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France : Société

La progressivité de l’impôt : injuste et inefficace

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

"la progressivité de l’impôt n’est qu’une forme d’expropriation, certes plus douce que celle de Staline ou Trotski, mais tout aussi efficace. Du point de vue moral, il est clair que cette expropriation est indéfendable. […] De toute évidence, il n’appartient pas à l’État de décider ce qu’est un revenu « optimal ». À terme, cette logique ne peut qu’aboutir à la politique de Mélenchon, fixant un plafond des revenus, au-delà duquel l’État aurait le « droit » de prendre 100 % des revenus. […] Ajoutons que l’impôt sur le revenu progressif, qui ne repose que sur la moitié des Français, est sans doute l’un des plus injustes qui soient. Au demeurant, même si la spoliation était moralement juste, force est de constater que la progressivité de l’impôt que nous, Français, subissons déjà depuis un siècle n’est pas prodigieusement efficace pour réduire les inégalités. Chacun sait bien que les impôts français actuels, à la manière de l’ISF, frappent principalement les classes moyennes, tout en laissant une remarquable sérénité aux milliardaires (n’est-ce pas MM. Fabius, Bergé, Pigasse, et consorts, dont les discours dégoulinent de leçons de morale, mais dont les comptes en banque ne désemplissent pas, souvent alimentés par l’argent public, d’ailleurs…). Plus un patrimoine est important, plus il est mobile et moins il est taxé. Et cela vaut aussi pour les revenus. Même l’objectif (immoral) d’égalitarisme n’est pas rempli ! Du point de vue de l’efficacité fiscale, c’est également un désastre. D’abord, parce qu’en ponctionnant sévèrement les classes moyennes, on empêche l’épargne, et donc l’investissement, condition nécessaire à la création des emplois de demain. Mais aussi parce que la progressivité entraîne la création de mille et une « combines » qui, sous le nom poétique de « niches fiscales », constituent autant de dérogations à la loi commune. Et, naturellement, il nous faut une pléthore de parlementaires pour légiférer sur ces niches et une pléthore, plus grande encore, de fonctionnaires pour en contrôler l’application. En d’autres termes, une partie non négligeable de notre impôt est absorbée par les coûts de gestion prohibitifs… dudit impôt ! […] La solution est simple : il faut rendre à l’impôt sa fonction unique, qui n’est pas d’égaliser les revenus et les patrimoines, mais d’assurer l’exercice des fonctions régaliennes (ce qui exclut, au passage, les prétentions sociales, sociétales, culturelles ou éducatives de notre trop cher État-providence)…"

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18 commentaires

  1. j’ai entendu parler de la grève de l’impôt, moyen qui a déjà été utilisé dans notre pays pour faire pression sur les édiles; savez-vous si elle serait possible aujourd’hui?

  2. C’est tout à fait exact mais nos politiques ne sont pas là pour faire la justice mais pour être élus et profiter le plus longtemps possible de leurs places d’élus. Ils légifèrent (tout au moins pour ce qu’ils leur restent de possibilité avec Bruxelles) pour être réélus et faire du clientélisme. Panem et circences.
    Tant que les classes moyennes continueront à voter pour le Système dans l’espoir d’un moindre pire, l’on en restera là.

  3. La “justice” est un sentiment….

  4. “(ce qui exclut, au passage, les prétentions sociales, sociétales, culturelles ou éducatives de notre trop cher État-providence)” : désaccord, la pauvreté coûte très chère. Brisons le monopole de l’Etat

  5. Je ne vois pas d’argument dans ce post prouvant l’immoralité de l’impôt progressif.
    En tant que chrétien, c’est difficile à prouver. Il serait bien que le SB ne s’associe pas à ce genre de critique.
    Les deux vrais problèmes de l’impôt sont mentionnés ensuite:
    -les plus riches y échappent
    -celui-ci finance une masse de personnel ou dépense à l’utilité douteuse, voire négative.
    Et cela, c’est bien injuste !

  6. Un moyen (pour ceux qui le peuvent) d’échapper à cette iniquité : les dons aux œuvres vraiment catholiques et non “socialo” comme le CCFD ou le Secours catholique.
    Pour l’impôt sur le revenu : AED, Œuvre d’Orient, etc. (Dons déductibles à 66%)
    Pour l’ISF : Fondation pour le clergé (entre autres, cotisation Secu. pour les prêtres) au bénéfice du Diocèse de son choix, et Fondation des Monastères (pour celui de son choix) (Dons déductibles à 75%)
    Cela revient, pour l’Impôt sur le revenu, à l’augmenter de 34% mais à en priver intégralement un état fripon. Que vaut il mieux: donner 2X à l’État où 3X à l’Église?
    Pour l’ISF, cela revient à l’augmenter volontairement de 25% mais à ne plus rien donner à l’État. Qu’est-ce qui est le plus (moralement) coûteux : donner 3Y à la ripoublique, ou 4Y à l’Église?
    A vous de juger.

  7. Oui, la flat tax. J’y suis spontanément favorable.
    Néanmoins l’utilité marginale du revenu ne doit-elle pas être prise en compte dans la politique fiscale ?
    On peut toujours contester que l’imposition doive être proportionnée à ses ressources…
    Mais si on tient pour acquis qu’elle doive l’être (“Elle doit être également répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs facultés” DH 1789, je sais… mais ce ne me semble pas être l’article le plus idiot de la déclaration des DH, et G. de T. ne remet pas la proportionnalité en cause puisque la flat tax n’est pas forfaitaire), le pourcentage du revenu est-il l’outil le plus réellement adéquat pour mesurer la contribution proportionnée à ses ressources, étant donné l’utilité marginale du revenu ?
    Si l’on envisage la progressivité de l’impôt non en terme de réduire des inégalités – car on est d’accord, ce n’est pas la vocation de l’impôt, cet usage détourné de l’impôt est effectivement de nature totalitaire – mais en termes de contribution “en fonction de ses facultés”, la progressivité de l’impôt est-elle aussi “moralement indéfendable” ?

  8. Ne payant pas d’impôt depuis mon troisième enfant (mes revenus ont cru depuis, mais le nombre de mes enfants aussi)et ayant droit aux bourses pour mes enfants étudiants, je ne critiquerai pas le système actuel qui est malgré tout favorable aux familles nombreuses.

  9. Enfin quelqu’un, en France, qui rappelle cette vérité de bon sens qui a totalement disparu des consciences, tellement le socialisme a infecté l’air que nous respirons et imposé cette notion aberrante et vicieuse de “justice sociale” : les impôts ne sont pas destinés à redistribuer la richesse ou à réduire les inégalités.
    Ils sont uniquement destinés à assurer le fonctionnement de l’Etat, dans ses seules composantes indispensables (c’est à dire infiniment moins nombreuses et coûteuses que ses composantes actuelles).
    Et, comme le précise la Déclaration des droits de l’homme, cette contribution doit se faire à mesure des possibilités de chacun.
    Notez bien que la Déclaration des droits de l’homme ne mentionne nulle part que l’impôt sert à prendre aux riches pour donner aux pauvres. L’impôt sert à prendre aux riches et aux pauvres tous ensemble, pour financer les corps d’Etat dont ils ont les uns et les autres besoin : armée, diplomatie, police, justice essentiellement.
    Les riches étant plus riches, il est naturel qu’ils contribuent davantage. Mais la Déclaration des droits de l’homme n’a jamais dit que l’impôt devait être progressif, ni que 50 % des ménages devaient en être exemptés, ni qu’il s’agissait d’assurer par ce biais la “justice sociale”, qui est en réalité une expression hypocrite et sournoise pour désigner le socialisme.
    Tout le monde est pour la justice. Beaucoup de gens sont opposés au socialisme.
    Réussir à faire admettre à tous la légitimité de l’expression “justice sociale”, c’est une escroquerie intellectuelle, politique et morale, qui permet de faire accepter l’infamie du socialisme en la masquant derrière la noblesse de la justice.

  10. La progressivité de l’IRPP est effectivement contestable, en ce sens que sa logique est confiscatoire (pourquoi pas un taux marginal de 100% ?), mais il est vrai que le barème français est très favorable aux familles, et bizarrement cet avantage s’accroît avec les revenus, puisque le système des parts est proportionnel (et non forfaitaire) : à nombres de parts égaux, plus les revenus sont élevés, plus la réduction d’impôt est importante.

  11. Comme Ludovic, il ne me paraît pas immoral qu’un ouvrier maçon qui travaille dur toute la semaine puisse et loger sa famille décemment et ne pas voir ses enfants mourir de faim (le SMIC ne me paraît pas une somme indécente et les actuelles alloc non plus ! ) Cela fait évidemment parti du Bien Commun que l’Etat doit défendre soit directement lorsque le privé fait défaut soit indirectement en s’assurant que ces règles sont bien respectées.
    Qu’on critique inefficacité du système actuel de l’impôt, je crois que cela aussi relève de l’évidence que personne ne remet en cause. Je ne comprend donc pas très bien la spécificité catholique de la critique.

  12. @Robert Marchenoir
    @Nathanaël
    La déclaration des droits de l’homme, comme je l’ai citée, ne dit pas que l’impôt doit être proportionnel, mais “à raison de leurs facultés”.
    Or la progressivité rend bien compte de ces ‘facultés’ dont la croissance n’est pas proportionnelle, mais progressive, selon la loi économique de l’utilité marginale (cf cette référence sur un site LIBERAL : http://www.wikiberal.org/wiki/Marginalisme ).
    Elle dit également que l’impôt doit être réparti entre “tous les citoyens”, et pas seulement 50% d’entre eux.
    Je serais donc favorable à l’extension de son assiette, avec une première tranche plus basse. Je paierai ainsi l’IR dont je suis pour l’instant exonérée.
    L’impôt n’est aucunement un instrument de ‘justice’ sociale, à la Procuste, mais il se doit d’être perçu ‘avec justice’. Les paliers de progressivité, comme son assiette, doivent donc être justes.
    Itou son utilisation, pour assurer le bien public et le fonctionnement de l’Etat, non pas pour redistribuer des prébendes.

  13. Les chrétiens ne sont manifestement pas tous libéraux, ni les libéraux tous chrétiens.
    Mais le libéralisme est une pensée politique enracinée dans le christianisme, et la seule dans ce cas.
    L’impôt proportionnel (flat tax) est évidemment juste, efficace et très simple donc économique, à moins de considérer que les inégalités soient injustes, ce qui n’est pas conforme à la morale chrétienne.
    Cette simplification des prélèvements n’empêche nullement la redistribution, éventuellement sous la forme la plus simple, celle d’un impôt négatif uniforme.
    La redistribution par l’État ne peut pas être confondue avec le don: Ce dernier unit le donneur au receveur et, par la charité et la gratitude, il élève les deux.
    La redistribution socialiste au contraire spolie les contribuables pour distribuer un argent sans propriétaire. Il n’y a pas de don, pas de charité, pas de gratitude, pas de prochain.
    Au contraire, le receveur se fait dire que la richesse est une injustice commise par le riche à son détriment, ce qui justifie et attise sa jalousie du pauvre et la crainte du riche.
    Dans la rhétorique socialiste, il y a redistribution pour corriger une première répartition où les riches auraient accaparé la part du lion par cupidité au moyen de quelque fourberie.
    C’est une vision puérile de l’économie, qui répand l’ignorance et la haine de classe, qui rabaisse moralement pauvres et riches, qui les appauvrit tous et empêche de construire.
    Le socialisme est en guerre contre le christianisme pour ces raisons et pour d’autres.
    Notamment il idolâtre l’État, lui attribue toute propriété et toute autorité y compris morale, donc spirituelle, ce qui aboutit à donner à César ce qui revient à Dieu, au relativisme et à la destruction.
    La mainmise socialiste va se traduire par une nouvelle offensive contre l’enseignement catholique, contre l’Église, et pour le relativisme.
    Le socialisme est l’ennemi mortel du libéralisme, mais aussi et surtout du christianisme.

  14. L’I.R.P.P. est un impôt assez récent (début vingtième siècle), qu’on pourrait probablement REMPLACER par un impôt encore plus récent, la T.V.A.: trois taux de T.V.A. assureraient la “progressivité” souhaitée, avec
    -un taux très faible (taux actuel de 5,5% je crois, qui, s’il reste inchangé ne lèsera donc personne) pour les biens (et services) de première nécessité
    -un taux dit normal
    -un taux plus élevé sur les biens et services non indispensables (dits “de luxe”; il est donc essentiellement payé par “les riches” ce qui devrait le rendre très attrayant aux yeux de nos bien-pensants): initialement, il était de 33%.
    Avantage essentiel cet impôt est perçu sur tous les consommateurs en France, qui sont aussi des bénéficiaires des services financés par l’État; les cigales paient plus que les fourmis.

  15. @C.B.
    Oui, mais votre impôt, la TVA, repose sur la consommation. S’il y a trop de fourmis, comment nos apparatchiks pourront-ils continuer à s’enrichir sur notre dos ?
    Non, tout faire reposer sur la consommation est trop dangereux en cas de récession ou de décroissance.
    Imposer la consommation c’est s’opposer à notre nouvelle civilisation qui réduit l’homme à un consommateur. Ce n’est pas acceptable.

  16. Et puis imposer la consommation c’est trop visible.
    La TVA est aux mains de l’UE. Alors que pour bouger un taux marginal, ça peut se faire en douce… entre nous. Et avec le prélèvement à la source, tout cela devient indolore : pas vu pas pris.

  17. Vive l’impôt linéaire ! On peut rêver….
    Par définition le concept de l’impôt sur le revenu du travail est une injustice incroyable. Que l’on taxe les rentiers ou le patrimoine, d’accord, aucun effort n’a été fourni dans ces cas de figure mais taxer le travail revient à dire que l’on doit fournir des efforts et sacrifices deux fois. Souvent cela frappe ceux pour qui le coût marginal de l’impôt est le plus dur à porter. A quand pas d’impôt sur le revenu du travail ????

  18. Au delà de ces débats intéressants, quel moyen d’utiliser la machinerie bureaucratique contre elle-même (Conseil Constitutionnel, Cour Européenne des Droits de l’Homme, …) et obtenir un changement véritable ?

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