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Cathophobie

La pièce de Castellucci : les réactions du jour

Sur le Forum catholique, l'abbé Grosjean revient sur la polémique que sa réaction a suscitée. Extraits (pour lire l'intégralité, suivez le lien) :

"Je demande avant tout pardon à ceux qui auraient pu être blessés dans un premier temps par ma prise de parole. Dieu sait que mon intention a toujours été de chercher à servir la vérité, persuadé que tout combat légitime doit se fonder sur elle, quoiqu’il en coûte. Je comprends pourtant que ceux qui se sont engagés avec leur foi, leur sincérité et leur courage dans cette mobilisation puissent être déçus, ou heurtés qu’un prêtre remette en cause, en apparence, leur engagement. Ceux qui me connaissent, ou qui m’ont rencontré depuis, savent combien j’admire, comme je l’ai écrit, la générosité de ces jeunes. […] 

Je retire le terme « manipulés » ou « instrumentalisés » que j’ai utilisé en parlant de ces jeunes. Ce n’était pas rigoureux intellectuellement de ma part d’émettre à chaud un tel jugement, qui laisse planer un doute sur l’honnêteté intellectuelle de ceux qui ont mené cette mobilisation, sans que je les connaisse personnellement, et alors que Dieu seul connaît les intentions réelles de chacun. Mais de même, je revendique qu’on ne mette pas en cause ma propre honnêteté, comme certains l’ont fait de façon odieuse. Je peux me tromper, on peut l’affirmer si on le pense, mais cela ne veut pas dire que j’ai agi « malicieusement ». […]

On m'a expliqué, que des passages ont été enlevés, pour des raisons que seul le metteur en scène pourrait donner. On me dit que c’est sans doute grâce à la mobilisation. Si cela est vérifié, je ne peux que m’en réjouir. Il me semble nécessaire d’être rigoureux sur ce qui est joué, ce qui est réellement montré, et ce qui ne l’est plus. […] Je ne canonise pas Castellucci et ne nie pas la responsabilité des artistes en règle générale. Tout ne doit pas être possible, sous prétexte de liberté d’expression, dans une société qui a besoin de retrouver la notion de respect pour que nous puissions vivre ensemble tout simplement. […]  

La violence de certains propos, ou de certaines réactions, peut s’expliquer par la colère ou l’incompréhension. Mais celles-ci ne peuvent cependant justifier certains propos ou accusations qu’ont subi ceux qui se démarquaient, plus ou moins adroitement, du discours majoritaire dans le milieu « catholique traditionnel ». On ne peut défendre « l’honneur de Jésus Christ » et traiter de « salope » une mère de famille, ou de « collabo » un prêtre, avec lesquels on n'est pas d’accord, oubliant qu’on partage à priori avec eux la même foi, même si on diverge sur les moyens de la vivre ou de la défendre. Cette violence pose quand même réellement question, et risque fort de se retourner contre « la cause » défendue. Elle en a choqué profondément beaucoup, y compris de ceux qui n’étaient pas d’accord avec moi. Encore une fois, être persuadé de participer au bon combat ne légitime pas tout. […]

La remise en cause que j’ai pu susciter, avec d’autres, même s'il ne faut pas en exagérer la portée, servira plus qu’elle ne risque de desservir les combats futurs. En effet, les réactions de chacun nous stimulent à approfondir notre réflexion sur la façon d’être chrétiens dans ce monde, tel qu’il est et non tel que nous pourrions le rêver."

Sur son blog, Bernard Antony écrit :

C"[Cette pièce] s’inscrit, je le pense, dans la grande offensive idéologique freudienne de l’art contemporain contre le christianisme et la conception de l’homme qui en découle. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de passer par le scatologique pour déboucher sur une pseudo-perspective eschatologique ! Le péché, l’horreur, la merde, le blasphème, les crachats sur le Christ, c’est en effet hélas une part de la réalité de l’humanité. Comme la partouze, la pédophilie, le sadisme que les autres spectacles (Sancta Suzanna, Crying body,..) ou encore l’atroce exposition de « L’Infamille » ont représenté dans toute leur crudité et cruauté. Mais peut-être n’ai-je pas su en effet les interpréter comme des incitations à une réflexion chrétienne sur la misère de l’homme et les souffrances du Christ. Je n’ai sans doute pas su les interpréter comme de sublimes représentations du mal et de la déchéance humaine. Je n’ai sans doute pas su voir que ces spectacles s’inscrivent dans une perspective d’éducation au beau et de christianisation du peuple. Je crois bien qu’il faudra m’imposer une spirituelle cure de rééducation culturelle et artistique."

Sur Radio Courtoisie aujourd'hui de 18 h à 21 h, Emission de la Réplique de Bernard Antony. Maître Jérôme Triomphe, Jeanne Smits, monsieur l'abbé Ribeton, Christophe Bilek, et Bernard Antony commenteront cette actualité…

Sur Riposte catholique, Frédéric Espieux prouve que Castellucci a bien tronqué sa pièce :

"Il est primordial de communiquer, dans la paix, et de rester unis. Chacun doit pouvoir donner son avis, librement, qu’il soit laïc ou Prêtre, sans être détruit par d’autres; afin de construire une action plus efficace car unitaire. […] La définition du blasphème nous est donnée dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC 2148) « Le blasphème s’oppose directement au deuxième commandement. Il consiste à proférer contre Dieu – intérieurement ou extérieurement – des paroles de haine, de reproche, de défi, à dire du mal de Dieu, à manquer de respect envers Lui dans ses propos, à abuser du nom de Dieu… L’interdiction du blasphème s’étend aux paroles contre l’Église du Christ, les saints, les choses sacrées… »

On nous a accusés de démagogie, de malhonnêteté intellectuelle et de manipulation pour avoir décrit après les premières représentations la réalité abrutissante qui était mise en scène. Évidemment, quand les médias refusaient de venir sur place, puis quand les Forces de l’Ordre les ont empêchés de venir, comme lors de la rafle du 25 octobre à Cité, Castellucci pouvait s’en donner à cœur joie: odeurs, étalages… qui se sont atténués avec le temps, preuve que notre action aura été utile.

Les personnes ayant vu la pièce aux dernières représentations n’en auront donc vu qu’une « version dédiabolisée ». Par exemple, la scène montrant des enfants jetant des grenades sur le Christ a été momentanément supprimée après le festival d’Avignon. Cela ne démontre-t-il pas la gratuité de la scène des grenades ? N’est-ce pas la preuve que cette scène n’existe que pour choquer, puisqu’elle peut être supprimée sans que la pièce s’en ressente ? que la performance de Castellucci est une accumulation gratuite de scènes provocatrices qui ne trouve de cohérence que dans l’abjection ? […]

Pour les non-convaincus, voici deux vidéos… La première est la scène qui a été supprimée avec les enfants qui jettent des grenades sur le visage du Christ […] La deuxième, celle qui clôture le spectacle, donc qui synthétise et donne le dernier message de l’ensemble de l’œuvre: la souillure du visage du Christ. Selon des personnes qui sont allé voir la pièce, c’est à ce moment là que l’odeur de merde est diffusée […] Y a-t-il, oui ou non, un voile qui recouvre à la fin le visage du christ avec une odeur de merde qui se répand dans la salle ? Même si, lors des dernières représentations, l’odeur a disparu… Y a-t-il, oui ou non, écrit « You are not my shepherd » (« tu n’es pas mon berger ») ? Même si le « not » est moins éclairé que le reste de la phrase ? Si la réponse à ces deux questions est oui, indépendamment de toute interprétation personnelle, alors il n’y a pas d’ambiguïté sur le caractère blasphématoire de la pièce; cela justifie notre action pacifique. […]

On nous oppose les points de vue de personnes qui s’estiment plus réalistes car elles ont vu la scène. Soit. Alors lisez ce témoignage bouleversant d’un étudiant qui a vu la scène…

« Le vieux passe derrière le portrait avec un bidon rempli de sa merde, puis une musique stressante se fait entendre. Là, la scène passe dans l’ombre faisant ressortir le portrait. Puis le Christ est déformé, Il se tord, puis des trous se font en haut du visage, et là de la merde coule, le recouvrant de haut en bas. C’est là que j’ai craqué, j’en ai pleuré pour être franc. Et j’ai été sorti. La phrase tu (n’) es (pas) mon berger arrive ensuite. Quelque soit l’interprétation qu’on en fasse, personne n’a le droit de couvrir de merde le visage du Sauveur. Qu’on ne me fasse pas croire que c’est un signe d’amour, ou juste un artifice pour faire « réfléchir ». Pour cela, il y a beaucoup d’autres moyens qu’un vrai artiste saurait utiliser. » […]

La mobilisation menée ne doit pas être le siège de règlements de comptes. […] Nous ne sommes pas rattachés à une mouvance religieuse plus qu’à une autre, à une communauté plus qu’à une autre, à une association politique plus qu’à une autre. Nous n’acceptons donc pas qu’au nom de la bienséance on nous traite de fondamentalistes, d’intégristes ou d’extrémistes, ou qu’on nous compare à des jeunesses de Lénine, comme ça a été le cas. […] Nous agissons pour défendre le Christ. Alors ne perdons pas notre crédibilité en critiquant, à raison ou à tort, des prêtres ou des évêques qui n’ont pas compris ou adopté notre démarche. […]"

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