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France : Politique en France

La lettre présidentielle est l’aveu d’un manque de réflexion au plus haut sommet de l’Etat

La lettre présidentielle est l’aveu d’un manque de réflexion au plus haut sommet de l’Etat

Selon Ivan Rioufol :

Le grand débat national sauvera-t-il Emmanuel Macron du naufrage ? C’est sa survie politique que met en jeu le chef de l’Etat, avec sa lettre aux Français rendue publique, dimanche soir. Son plan de secours vise, dans les mots, à “bâtir un nouveau contrat pour la France”. Macron se propose de “répondre par des idées claires” à la “grande inquiétude” et au “grand trouble” qui ont gagné les esprits, notamment en France. Or cette clarté, dont Vauvenargues disait qu’elle “orne les pensées profondes”, fait défaut. La lettre présidentielle est l’aveu d’un manque de réflexion au plus haut sommet de l’Etat. Cette paresse ne date pas d’hier. Toutefois, le chef de l’Etat l’a perpétuée. “Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau (…)”, concède le président. “De ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d’envisager l’avenir, de nouvelles idées”. Mais comment croire que deux mois de doléances et de débats improvisés suffiront à réparer cette crise de l’intelligence, ses impensés, ses récitations obligées, ses imprévoyances ? Il y a une contradiction insurmontable à observer la Macronie vouloir garder son autorité sur un défouloir populaire qui récuse précisément la mainmise étatiste. Ce sont deux membres du gouvernement, Emmanuelle Wargon et Sébastien Lecornu, qui seront chargés d’animer les débats. Comment croire que les Gilets jaunes, que la lettre prend soin de ne pas citer, se satisferont de cette mise sous surveillance par le pouvoir ? Le rejet de Macron est tel que son grand débat risque fort d’accoucher d’une souris.

Le président avance en reculant, dans cette initiative aux buts mal définis. Macron aurait évidemment fait l’économie d’un tel choix si les Gilets jaunes ne l’avaient pas contraint à bouger. En fait, le chef de l’Etat n’arrive pas à se défaire du soupçon d’insincérité. A quelques phrases d’intervalle, il peut écrire : “Pour moi, il n’y a pas de questions interdites”, contredisant le porte-parole du gouvernement qui affirmait le contraire, et un peu plus loin : “Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle (…) Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises (…)”. A quoi bon susciter un grand débat sans tabou, si Macron n’entend pas amender sa politique au cas où les réponses contredisent ses choix ? Les sujets que suggère le chef de l’Etat ne sont pas des gadgets. Cependant, se devine chez lui l’opportunité de tirer profit de cette parenthèse bavarde. C’est notamment sa politique de transition écologique et de réforme de la constitution qu’il propose, en douce, à la discussion. […]

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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12 commentaires

  1. Et pour nous mettre en forme pour le débat national, voilà qu’on nous annonce la hausse des droits de succession pour compenser l’ISF. https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/une-hausse-des-droits-de-succession-pour-remplacer-l-isf_2055776.html
    Et pour la pétition à signer sans trop vous faire d’illusions : https://damocles.co/augmentation-droits-succession/
    Les affaires reprennent…

  2. J’ai lu cette lettre 2 fois, hier soir et aujourd’hui.
    Je n’y vois rien sur la famille, le sociétal, la bioéthique, bref sur le fondamental.
    J’y vois une insistance sur les engagements européens de la France. Soit. Mais alors on ne doit pas se poser la question de leurs limites, de l’étouffement de la France sous les normes supranationales, des abus engendrés par la CEDH, des diktats de la cour de Strasbourg.
    Pour l’instant les contours de cette consultation sont d’un grand flou. Il est évident que MACRON and co l’organisent sous la pression des événements mais n’y vont pas de gaieté de coeur.
    Mais ne désespérons pas, puisqu’aucune question n’est interdite.
    Macron désavouerait-il son clone Griveaux (ils sont nés les 21 et 29 décembre 1977)?

    • Chapeau d’avoir réussit à lire 2 fois ce pensum !

    • La solution passerait peut être par le ric, ce grand fourre tout . On pourrait tout remettre en cause , je dis bien TOUT jusqu à remettre en cause la rep dont Mignon 1 Er est la parfaite émanation . C est la solution la plus paisible mais Mignon 1 Er ne voudra jamais ; il préfère diviser les Français par le moyen de la guerre civile que passer par celui plus paisible .

  3. Cette lettre de 5 pages dactylographiées est dès l’abord désespérante par sa longueur.
    Son style est celui de l’énarchie exempte d’empathie.
    Je doute que beaucoup de GJ aient envie de la lire et s’y précipitent.
    Cette consultation permettra-t-elle à Macron de rebondir?
    Rien n’est moins sûr.
    Il a certes obtenu en 2017 les 2/3 des suffrages exprimés, mais ce fut contre une adversaire pâlotte, qui a manqué le second tour.
    Il faut se rappeler que la légitimité de Macron est toute relative.
    Il y eut 25% d’abstentions le 7 mai 2017 contre 20 et 16% les 6 mai 2012 et 2007.

  4. j’ai participé au “grand débat” des Etats Généraux de la bioéthique. Quand on voit que le CCNE et le gouvernement se sont “assis” sur le fait que 80 % des contributions s’opposaient à la PMA pour femmes lesbiennes ou célibataires, on peut s’inquiéter de la façon dont le gouvernement prendra en compte les avis exprimés d’où le dilemme : y participer ou non ?
    sans parler des 700 000 pétitions contre le “mariage pour tous” mis à la poubelle par le président du CESE,un certain Delevoye que d’aucuns auraient aimé faire l’arbitre des débats !!!

  5. Comment peut on accepter un débat sans liberté d’expression et liberté de penser.
    Nous devons avant tout débat demander à ce que la liberté d’expression soit rétabli en France :

    Les lois Pléven (1972), Gayssot (1990), Perben (2004), Taubira (2001-2004) doivent être abrogées.

    Et puisque c’est l’Europe qui décide la liberté d’expression doit être validée pour toute l’Europe et toutes les lois contraires abrogée dans toute l’Europe.

    Nous devons attendre que tous les prisoniers libérés et les condamnations pour liberté d’expression en Europe supprimées avant de débattre. Dans le cas contraire comment croire qu’il ne s’agit pas d’une farce !

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