Un article passionnant de JD Merchet.
"Le Russe a un objectif stratégique tout droit venu du XIXe siècle avec sa vision impériale en termes de zones d’influence, mais il utilise des techniques politiques d’avant-garde pour parvenir à ses fins.
C’est une nouvelle de science-fiction intitulée «Sans le ciel» parue en mars dernier dans la revue en ligne russe Ruspioner.ru. Elle raconte un conflit dans un avenir proche, aux contours improbables : « C’était la première guerre non-linéaire », écrit son auteur qui signe Nathan Dubovitsky. C’est en réalité le nom de plume de Vladislav Sourkov, un homme d’affaires d’origine tchétchène, qui fut des années durant l’éminence grise de Poutine en matière idéologique. On lui doit notamment le concept de «démocratie dirigée» et il figure en bonne place sur la liste des responsables sanctionnées par Washington et Bruxelles à la suite de l’annexion de la Crimée.
Cette «guerre non-linéaire» est celle que le Kremlin conduit en Ukraine. Elle plonge les responsables occidentaux dans le désarroi. De l’aveu même d’un grand diplomate français, ceux-ci peinent à trouver un langage commun avec Vladimir Poutine et semblent courir après les évènements, comme s’ils avaient une guerre de retard sur le Kremlin.
Entre l’Ouest et l’Est, il n’y a plus concordance des temps. Vladimir Poutine est à la fois dans le passé ancien et dans le proche avenir, alors qu’Américains et Européens apparaissent intellectuellement coincés quelque part à la fin du XXe siècle.
Le Russe a un objectif stratégique tout droit venu du XIXe siècle avec sa vision impériale en termes de zones d’influence ou de marches frontalières. C’est le retour du Grand Jeu territorial dans un univers qui se pensait global, la «revanche de la géographie», selon l’essayiste américain Robert D. Kaplan (1). Une vision du monde à somme nulle dans laquelle, comme aux échecs, si l’un gagne, l’autre perd forcément. Ce qui est déroutant, c’est que pour parvenir à cet objectif d’arrière-garde, le Kremlin utilise des techniques politiques d’avant-garde.
Il combine en permanence et avec un certain brio toute une gamme de moyens, jouant une partition élaborée sans jamais donner l’impression de privilégier aucune note : gesticulation militaire (les grandes manœuvres à la frontière), action clandestine (envoi de forces spéciales), ouverture diplomatique (rencontre de Normandie et de Minsk avec le président ukrainien), action humanitaire (le convoi de camions), utilisation de supplétifs (les «volontaires» qui combattent avec les séparatistes), chantage économique (livraison de gaz, boycott des produits agricoles de l’UE, contrat du Mistral), guerre médiatique (à l’usage de l’opinion publique intérieure), influence politique (avec les souverainistes et l’extrême-droite en Europe de l’Ouest), action politico-militaire sur le terrain, un «leading from behind» à la russe, (diriger depuis l’arrière, selon le concept américain inventé pour la guerre en Libye).
La «guerre non-linéaire» oblige à revoir nos concepts anciens lorsque la paix, la crise et la guerre se succédaient comme les trois états de l’eau (gaz, liquide, solide) selon la température. Elles existent désormais en même temps mais pas dans le même champ.
Les théoriciens occidentaux parlent de «guerre hybride». Le concept est notamment défendu par le français Jean-Marie Guéhénno, président de l’International Crisis Group, qui fut le maître d’œuvre du Livre blanc de la défense de 2013. L’ancien secrétaire général adjoint des Nations Unies y a glissé la notion de «menaces hybrides», mais elles concernent plus ce que l’on observe avec l’Etat islamique en Syrie et en Irak que les stratégies étatiques de grandes puissances nucléaires, comme l’est la Russie.
Si les diplomates et les stratèges occidentaux lisent peu la science-fiction russe, ils peuvent plus aisément se pencher sur les publications du chef d’état-major de l’armée russe, le général Valéry Guerrasimov. Or, dans un article au titre peu racoleur de «la valeur de la science dans la prédiction», paru en février 2013 dans le magazine russe «Le courrier militaro-industriel», l’officier décrit avec une franchise déconcertante la stratégie mise en œuvre désormais par son pays. Tirant les leçons de l’intervention occidentale en Libye (2011), il plaide pour «l’utilisation de forces d’opérations spéciales et de l’opposition interne pour créer un front opérationnel permanent dans tout le territoire de l’Etat ennemi, aussi bien que des actions informationnelles». Le militaire constate que «le rôle des moyens non-militaires pour atteindre les buts politiques et stratégiques a augmenté et, dans de nombreux cas, ils ont dépassé en efficacité la puissance de la force des armes». «Peu importe les forces de l’ennemi», conclut-il, «il aura toujours des vulnérabilités et cela signifie qu'il existe des moyens adéquats de s'opposer à lui».
Citant de nombreux auteurs soviétiques comme Isserson ou Svetchine, le général Guérassimov nous rappelle que l’école stratégique russe fut l’une des plus brillantes du XXe siècle. Elle semble avoir de beaux restes.
(1) Editions du Toucan, avril 2014


Observateur
L’Ecole stratégique russe ne fut pas convaincante pour la première guerre mondiale
Ni à la bataille décisive de Varsovie(1920)
Ni de 1941 à 1944.
Ensuite à 5 contre 1 …
Fedorovski, interrogé m’a dit devant des journalistes de l’ImMonde “Nos services spéciaux était bon, sans plus, mais nous avons bénéficié d’excellentes résonances à l’Ouest…”
Tol
Je n’y connais pas grand chose mais j’observe une grande cohérence dans la politique extérieure russe, alors que celle de la France est ballotée au gré des circonstances, des alliances et de l’endettement. Nos dirigeants n’ont plus aucune boussole pour leur indiquer un cap sur le long terme, ils ont abandonné l’idée même de nation.
Renaud D.
Article de pure propagande.
A ma connaissance, on n’a pas vu les troupes Russes rentrer en Louisiane afin s’accaparer le pétrole américain, et menacer ouvertement l’existence même des USA.
La réciproque, hélas, est vraie.
Où, dans les Évangiles, est-il écrit : tu diabolisera ton voisin pour lui piquer son pétrole ?
Où vous situez-vous ?
S’il vous plait, défendez la vérité.
Robert Marchenoir
L’un des arguments pour soutenir Poutine est qu’il serait le défenseur de la chrétienté en Occident. C’est certainement ce qu’il veut qu’on pense de lui.
Cependant, si l’on accorde du poids à un tel critère et si l’on est honnête, il faut alors aussi faire écho à la déclaration que vient de faire le patriarche Filaret, chef de l’Eglise orthodoxe de Kiev, selon lequel Vladimir Poutine est le nouveau Caïn et se trouve sous l’influence de Satan :
http://cerkva.info/en/messages/5417-new-kain.html
Extraits :
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Les Saintes Ecritures nous apprennent que ces deux grands péchés que sont le meurtre et le mensonge entretiennent une étroite unité, car le maître et l’inspirateur de l’un comme de l’autre est le diable.
Par conséquent, quiconque se livre à ces péchés, d’après notre Sauveur, est l’enfant du diable : “Vous êtes les enfants du diable ; et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été homicide dès le commencement, et il n’est point demeuré dans la vérité, parce que la vérité n’est point en lui. Lorsqu’il dit des mensonges, il dit ce qu’il trouve dans lui-même, car il est menteur, et père du mensonge.” [Jean, VIII, 44.]
“On redemandera beaucoup à celui à qui on aura beaucoup donné, et on fera rendre un plus grand compte à celui à qui on aura confié plus de choses”, a dit Notre Seigneur Jésus-Christ [Luc, XII, 48.]
Un grand pouvoir est échu entre les mains du dirigeant que j’ai cité [Vladimir Poutine], mais le monde et moi-même sommes témoins qu’il n’a pas mis ce pouvoir au service de bonnes actions, mais au service du mal.
C’est à son instigation que les médias de son pays répandent, nuit et jour, des mensonges cyniques sur l’Ukraine dans de multiples langues, qu’ils sèment la haine contre le peuple ukrainien et contre notre désir d’être indépendants et de bâtir notre propre nation souveraine.
C’est à son instigation qu’ils font couler le sang et provoquent au meurtre dans le Donbass.
Il ment ouvertement et de façon éhontée : alors qu’il organise et envoie des tueurs mercenaires dans notre pays, il parle de “conflit interne”, dans lequel il prétend ne pas être impliqué ; alors qu’il envoie ses troupes en Ukraine, il déclare publiquement que ces troupes ne sont pas présentes dans notre pays.
Ses mensonges égarent certains, qui sont persuadés que ce dirigeant protège les valeurs traditionnelles, morales et spirituelles, des ravages de la mondialisation. Mais le fruit de ses actions, que l’Evangile nous appelle à examiner, indique le contraire.
Vos actions [à vous, Vladimir Poutine] vous retranchent de l’Eglise orthodoxe et de Dieu, vous condamnent à une fin ignominieuse dans ce monde et à la damnation éternelle en enfer, dans l’au-delà.
Votre punition, pour tout le sang répandu selon votre volonté, pour le mal fait sur votre ordre, sera celle de Caïn, le menteur et le fratricide : la malédiction et la damnation éternelles.
*****
Allez-vous, cette fois-ci, censurer l’Evangile et le patriarche de l’Eglise orthodoxe de Kiev ?
Pascal P
Qui sanctionne encore et encore et encore ? L’UE !
Qui est incapable de gouverner, de conduire une communauté de pays ? L’UE .
Qui décide ce que les pays libres (comme la Suisse) ou les peuples (comme les habitants de la Crimée) doivent faire et penser ? L’UE !
Les votations suisses sont contraires à la doctrine de l’UE …Sanctions !
les habitants de Crimée décident librement de leur avenir sans l’UE … Sanctions !
les écossais ont reçu une menace de sanctions s’ils votent leur indépendance , de l’UE…
La liberté ne passe pas ou plus par l’UE ;à fuir !
Poutine construit la Russie et défend son peuple . Où est le mal ?
Saint-Plaix
Chacun devrait s’imprégner de l’analyse de jean Michel Vernochet dans son dernier ouvrage “L’Ukraine l’engrenage” paru chez Sigest…
On y trouve en quatrième de couverture une citation de l’ouvrage de l’éminence grise maéricaine Zbigniev Brzezinski “le grand échiquier”, paru en 1997 et disponible ici…
https://electrodes.files.wordpress.com/2014/03/brzezinski_zbigniew__le-grand-echiquier.pdf
On y lit en effet cette analyse lourde de menaces atlantistes:
“Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire. L’Eurasie reste l’échiquier sur lequel se déroule la lutte pour la primauté mondiale. Quiconque contrôle ce continent, contrôle la planète.”
Nul ne contestera que les mouvements révolutionnaires ukrainiens ont été fomentés par l’axe atlanto-sioniste.
Le site de propagande israélien juif orthodoxe en langue française alyaexpress-news.com l’a d’ailleurs proclamé en son temps: des miliciens israéliens étaient au premier rangs des manifestants de Kiev!
http://alyaexpress-news.com/2014/03/qui-sont-ces-anciens-soldats-israeliens-parmi-les-combattants-de-rue-dans-la-ville-de-kiev/
L’Ukraine est donc le maillon faible exploité par les visées mondialistes américaines.
Poutine en est bien conscient.
C’est aujourd’hui le dernier rempart de l’Occident Chrétien européen face à la tentative hégémoniste atlanto-sioniste!
Il agit en conséquence.
Peut-on le lui reprocher?
Clovis
Sortir du cadre voilà la méthode. Dans ma jeunesse il y avait beaucoup de devinettes comme celle-ci: avec 6 allumettes faire 4 triangles équilatéraux ayant une allumette comme côté.Poutine aura toujours un coup d’avance comme aux échecs, jeu où les russes sont très forts. C’est plus difficile que de se promener la nuit en scooter!
alain protte
En 1917 les anglo-saxons ont enrayé l’expansionnisme de la Russe en la mettant sous tutelle par l’introduction du bolchevisme.
L’éradication de celui-ci et le déclin occidental ont permis à la Russie d’enrayer son démantèlement, d’enfourcher à nouveau son vieux cheval de bataille et de chercher à reconquérir ses positions d’avant 1917 et d’avant 1989.
Dans cette renaissance,les moyens employés par Poutine sont adaptés aux circonstances actuelles, tout en évitantun pour le moment un conflit frontal.
jannotta
Merci pour cet article !
Très intéressant quant à la stratégie russe.
Bien cordialement.
n
Cet article part du principe que l’adhésion de l’opinion publique russe à la politique de Poutine est le résultat d’une stratégie. Et partant, que celle de beaucoup de peuples à une vision forte, telle que celle des “islamistes”, est aussi une stratégie. Et qu’il faut la contrer par des manœuvres de “deception”. Mais il oublie que les adhésions de ces peuples, qui manquent en Occident, sont le résultat d’une vision forte par les dirigeants de l’avenir de leur peuple, fondé sur une culture forte. Comment peut-il en être de même en Occident, quand le seul ciment de notre culture, mis en avant par les dirigeants, est une idée mièvre de non discrimination, et surtout une politique de repentance cherchant à inhiber toute notre fierté ?
MagikBus
Quand l’Ecosse veut l’indépendance ,l’ue ne va pas faire la guerre politichienne contre les écossais ,mais quand les ukrainiens russophones font eux aussi un référendum pour l’indépendance ,l’ue et l’otan fomentent guerre ,menaces ,persécutions et bombardements !
Si Poutine ne s’en préoccupait pas ,personne chez les hypocrites à moraline vérolée umps/ue ne s’interesserait aux milliers de maisons bombardées et les 900 000 civils terrorisés par kiev qui refuse criminellement de laisser les russophones décider eux-memes de leur destin alors que 87% d’entre eux ont voté pour se séparer de l’ukraine kieviste qui les persécute avec la complicité de l’ue et otan .
Poutine est le genre de chef d’Etat estimé par les peuples car il incarne sans trahison son role de protèger les interets de la Russie d’abord .
En quoi cela est incompréhensible aux idiots utiles qui eux trouvent toujours normal de trahir la France et son peuple francais de souche ?
Observateur
L’école stratégique russo-soviétique a perdu de 14 à 18 (3 mars, Brest-Litovsk)
Elle a été vaincue à la bataille géo décisive de Varsovie (1920)
Une victoire contre le Japon (39)
Pas convaincante contre la Finlande hiver 39-40
En grande difficulté de 41 à 42
Ensuite à 2 contre 1 puis 3 contre 1 etc
va mettre 3 ans pur expulser les Allemands.
Son point fort le renseignement grâce aux communistes et une religion de l’artillerie
CORIOLAN
Je ne sais pas ce qu’est un objectif stratégique “impérial” du XIXe siècle, mais je sais ce qu’est l’objectif impérial d’un monde unipolaire (par opposition à un monde multipolaire)voulu par les Etats Unis qui nous mênera vers le pire cauchemar totalitaire qui n’ait jamais existé. L’auteur n’est qu’un vulgaire agent d’influence étatsunien…