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Histoire du christianisme

La peine de mort dans l’Histoire du christianisme

Gérard Guyon a publié un ouvrage intitulé Justice de Dieu justice des hommes. Christianisme et histoire du droit pénal, dans lequel il montre combien est redevable le droit pénal au christianisme, depuis au moins la Règle de St Benoît, qui a donné au droit des valeurs nouvelles. Sur un sujet controversé, la peine de mort, il écrit ceci (p.192-193) :

G "Avec le christianisme, et dans l'héritage du Bas-Empire, le procès pénal et la peine de mort qui est le couronnement, la culmination traditionnelle de l'échelle des sanctions sont profondément transformés par une nouvelle morale du châtiment. Ces caractères […] témoignent que la mort doit être envisagée […] dans l'attente de la Parousie, c'est-à-dire la Fin du monde, la venue du règne de la Justice, le retour du Christ en gloire. La vie n'est qu'un passage transitoire. La mort est délivrance. […]

Dans la tradition chrétienne, l'Eglise encourage tout ce qui contribue à entretenir chez les hommes, une présence et une familiarité souhaitable avec la mort. Par conséquent, la publicité, le caractère exceptionnel et dramatiquement théâtral des exécutions capitales prennent […] un sens particulièrement fort. Cette culture de la mort donne à la mort d'autrui, ici le condamné, une valeur doublement exemplaire. La mort du criminel rappelle d'abord que l'on ne peut pas transgresser la loi et l'autorité du pouvoir impunément. Les sanctions opèrent ainsi à l'intérieur d'une conception du droit et de l'autorité. Le droit doit avoir pour but final d'organiser la vie du chrétien, de le préparer au futur de l'Au-Delà. La justice pénale fait donc partie de l'ordre de la création de Dieu. Il y a un ordre chrétien individuel, et social.

La mort du criminel a aussi une autre signification. Elle est celle du pécheur. L'idée du mal, sous-jacente à la signification du droit de punir, permet à Dieu de sanctionner celui-ci sous quelque forme qu'il se manifeste. C'est un droit absolu. D'autre part, le péché entraîne une peine et donc du mal naît la souffrance, et au délit correspond une peine rétributrice. Il y a enfin une coïncidence entre la responsabilité morale qui dérive du péché et la responsabilité pénale liée au délit. A quoi s'ajoutent le couple ancien pénitence-péché et le caractère intrinsèquement volontaire de la faute. La leçon du christianisme est ainsi parfaitement claire. Elle montre que le plus grand criminel peut toujours se racheter et faire une bonne mort dont le modèle est celle d'un des larrons sur le calvaire."

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17 commentaires

  1. Merci pour ces propos qui éclairent l’histoire du lien entre christianisme et peine de mort. Toutefois, si l’on peut expliquer de quelle manière un chrétien peut se déclarer favorable à la peine capitale, peut-on pour autant le justifier ? Il me semble qu’à ces arguments, l’on peut rétorquer que seul Dieu est et doit demeurer le maître de la vie et de la mort, et qu’il faut avoir l’humilité de reconnaître qu’aucune justice ne peut entrer dans le secret des cœurs. Gardons-nous bien d’abréger les jours de ceux qui en auraient besoin pour se convertir progressivement… Oui, mille fois oui à la prison à perpétuité, oui à des conditions plus rigoureuses et des peines sévères, mais que la justice humaine ne se substitue pas au jugement de Dieu. Que le Bon Larron ait été un condamné à mort ne justifie aucunement cette sentence.

  2. Autant lui laisser le temps de se convertir en prison au lieu de l’exécuter.

  3. J’ai changé d’avis sur cette question.
    Si l’essentiel est la conversion, la peine de mort est plus miséricordieuse car beaucoup de condamnés se convertissent, mais ceux qui passent leur vie en prison s’endurcissent dans la plupart des cas. D’ailleurs, étant donné les conditions dans lesquelles vivent les prisonniers, la peine de mort n’est elle pas préférable ? Et enfin, combien de vie innocentes auraient été préservées si des criminels avaient été exécutés ?

  4. @ M
    Le christianisme aussi recommande le malicide (l’ homicide du malin). Saint Bernard de Clairveaux justifiait ainsi les croisades contre les ennemis de la chrétienté.
    ‘Jésus avait dit auparavant :
     » Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, vous connaîtrez la Vérité et la Vérité fera de vous des hommes libres.  » (Jean 8,31)
    Mais le malin est toujours là pour tenter l’homme, le détourner de la vie en Dieu pour finalement le détruire et le faire mourir. C’est pourquoi, le malin  » enlève la Parole de Dieu  » (Luc 8,12) du cœur de l’homme qui cherche à connaître ce qui lui est caché. Dieu n’interdit pas la recherche scientifique à condition que cette recherche soit faite avec conscience. Dieu, le maître de l’univers a donné à l’homme des possibilités étonnantes, comme la procréation : un enfant est une splendeur !… toutes les façons d’avoir un enfant ne sont pas bonnes. Il est impensable de jeter à la poubelle un être créé à l’image de Dieu, dès les premières cellules, dès les premiers mois de sa conception. C’est un meurtre ! Nous voyons alors que  » science sans conscience, n’est que ruine de l’âme !…  » Dieu nous donne la vie et si nous LE choisissons, la Vie Éternelle, mais le malin ne donne que la mort :
     » Dès le commencement, le diable s’est attaché à faire mourir l’homme  » (Jean 8,44)’
    Il faut donc détruire physiquement le malin.

  5. phil4 : « vu les conditions dans lesquelles vivent les prisonniers, la peine de mort n’est elle pas préférable ? » >> vu les conditions dans lesquelles vivent la plupart des enfants non désirés, l’avortement n’est-il pas préférable ?
    La vie humaine ne peut entrer dans un raisonnement « mieux/moins bien ». C’est une donnée absolue. Les défenseurs de la vie doivent l’être absolument, entièrement et dans tous les cas, sous peine de perdre toute crédibilité. Question de cohérence.
    [La peine de mort et l’avortement ne peuvent être mis sur le même plan. L’un est négociable, pas l’autre. Cf une note du Cal Ratzinger. MJ]

  6. phil4 : « Et enfin, combien de vie innocentes auraient été préservées si des criminels avaient été exécutés ? »
    >> Voilà pourquoi la perpétuité doit être appliquée avec la plus grande rigueur.
    (désolée pour le double post)

  7. Chris du Fiers : Que vous déduisiez du fait que nous devons choisir la Vérité en Jésus-Christ la nécessité de « détruire physiquement le malin » càd prôner le recours à la peine de mort me paraît pour le moins tiré par les cheveux.
    Le Christ nous a également clairement signifié que nous étions aveugles, aussi comment pourrions-nous, sans orgueil, prétendre discerner le bien du mal à un degré de clairvoyance tel qu’il nous permettrait de décider de la vie et de la mort en toute justice ?
    Accomplissons bien la justice des hommes et tenons bien les criminels pour protéger les victimes. Restons à notre place avec humilité. Que les chrétiens prient, et l’Esprit se chargera de souffler sur les consciences qui s’ouvriront à Lui, à l’heure de la mort dont, faut-il le rappeler ? nous ne connaissons ni le jour, ni l’heure.

  8. Une dernière remarque, en m’excusant encore une fois d’avoir posté trop vite : respectons le treizième des commandements de la loi de Moïse : tu ne tueras pas. Cette loi n’a pas, me semble-t-il, été abolie par le Christ, et ne souffre point de casuistique.

  9. Catéchisme de l’Eglise Catholique
    chapitre : « tu ne tueras point »
    http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P7U.HTM
    2267
    L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.
    Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.
    Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable  » sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants  » (Evangelium vitae, n. 56).

  10. phil4 : « vu les conditions dans lesquelles vivent les prisonniers, la peine de mort n’est elle pas préférable ? » >>
    si vous saviez dans quels conditions ils vivent …
    savez vous au moins de quoi vous parlez?

  11. « Vu les conditions dans lesquelles vivent les prisonniers ». En fait les conditions les plus sordides touchent les prisonniers de droit commun. Les tueurs en série et criminels qui s’attaquent à des enfants sont, bien souvent, mieux lotis et bien protégés. Voyez, quand Patrick Henry est sorti de prison…un mois après il y est retourné. De plus, quand je vois le look des assassins lors de leur procès, ils ne donnent guère l’impression d’avoir enduré une période des plus éprouvantes.

  12. Honnêtement je me préoccupe plus des victimes que la peine de mort auraient épargné que du sort du condamné.
    Je remarque que l’Eglise a un tas d’associations pour aider les prisonniers – mais pas du tout pour les victimes. il y a des chapelets, des temps de radio, des visites, des cadeaux etc. Comme le syndicat de la magistrature, l’Eglise estime que les victimes sont affreusement de droite et les délinquants gentiment de gauche. En conséquence, il y a lieu d’aider les délinquants.

  13. Dans ma jeunesse et par sensiblerie tout autant que cédant à la tendance du moment, j’ai crû également qu’il fallait suprimer la peine de mort et (honte !) soutenu Badinter et autres utopistes dangereux.
    Or, il se trouve que pour des raisons qui me sont très personnelles mais aussi parceque j’ai mieux compris ma religion catholique en danger, j’ai bien changé d’avis !
    Demandez-donc aux musulmans si l’islam est défavorable à la peine de mort et citez-moi un pays où la doctrine du faux prophète règne qui l’ait aboli.L’Eglise prêcherait-elle de nos jours la croisade ? Non, elle nous enseigne à bon droit le respect de la vie mais avec une conception faussée qui permet le laxisme en société… et toutes ses conséquences.

  14. Favorable à la peine de mort pour les criminels.
    L’homme est responsable.
    Où en est la demande de procès de béatification de Jacques Fesch ? (un peu fort de café, mais pourquoi pas…)
    bonne journée à tous!
    Greg

  15. @M
    La vie biologique n’est pas un absolu.
    Le salut de l’âme, la vie de l’âme seule en est un.
    Et pour le salut d’une âme, la suppression physique, la peine de mort, peut se justifier.
    Défenseur de la vie, oui, moi aussi. Mais de la vie des innocents, pas des coupables.
    Le criminel coupable condamné a mort a eu un procès, avec avocats, avec procédures d’appel etc. Rarement l’enfant innocent avorté… Vous me permettrez donc ne ne pas défendre indifféremment l’un et l’autre, sans pour autant me rendre coupable d’incohérence.

  16. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique est très clair…
    Nous avons les moyens de protéger la société de ces criminels autrement qu’en les tuant. La prison à perpétuité. Je trouve incroyable qu’on se pose encore la question. La seule chose, c’est qu’il faut une vraie perpétuité.
    Je suis déçu par le relativisme qui perce ici aussi. on choisit ce qui nous convient dans le magistère… et le reste, on fournit l’interprétation désirée…
    [Désolé, mais le Magistère laisse ouverte la possibilité du recours à la peine de mort. Autrement dit, c’est un point négociable. Le Cal Ratzinger le rappelait lui-même dans une note à l’intention des Etats-Unis : l’avortement est non négociable, la peine de mort l’est. MJ]

  17. Faut-il discuter des siècles et des siècles d’une affaire réglée par Jésus-Christ Lui-même lors de sa Passion!
    Jean 19;10-11
    Pilate lui dit: « Tu ne veux pas me parler à moi? Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te relacher et pouvoir de te crucifier? »
    « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, répondit Jésus, s’il ne t’avait été donné d’en Haut; aussi celui qui m’a livré à toi porte un plus grand péché »
    Qui peut se permettre de revenir sur la Parole de Dieu?
    Au nom de quel humanisme débile et décadent, nous aurions un avis différent de Dieu?
    Le sentimentalise gélatineux dégoulinant de bien pensance style Badinter, nous ammène à la protection des assassins et au mépris des victimes. Ses « braves gens » toujours sous le prétexte d’améliorer la dignité de l’homme, se plaisent à pervertir les coeurs et les âmes avec des raisonnements qui ne sont que des sophismes!
    Ils sont les dignes héritiers des républicains révolutionnaires et assassins du Peuple catholiques français.
    Libre à vous de les défedres, mais éviter de vous dire( et même de penser) que vous êtes catholiques!
    On ne peut se dire catholique quant on pense contrairement de Jésus Lui-même!

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