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France : Laïcité à la française

La profanation est fille du laïcisme

La profanation est fille du laïcisme

Pour Charles-Henri Jamin, conseiller politique de Jean-Frédéric Poisson et membre du Bureau Politique du Parti Chrétien-Démocrate, sur Nouvelles de France :

C’est une litanie de profanations qui s’allonge : l’église Saint-Nicolas de Maisons-Laffitte, l’église Saint-Nicolas de Houilles, l’église Notre-Dame à Dijon, l’église Notre-Dame-des-Enfants à Nîmes et la cathédrale Saint-Alain de Lavaur. Sans oublier tout ce qui n‘est pas su. Et tout ce qui touche aux lieux de culte ou de mémoire d’autres religions, chrétiennes, juives, musulmanes…

Attention, les mots ont un sens. Il s’agit de profanations et non d’actes de vandalisme. Dégrader un mur ou briser des objets relève du vandalisme. S’attaquer à des objets ou lieux de culte dont le caractère sacré est avéré, et quand bien même l’auteur n’y croirait pas, relève de la profanation. C’est bien de cela qu’il s’agit.

Bien sûr, il faut s’indigner. Bien sûr, il faut réagir. Mais il est fort à craindre que nos contemporains, emportés par une conception matérialiste de l’existence, ne perçoivent pas pleinement la portée de tels actes. Émanent-ils uniquement de « déséquilibrés » comme on se plaît souvent à le dire en employant un terme fourre-tout qui permet de fermer les yeux sur une réalité bien plus grave ? Il est trop tôt pour le dire, les enquêtes judiciaires étant en cours. Reste que le mode opératoire des saccageurs montre une chose : nous n’avons probablement pas affaire à des anarchistes attirés par la soif de détruire, ni à des voleurs cherchant à forcer les troncs d’une église pour en récupérer la monnaie. Le mal est d’une autre nature.

Quel est donc le terreau sur lequel prospère en France une telle haine du christianisme, et plus largement du sacré ? Il faut oser le dire : c’est le laïcisme – et non la laïcité – c’est-à-dire cette prétention à nier et faire nier toute transcendance « surhumaine », toute religiosité personnelle et partagée, et en interdire l’expression publique par toute forme de moyens : effacement des symboles chrétiens dans l’espace public, marginalisation politique des croyants, dérision systématique de leurs convictions. Ce projet laïciste n’est certes pas nouveau comme en atteste cette déclaration du fondateur du parti républicain socialiste et grand pourfendeur de l’église catholique René Viviani, à la tribune de l’Assemblée le 8 novembre 1906 : « Nous avons arraché les consciences humaines à la croyance. Lorsqu’un misérable, fatigué du poids du jour, ployait les genoux, nous l’avons relevé. Nous lui avons dit que, derrière les nuages, il n’y avait que des chimères. Ensemble, et d’un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des lumières qu’on ne rallumera plus ». Mais cent ans après, ce rejet du religieux de la sphère publique reste toujours aussi vif et déterminé.

C’est ce vide institutionnel, culturel, identitaire et religieux, prôné par les pères fondateurs de la IIIe République, qui a extirpé de l’âme de nos contemporains tout ce qui les reliait d’une manière ou d’une autre à la transcendance, au sacré et à la culture façonnée par le christianisme et son héritage. C’est par cette même volonté de négation que s’est justifié le refus réitéré, tant pour l’Europe que pour la France, d’affirmer les racines communes judéo-chrétiennes qui fondent notre civilisation occidentale. Ne nous étonnons pas qu’après une telle entreprise de déculturation, certains de nos compatriotes ne respectent plus ce sacré qu’ils ont appris à ignorer, à tourner en dérision, à détester même. […]

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3 commentaires

  1. Concernant les atteintes à l’Arc de Triomphe en décembre dernier, les commentateurs, me semble-t-il, avaient eu la sagesse d’employer les termes “saccage”, “dégradation”, “souillure”. Concernant un lieu de culte, c’est rarement ce registre qu’il convient d’utiliser, mais bien celui de “profanation”. Les mots ont un sens.

    • Oui, mais si des noms de victoires ou de généraux qui ont servi la France avaient été dégradé ou souillé, cela aurait eu pour moi valeur de profanation… comme les gauchistes qui ont (en 68 je crois) osé uriner sur la tombe du Soldat Inconnu !

      Si j’étais policier et armé, un tel acte pour moi aurait été sanctionné immédiatement par l’usage de mon arme…

    • Cela dépend tout de même de ce qui s’est passé.
      A partir du moment ou ni les autels ni le tabernacle ni les hosties n’ont été touchés il n’y a pas profanation mais bien saccage ou vandalisme.
      Un départ de feu au fond de l’église, des chaises et du mobilier renversés c’est du simple saccage ce n’est pas le culte qui est visé.

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