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L'Eglise : L'Eglise en France

La proclamation de la Vérité est un devoir dont aucun chrétien ne saurait s’exonérer

Editorial de Mgr Marc Aillet :

"Comment cet été pourrait-il être calme et serein,
après le vaste mouvement d’opposition pacifique
à la loi Taubira qui n’a cessé de s’amplifier et qui
se heurte à une répression policière et judiciaire
des plus inquiétantes pour la démocratie, devant
le chaos économique et social dans lequel la France s’enfonce
doucement sans propositions de solutions sérieuses et crédibles
à même de rassurer les français, et face aux menaces qui pèsent
lourdement sur la vie humaine – avec le projet de loi sur les embryons – et sur l’éducation des enfants dans
nos écoles – avec l’enseignement du gender, dès l’âge de six ans ?

S’il n’est pas dans le rôle de l’Église de se lancer dans la bataille politique, c’est sa mission de prendre
toujours la défense des plus faibles et des plus petits. De ceux qui sont laissés pour compte sur le bord de
la route par la crise économique et sociale, de ceux qui sont entretenus dans une précarité morale et spirituelle
par une société politico-médiatique qui a rejeté Dieu : « Combien de pauvretés morales et matérielles
viennent aujourd’hui du refus de Dieu et du fait de mettre à sa place tant d’idoles » (pape François). Plus encore, de ceux qui sont sans défense et sans voix : je pense aux embryons humains dont les
papes Benoît XVI et François ont demandé la protection juridique, en soutenant officiellement l’Initiative
Citoyenne Européenne « Un de nous » (http://www.oneofus.eu/). Je pense au sort réservé aux enfants par
la loi Taubira, qui enregistre un grave déni de filiation
– un enfant qui naît toujours d’un homme et d’une
femme a besoin pour se construire, non seulement de l’affection des personnes qui l’élèvent, mais de pouvoir
se référer le mieux possible à son père et à sa mère – porte ouverte sur la Procréation médicalement
assistée (PMA) pour tous, voire la gestation pour autrui (GPA), qui priveraient ainsi légalement un enfant
de son père ou de sa mère.


Comment pourrions-nous rester les bras croisés devant de telles injustices ?
Sans doute, notre
première attitude sera celle de la cohérence. « Nous ne donnons à personne aucun sujet de scandale, pour
que le ministère ne soit pas décrié », dit saint Paul aux Corinthiens, en donnant son comportement en
exemple : « par une grande constance dans les tribulations, dans les détresses, dans les angoisses, sous les
coups, dans les prisons, dans les désordres, dans les fatigues, dans les veilles, dans les jeûnes ; par la pureté,
par la science, par la patience, par la bonté, par un esprit saint, par une charité sans feinte, par la parole de
vérité, par la puissance de Dieu ; par les armes offensives et défensives de la justice » (2 Co 6, 3-7). « Une charité sans feinte » dit saint Paul, qui nécessite l’accompagnement concret des personnes, la
prise en compte de leurs souffrances, quelles qu’elles soient, la proposition d’un vrai chemin de croissance,
à l’instar du bon Samaritain qui prend en charge jusqu’au bout l’homme laissé à demi-mort sur le bord
du chemin, malgré la distance culturelle, religieuse, voire ethnique, qui le sépare de lui ; et qui comporte
encore la condamnation de toute forme de rejet des personnes, d’agression verbale ou physique envers
quiconque.

Mais aussi la parole de vérité : « Ne diminuer en
rien la salutaire doctrine du Christ est une forme
éminente de charité envers les âmes. Mais cela doit toujours être
accompagné de la patience et de la bonté
dont le Seigneur lui-même a donné l’exemple en traitant avec les
hommes » (Paul VI). Pourvu que l’on
fasse preuve d’une charité sans feinte envers les personnes, la mission
prophétique de l’Église est hautement
souhaitable pour éclairer, voire réveiller les consciences anesthésiées
dans une société marquée par l’individualisme et le relativisme
. Si le
dialogue est toujours nécessaire au sein de nos groupes, de nos
communautés
humaines et chrétiennes, nous ne saurions faire l’économie de la Vérité
sur l’homme que le Christ nous a
révélée et qui ne peut jamais « faire l’objet d’une sorte de négociation
dialogique » (Bienheureux Jean-Paul II). Nous
ne pouvons poursuivre le dialogue sur les questions sociétales qui
agitent la société française aujourd’hui qu’à partir
d’une conscience claire de notre identité de chrétien, attachée à une
Vérité qui n’est pas purement confessionnelle,
mais appartient à l’humanité tout entière. Force est de constater que
les malentendus entretenus dans nos communautés
proviennent d’un déficit d’adhésion à la Vérité révélée et transmise par
l’Église depuis deux mille ans
. Sans
compter que dialoguer avec des lobbies, voire des Institutions, qui
démontrent depuis des mois leur refus du dialogue,
en diabolisant systématiquement leurs opposants et en usant même de
manière arbitraire de la force, policière ou
judiciaire, pour tuer dans l’oeuf toute forme d’expression populaire
contraire, est une véritable gageure.

Si pour défendre le droit à l’objection de conscience face à des lois injustes, ou faire entendre sa voix sur la
place publique au nom de la liberté d’expression, de réunion et de manifestation garantie par la Constitution pour
promouvoir la dignité de la vie humaine, du mariage et de la famille, on devait risquer l’interpellation sans sommations,
la condamnation, voire l’incarcération immédiate, ce qui n’est plus une fiction, alors cela ne rendrait ce combat
que plus noble et plus nécessaire. Comme Jésus l’annonçait à ses disciples : « Méfiez-vous des hommes : ils vous
livreront aux sanhédrins et vous flagelleront dans leurs synagogues ; vous serez traduits devant des gouverneurs
et des rois, à cause de moi, pour rendre témoignage en face d’eux et des païens » (Mt 10, 17-18). La proclamation
de la Vérité, pourvu que ce soit sans violence et dans une charité sans feinte, est un devoir dont aucun chrétien ne
saurait s’exonérer. Comme le Christ, nous sommes appelés à être « un signe en bute à la contradiction …afin que se
révèlent les pensées intimes de bien des coeurs » (Lc 2, 35). Autrement dit : chacun est appelé à se positionner pour
ou contre la Vérité ! Nous ne pouvons faire l’économie de cette division apparente à laquelle nous répugnons tant
 :
il en va de « la connaissance de la Vérité » (1 Tm 2, 3) qui seule « nous rendra libres » (Jn 8, 32). Oui au dialogue,
pour une meilleure compréhension réciproque, mais sans ambiguïtés et en vue de
se rapprocher de la Vérité.

N’ayez pas peur ! Ce fut le mot d’ordre du pontificat du bienheureux Jean-
Paul II. Comme on l’a dit : « Les peureux disent aux courageux : vous êtes téméraires
 ». Soyons de ceux qui ne transigent pas sur la Vérité et qui appliquent l’exhortation
de l’apôtre Pierre : « Soyez toujours prêts à la défense contre quiconque
vous demande raison de l’espérance qui est en vous. Mais que ce soit avec douceur
et respect, en possession d’une bonne conscience » (1 P 3, 15-16)."

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