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La maison Sainte-Blandine, la forme extraordinaire dans la succession apostolique

La maison Sainte Blandine ouvrira ses portes à Lyon en septembre 2010 et offrira une année de propédeutique aux candidats au sacerdoce attachés à la forme extraordinaire. "Une de plus" pourrait-on être tenté de dire ou de penser?

Sans doute, mais celle-ci est vraiment particulière : voulue par le cardinal Barbarin et confiée à monseigneur Batut, son auxiliaire, elle a la spécificité de n'accepter que des séminaristes incardinés. En effet, ces séminaristes seront prêtres diocésains et célébreront, sans exclusivisme, sous la forme extraordinaire. Cette intégration d'emblée de ces prêtres dans la hiérarchie de l'Église, sous l'autorité de l'évêque,  garant et serviteur de l'unité de son Église, constitue une des meilleures réponses à ce jour en France au motu proprio "summorum pontificum".

Monseigneur Batut répond à la Nef

Qui a décidé des modalités de leur formation ?

Leur évêque
! Votre question m’amène à souligner un point très important. Depuis la
mise en œuvre du Concile de Trente, avec la création des séminaires, la
marche suivie par un candidat qui pensait être appelé à être prêtre
diocésain et non religieux, a été de demander rendez-vous à son évêque
et de se mettre à sa disposition. Spirituellement, cette démarche est
sans prix, car elle souligne que l’appel au sacerdoce ne relève pas d’un
choix personnel, mais de Dieu
et de l’Église qui appelle.
La première
question qui se pose quand un jeune homme se présente n’est pas celle de
la forme liturgique dans laquelle il a grandi, mais de savoir si
vraiment Dieu l’appelle. C’est pourquoi il faut lui donner les moyens de
bien vivre l’année de fondation spirituelle, en cohérence avec ce qui a
nourri sa foi jusque-là, pourvu seulement que ce soit conforme à la
tradition catholique et aux lois de l’Église,
et de pouvoir ainsi mettre
sereinement ces richesses au service de l’Église dans le sacerdoce
diocésain.

Voilà pourquoi les candidats à l’année Sainte-Blandine
devront nécessairement y être envoyés par un évêque
– le fait de donner
son accord pour la Maison Sainte-Blandine signifiant que l’évêque prend en compte l’héritage personnel du
candidat, en particulier liturgique, et le considère comme positif pour
son diocèse (…)

Qui sont les prêtres membres de Totus Tuus [voir ici] et quel rapport avec la
maison Sainte-Blandine ?

Totus tuus est une association de
prêtres placée sous la protection de l’archevêque de Lyon et constituée
de prêtres diocésains issus pour la plupart de fraternités « Ecclesia
Dei ». Cette association a été voulue comme une structure légère, parce
que les prêtres concernés ne veulent pas être autre chose que des prêtres
diocésains liés par des liens de fraternité et gardant une certaine
mobilité pour être envoyés par leurs évêques là où les fidèles attachés
au missel de Jean XXIII ont besoin d’eux
(…)

[aimer] le missel de Jean XXIII signifie se réjouir de le voir s’enrichir
et évoluer comme il l’a toujours fait, car ce qui n’évolue pas est en
réalité déjà mort. Mais d’autre part, on ne peut pas aimer le missel de
Paul VI sans en voir l’enracinement dans toute la tradition liturgique,
faute de quoi on se méprend complètement sur ce qu’il est. Il s’agit
donc de ne pas envisager l’histoire antécédente sans l’histoire
subséquente, et réciproquement, conformément à cette « herméneutique de
la réforme dans la continuité » qui est celle de Benoît XVI pour
l’ensemble de la Tradition catholique, de Nicée à Vatican II inclus.

Mais
cela même fait apparaître la difficulté de ce qui est proposé. Il est
clair que c’est un changement d’état d’esprit, et cela ne se décrète
pas. Ce n’est pas parce qu’on rajoutera quelques préfaces au missel de
Jean XXIII que ceux qui ne veulent pas comprendre qu’il est le fruit d’une évolution jamais interrompue le comprendront
; et ce n’est
pas parce qu’on célébrera la messe de Paul VI avec la plus grande piété
et le plus grand soin que ceux qui veulent l’instrumentaliser pour
justifier les pires excentricités désarmeront. Autrement dit, pas
d’enrichissement sans conversion. Mon souhait le plus cher pour les
jeunes que nous accueillerons, si Dieu veut, dans cette nouvelle Maison,
c’est qu’ils soient déterminés à aider le pape et l’Église en étant de
vrais apôtres de l’herméneutique de la continuité
".

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16 commentaires

  1. Bravo Monseigneur …alors protégez bien vos futures “recrues” discernement oblige, car nous avons bcp souffert à travers notre fils prêtre, de la persécution de son évèque , dont la charge est d’aimer les pretres qui sont sous sa responsabilité même ceux qui appliquent le “Motu proprio” et qui portent la soutane sans être pourtant issu des séminaires traditionalistes

  2. Plutôt une bonne nouvelle … que l’on connaissait depuis longtemps maintenant ! Un point m’interpelle cependant :
    Ce n’est pas tant l’attachement au missel de 1962, que ce que l’on va enseigner par la suite à ses aspirants prêtres qui est important. Car, si l’on s’en réfère à ce qui est transmit dans les séminaires diocésains, on peut se permettre d’avoir un doute. Ne s’agit t-il pas là de mieux “maîtriser” ceux qui sont attachés à la liturgie traditionnelle ? Nos futurs prêtres ont besoin des fondamentaux qui ne sont plus enseignés depuis longtemps, et que l’on ne trouve plus que dans les séminaires “ecclesia Dei”, ou presque !
    Après cette année, on en fait quoi de ces braves gens ?
    Je préfère, pour ma part et à l’heure actuelle, voir des prêtres issus des séminaires “Ecclesia Dei” parfaitement formés revenir dans les diocèses (si tant est que ceux-ci doivent quitter leur communauté, ce qui est un autre débat), plutôt que des jeunes “déformés” prêts à toutes les concessions.
    Si j’en crois les expériences autour de moi, c’est une réforme des séminaires dont l’Eglise (de France) à besoin.
    “Mon Dieu, donnez-nous de saints prêtres”
    [Votre analyse n’est pas fausse en ce qui concerne les séminaires en France. Je me permettrais néanmoins deux remarques :
    les séminaires vont de mieux en mieux, il y a une dynamique de changement évidente;
    laissons le temps au temps : tout ne changera pas en un week-end. La marche est toujours une succession de pas, plus méritoire, plus sûre et plus durable qu’un seul bond, fut-il grand, en avant.
    En conclusion, les séminaires “ecclesia Dei” ne sont pas non plus la panacée en terme de formation, même si on a tendance à tout embellir (Exemple : combien d’entre eux disant reconnaître l’herméneutique de la continuité enseignent Vatican II et les Papes qui ont suivi?].
    Mais ceci est un autre débat.
    Lahire]

  3. “Aimer le missel de Jean XXIII signifie se réjouir de le voir s’enrichir et évoluer comme il l’a toujours fait, car ce qui n’évolue pas est en réalité déjà mort”.
    On peut le faire évoluer jusqu’à en faire un missel de Paul VI, par exemple. Reportez-vous aux images du pèlerinage Chartres-Paris et demandez-vous si le missel traditionnel est déjà mort. On peut se demander aussi, suite à la visite du cardinal Vingt-Trois au pèlerinage Paris-Chartres, si ce dernier ne va pas servir de champ d’expérimentation à la “théorie de la continuité” du cardinal Barbarin. Le cardinal de Paris a déclaré aux pèlerins de Gas : “nous ne nous choisissons pas, nous ne nous sommes pas choisis et nous ne nous choisirons pas, mais nous sommes liés de façon indéfectible”. La machine à broyer les communautés Ecclesia Dei est en route.
    [l’Ecclesia Dei” est “unum” et “apostolicum” : c’est-à-dire une derrière le successeur de Pierre et organisée autour des successeurs des apôtres. Il est normal, à l’instar de Benoît XVI et dans l’axe de son dernier motu proprio, que l’Eglise se restaure derrière le Pape et autour de ses évêques.
    Les communautés “ecclesia Dei afflicta” dans cette réalité du credo et de la vie de l’Église sont des satellites, fort utiles bien sûr. Mais que l’on ne fasse pas reproche au Pape et aux évêques de respecter les fondements mêmes de l’Église! En effet, dans l’absolu – j’insiste -, la meilleure situation reste quand même que les prêtres séculiers soient sous l’autorité des évêques. C’est ce qu’impose la Tradition de l’Église, même si des exceptions ont été acceptées ces dernières années pour les communautés “Ecclesia Dei afflicta”.
    Lahire]

  4. Monseigneur Barbarin est plus déterminé à couper l’herbe sous le pieds des “tradis” qu’à propager la forme extraordinaire !
    [Quel bel argumentaire, mais surtout quelle méconnaissance du diocèse de Lyon! De toute façon, le cardinal Barbarin est archevêque de Lyon et à ce titre il est garant de l’unité de l’Église dans son diocèse. Cette mesure va dans ce sens, malgré les divisions tradis-autres que certains entretiennent. Qui est d’Église, reconnaît l’autorité de l’évêque dans ce domaine et s’y plie. Humblement et filialement.
    Lahire]

  5. Cher Lahire,
    Bien d’accord avec vos remarques sur le temps ! Je n’ai malheureusement pas beaucoup d’exemples de “dynamique de changement”, mais je crois, j’espère fortement et j’ai confiance, que cela évoluera. (Les diocèses de Bayonne et de Toulon redonnent espoir).
    J’en discutais encore avant hier avec un jeune prêtre qui a rejoint le diocèse et qui est affolé par ce que propose le séminaire, et par les prêtres qui en sortent. Je ne demande qu’à croire que ceci est l’exception qui confirme la règle…et je serais très intéressé par les nouveaux programmes (éventuels) de formation des séminaires diocésains.
    j’en profite pour vous remercier de nous tenir informés au travers de ce blog.
    PQR

  6. C’est sidérant cette fièvre obsidionale qui voit dans toute action ecclésiale en France la main du démon… En effet il y a un renouveau des séminaires français et grâce en soit rendu au Seigneur et à ses serviteurs quand il répondent à l’appel du Maître de maison.
    A vouloir systématiquement être plus l’Église que d’Église on sombre dans la même erreur que le comité de jupes ou le gallicanisme.

  7. Messe de St ci messe de st ça:J’en suis fatigué.Je vais à la messe de mon enfance et j’y prie du mieux que je peux pour tous.Arrêtons de faire le jeu du diable.Qu’est-ce qu’il doit rire?

  8. Bravo Jean P.O. ! Voici qui devrait faire cesser les commentaires absurdes de ceux qui cherchent la petite bête.. Un peu d’humilité, que diable, messieurs les insatisfaits perpétuels qui voient le mal partout. Si nous n’avions que des Barbarin, ce serait trop beau pour l’Eglise qui est en France… !

  9. à Lahire,
    Ce qui importe surtout c’est que les préceptes du Pape soient intégralement suivis par les clercs, comme par les fidèles.
    Or lorsque l’on voit la lenteur des uns et des autres à s’engager à défendre la vie, sans même parler de liturgie pour laquelle, en tant que laïc, pour ma part, je ne saurais me reconnaître quelque compétence que ce soit, il y fort à parier qu’il y a loin de la coupe aux lèvres en ce qui concerne les véléités de ceux qui sprintent derrière les communautés Ecclésia Déi que vous qualifiez si aimablement “de satellites” forts utiles bien sûr “…
    [Le mot satellite fait référence à la structure hiérarchique de l’Eglise (Pape et évêques) et ces communautés sont en marge de cette structure, tout en reconnaissant leur lien avec Rome et donc leur entière et régulière subordination à l’Eglise. Mais vous l’aurez compris. Lahire]
    Cela me porte à penser que s’il y a une vertu “dans la tradition de l’Eglise” qui semble avoir été oubliée ici, c’est bien l’humilité […]
    [Je vous rejoins complètement, l’ayant souligné dans un commentaire précédent : c’est un des aspects du problème de ces sensibilités. Il suffit pour s’en convaincre de voir le nombre de commentaires qui commence par “moi, je” , exposant de brillantes théories souvent en opposition avec la hiérarchie de l’Eglise, donnant des leçons, démontrant plus de lucidité que ceux (évêques, prêtres) qui ont eux, l’ensemble des données du problème ou cherchant à se placer intellectuellement au-dessus des clercs et des évêques.
    Et encore je vous épargne, je ne les mets pas tous en ligne.
    Lahire
    PS : ne soyez pas aussi dur avec vous-même, la censure ne frappe que les cas extrêmes. Vous ne la méritez pas… entièrement!]

  10. […]

  11. Cher Lahire,
    Je connais parfaitement le diocèse de Lyon et je confirme que Mgr Barbarin cherche moins à diffuser la “forme extraordinaire” du rit romain qu’à couper l’herbe sous le pied des tradis.
    Son attitude il y a quatre ans au moment de l’affaire de Saint-Georges le montre assez. Et sauf votre respect, il ne s’agissait pas alors de division tradis-autres, mais d’une injustice couverte et encouragée par un archevêque.

  12. Merci à Mgr Batut pour ce qu’il dit. Jeune prêtre diocésain, formé dans un séminaire diocésain (à Orléans), je suis, même si cela peut vous surprendre, extrêmement ouvert vis-a-vis de ceux qui se définissent “tradis”… au point même de subir parfois les moqueries de mes confrères plus âgés, peu importe, c’est l’annonce de l’Evangile du Christ qui compte…
    Je pense, et c’est que semble dire Mgr Batut, que l’herméneutique de la continuité doit se faire dans les deux sens… il faut arrêter de dire que : “Avant Vatican II, c’était nul, et après on a tout compris au message du Christ.” Il faut aussi que ceux qui veulent maintenir la Tradition (et cela et ô combien important) accepte que la continuité passe aussi par Vatican II et les papes qui sont venus après, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI !

  13. Pour le fidèle lambda, c’est très difficile.
    Exemple: Lundi, lendemain de la Pentecôte. Dans le Missel du Barroux: c’est le lundi après la Pentecôte.
    Sur le Blog du Salon Beige: c’est le 1er lundi du temps ordinaire.
    Dans ma paroisse: c’est Sainte Marie, Auxiliatrice, avec le renouvellement des voeux d’une communauté fémininine du quartier, dont j’ignorais l’existence car elle est en civil.
    Une centaine de femmes dans les 60-70 ans, vêtues n’importe comment, mal peignées, talons plats, qui communient toutes dans la main etc., mais on dit qu’elles font beaucoup de bien dans le social, et c’est certainement vrai. Leur fondatrice est Marie-Thérèse de Soubiran (je crois me souvenir).
    Certes une religieuse n’a pas à être élégante, mais comme l’habit arrange bien des choses et donne de la dignité et de l’allure. On les imagine juste après le Concile, ces religieuses alors jeunes et dans le vent, jetant aux orties le latin, le voile et tout le reste pour être mieux au monde, etc etc.
    Le post ci-haut est très difficile à comprendre pour les lambdas.

  14. Merci au Cardinal Barbarin !
    Et à Jean PO, j’adhère totalement à vos propos. Toujours les mêmes réactions des éternels insatisfaits qui sont quelque peu paranos…

  15. [Ne perdez pas votre temps, les insultes n’ont pas court ici. Vos commentaires sont bloqués. Si vous arrivez à en passer, les prochains seront systématiquement supprimés. Désormais seul un contact par mail est possible. [email protected]
    Lahire]

  16. [Non, le Salon beige n’est pas un lieu de libre expression. C’est un blog ou écrivent des blogueurs qui, s’ajoutant la charge lourde de gérer les commentaires, mettent en ligne ceux qu’ils veulent selon leurs critères propres.
    N’oubliez pas que le Salon beige est un service gratuit et bénévole, quotidien et exigent et qu’il vient en sus d’une charge de famille et d’une vie professionnelle. voilà qui donne aux blogueurs une totale liberté et légitimité que 15 000 lecteurs (moins 1) apprécient chaque jour.
    Usant de cette liberté et de ma volonté de vérité et de paix entre tous si possible, voire le plus grand pourcentage possible de lecteurs, je ne publie pas votre commentaire et en coupe l’accès pour ce post. Cela m’évitera des copiés-collés quotidiens.
    En revanche, parce que ma volonté de paix et de dialogue est tournée vers tous sans exception, je vous propose de me contacter par mail (et pas mes collègues…) pour ouvrir une discussion aussi vraie et pacifique que discrète et personnalisée.
    Je vous souhaite, comme hier, une bonne journée.
    Lahire]

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