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L'Eglise : L'Eglise en France

La Neuvaine : Méditation du Jeudi Saint par un moine du Barroux

Qu’est-ce qui peut encore nous rendre espérance pour la France ?

Qui peut dire ce que sera demain ? « L’avenir est à Dieu ! » répond le poète. Et Dom Gérard précisait :

« Tant qu’il y aura des moines pour prier, des prêtres pour prêcher et administrer les sacrements, des fidèles pour transmettre la vie et la foi, des chrétiens ouvriers, paysans, soldats, des militants et des hommes politiques pour défendre et rebâtir, une chrétienté nouvelle restera possible. Le royaume de Dieu est comme une toute petite graine qui pousse lentement, mais elle peut devenir un grand arbre où viendront se percher les oiseaux du ciel. »

0Dans l’enfer des tranchées, le Père Doncœur se trouvait aux côtés des soldats qui allaient mourir, pour les confesser, les communier, les brancarder et de sa voix douce et chaleureuse les aider à partir pour le ciel, pendant qu'ils mouraient entre ses bras. Une nuit, on lui amène un petit lieutenant qui venait de monter à l'assaut à la tête de sa section. Il s'appelait Del. Une rafale de mitrailleuse l'avait fauché : « Râlant déjà il allait mourir. Mais dans le cauchemar de la fièvre, au milieu de mes prières il se redressait et criait “Allons les petits gars !… ça suit ?…” Alors, me penchant vers lui, je lui dis à l’oreille : “Oui, oui, Del, dormez doucement, ça suit !”

L'audace des héros, la ténacité et le courage des paysans et des artisans qui ont fait la France, l'intelligence des ingénieurs, le génie des artistes, nous invitent à ne pas sombrer dans un morne abattement. Mais plus que tout c’est la foi des saints qui nous invite à l’espérance : « la France aurait pu faire l'économie des héros et des génies, elle n'aurait pu se passer de ses saints » (Pourrat).

Et parmi ses saints, dom Gérard aimait tout particulièrement saint Bernard, dont la doctrine tient en un mot : Jésus.

« Ce que j’ai toujours à la bouche, comme vous le savez, ce que j’ai toujours dans le cœur, comme Dieu le sait, ce que sans cesse j’écris comme il apparaît dans mes œuvres, ce qui fait ma philosophie la plus profonde, c’est Jésus et Jésus crucifié. » 

Saint Bernard en tire une sorte de règle de vie, capable d’inspirer tous ceux qui veulent reconstruire une France chrétienne :

« Veux-tu ne pas être entraîné par le désir de la gloire du monde ? [on dirait aujourd’hui la volonté de puissance]. Eh bien ! que le Christ-Jésus —la sagesse même— te soit plus que toute douceur.

Veux-tu n’être pas trompé par l’esprit de mensonge ? [on dirait aujourd’hui par les idéologies, les fausses doctrines, le faux humanisme]. Que le Christ —la vérité même— soit ta lumière!

 Veux-tu n’être pas vaincu par l’adversité ? [on dirait aujourd’hui par le découragement ou le désespoir]. Que le Christ, vertu de Dieu, devienne ta force! »

« Je crois, ajoutait Dom Gérard, qu’il faut chercher à donner à nos élites une grande doctrine mystique capable de chasser tous les désespoirs, en faisant ressortir la dignité de l’homme créé par Dieu et racheté par le Christ. C’est l’idée que Jean-Paul II rappelle sans cesse : Jésus-Christ unique Sauveur du monde. C’était déjà l’idée de saint Pie X : Tout restaurer dans le Christ. »

Les principes non-négociables n’ont jamais été si attaqués. Aidez le Salon beige à contre-attaquer et à promouvoir la culture de vie !

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