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France : Politique en France

La primaire est perçue comme un mode de désignation du meilleur candidat et non pas comme l’occasion d’effectuer un choix de société

Interrogé dans Atlantico  sur la présidentielle et la primaire à droite, Bruno Larebière déclare :

"Au final, cette « rupture entre offre et demande politique » s’étend partout et n’est qu’une des facettes de la rupture entre France d’en haut et France d’en bas, dont participent aussi bien l’appareil des Républicains que celui du Front national. Concernant la ligne "droitière", dans une première approche, on pourrait définir la ligne “droitière“ comme nationale, identitaire, conservatrice et libérale : restauration, en interne comme à l’externe, de l’autorité de l’Etat français, défense de l’identité de la France telle qu’elle a été construite tout au long des siècles, défense des valeurs traditionnelles, restauration des libertés économiques. Toutefois, une fois qu’on a dit cela, on n’a pas dit l’essentiel, à savoir que l’électorat de droite, je dirais même le « peuple de droite », a de plus hautes aspirations, que l’on peut résumer par un mot, celui de civilisation. Ce peuple de droite attend un discours global, un discours de civilisation – un discours transcendant même. Il aime – il adore ! – qu’on lui parle de la France. Il veut bien, même, qu’on lui parle de l’Europe si celle-ci lui est présentée pour ce qu’elle est, un espace de civilisation. Au lieu de cela, on lui parle d’Union européenne et de République. En fait, la campagne électorale rêvée de l’homme de droite a déjà eu lieu : ce fut celle de 2007, opposant une Ségolène Royal qui réhabilitait La Marseillaise et le drapeau tricolore, et un Nicolas Sarkozy qui parlait de la France, citait Charles Péguy et promettait de procéder à cette rupture majeure d’avec l’esprit de Mai 68. Hélas, il a été suivi d’un quinquennat, qui, lui, ne fut pas celui dont la droite rêvait.[…] 

La primaire est perçue pour ce qu’elle est : un mode de désignation du « candidat de la droite et du centre » à l’élection présidentielle et non pas comme l’occasion d’effectuer un choix de société. De sorte que la véritable question qui est posée à l’électeur de cette primaire est : qui vous semble le mieux placé pour l’emporter en 2017 ?, avec ce sous-entendu : qui vous semble le mieux placé pour l’emporter face à Marine Le Pen ?

Dans cette configuration, les sondages prennent une importance considérable, comme ce fut d’ailleurs le cas dans les primaires de la gauche en 2007 et en 2012, lorsque Ségolène Royal dans le premier cas, François Hollande dans le second, furent désignés principalement parce qu’ils apparaissaient comme les mieux placés pour battre la droite. On peut noter que cette stratégie de conquête externe fut aussi celle adoptée par Marine Le Pen face à Bruno Gollnisch pour accéder à la présidence du Front national.

En conséquence, l’« offre politique » des candidats à la primaire devient accessoire ; ce qui importe, c’est l’offre en termes d’image. Cela évoluera certainement, mais pas au point que les Français appelés à voter à cette primaire tranchent entre les postulants autrement, sauf marginalement, que sur les qualités, réelles ou pas, qu’ils attribuent à tel ou tel pour accéder à l’Elysée : l’« énergie » de Nicolas Sarkozy, la « sagesse » d’Alain Juppé, la « détermination » de François Fillon, etc. A des degrés divers, Hervé Mariton, Jean-Frédéric Poisson et Nadine Morano, parmi les candidats déclarés à cette primaire, portent certaines des aspirations de l’électorat de droite mais aucun d’entre eux n’est crédible car aucun n’est perçu comme ayant la stature qui fait les hommes d’Etat, ce qui est le principal déterminant du vote. Parmi les prétendants les plus sérieux, Nicolas Sarkozy semble persuadé qu’il a été battu en 2012 pour avoir mené une campagne trop à droite alors que, au contraire, il a perdu pour n’avoir pas été assez à droite durant son mandat. Quant à François Fillon, il fait des efforts pour se positionner sur un créneau libéral conservateur mais il aura du mal à faire oublier que ce qu’il propose est en bien des points à l’opposé des politiques qu’il a menées, tant à Matignon qu’auparavant, dans ses fonctions ministérielles successives. En l’état actuel de l’offre politique, je ne vois que deux personnalités qui pourraient, à terme, capitaliser sur leur nom la droitisation de la société française et porter le discours de civilisation que le peuple de droite attend, deux personnalités qui ont pour point commun d’avoir réussi à rendre leur parole audible au-delà de leurs électorats partisans : Laurent Wauquiez et Marion Maréchal-Le Pen. Mais nous entrons là dans l’après-2017"

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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