aux intérêts
    de l’élève.
    Que font nos voisins???
    Tout le contraire….
    Peut-être est-ce un système d’apprentissage
    qui portera un autre nom???
    Ne faudra t-il pas intégrer d’une manière ou d’une
    autre avec la volonté de réduire les
    salaires???

  3. Satan et ses idiots utiles mènent le bal masqués des franc-mac et des ceusses qui se cachent derrière.

  4. TPE : Travaux PERSONNELS encadrés

  5. L’apel est très content de cette réforme….
    M blanquer est un ministre qui trompe le français: il parle mais fait le contraire.
    Les méthodes de lecture globale et les prédicats sont toujours au programme !

  6. j’étais professeur d’anglais donc sachant qu’en GB, aux états unis, canada, australie et autres le bac n’existait pas, on me disait toujours “oui, le controle continue c’est bien mais les lycées catholiques vont donner le bac à tout le monde”
    aujourd’hui les écoles catho ont près de 99% de réussite! les lycées publics 80% minimum!
    à quoi bon alors amputé les études de tous les lycéens d’un mois pour ça?
    le misistre blanquer n’ose pas aller jusqu’au bout de la logique!

  7. Blanquer est contre les écoles hors contrat

  8. Pourquoi faut-il que “comme tout le monde, [il faille que j’] aime bien Jean-Michel Blanquer” ?
    Il est venu avec Emmanuel Macron et cela a suffit pour moi pour que je m’en méfie comme de la peste, tant l’homme – élu par défaut, irruption ou escroquerie peu importe – n’apporte avec lui que cynisme, mépris, division et déconstruction de tout.

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