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Démographie

La galère des familles nombreuses de deux enfants

C'est le cri de ras-le-bol de ce pédiatre québecois devant une société mortifère incapable de gérer les vivants :

" C'est le cas de la famille dont je vous parle. Les parents se sont déjà endettés pour offrir à leur deuxième enfant, atteint d'un trouble du langage, une évaluation et un diagnostic rapide en orthophonie. La liste d'attente au centre de réadaptation était de deux ans! Une éternité pour un enfant d'âge préscolaire. Malheureusement, les ressources financières ne sont plus disponibles pour les autres enfants de la famille.

J'ai donc dû expliquer à cette mère, qui vit au Québec et non dans un pays du Tiers-monde, qui contribue aux impôts chaque année, que son enfant devra attendre de longs mois avant de pouvoir recevoir les services auxquels il a droit. D'ici à cette évaluation, il accumulera probablement un retard scolaire important, sera démotivé face à l'école ou carrément déprimé.

Eft J'ai dû expliquer à cette famille que, au Québec, on aime mieux financer des techniques coûteuses de reproduction assistée plutôt que d'investir dans l'avenir des enfants qui sont déjà là. Dans notre belle province, on s'offre des amphithéâtres à coups de millions, à même les fonds publics, plutôt que prendre des décisions moins populaires mais plus équitables. En cette semaine de la persévérance scolaire, je trouve bien ironique que l'on n'adresse pas la problématique criante du manque de ressources en évaluation et adaptation scolaire dans nos écoles.

Je suis tellement fâchée, déçue et triste de la gestion de mon gouvernement qui fait des choix bêtes et faciles, mais pour espérer quoi? Gagner une autre élection? Je suis tellement déçue de devoir m'avouer que chez moi, il y a bel et bien un système de santé à deux vitesses. Les familles nanties peuvent offrir à leurs enfants tous les services dont ils ont besoin pour surmonter les difficultés de la vie. Les enfants issus de familles plus démunies, qui sont aux prises avec les mêmes problèmes, n'ont pas accès à la même offre de service.

Dès l'école primaire, on condamne ces enfants à traîner le boulet de leurs difficultés scolaires. On les condamne à la démotivation, à l'échec, au manque d'estime de soi, au décrochage scolaire. On les empêche de devenir des adultes autonomes, épanouis et des membres actifs de la société québécoise.

Qu'à cela ne tienne, ils auront un bel amphithéâtre à admirer. Du pain et des jeux…"

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5 commentaires

  1. Il y a une raison bien simple derrière le choix de monsieur Jean Charest de financer la procréation assistée plutôt que les soins en orthophonie des enfants déjà nés: c’est que la procréation assistée est un juteux marché pour ceux qui la pratiquent et monsieur Charest et le parti libéral, depuis toujours proches des affairistes, sont en train de remplir les poches de leurs amis de Procrea avec l’argent des contribuables. En effet le nombres de FIV a augmenté terriblement (et les cliniques comme Procrea ont embauché à tour de bras) depuis la prise en charge par le système…

  2. Remarquez qu’en France, les orthophonistes servent de palliatifs aux frais de la sécurité sociale des effets néfastes de l’EN : la plupart des « patients » relèvent du soutien scolaire et non de l’orthophonie.
    Mais chut… il ne faut pas le dire !

  3. Le problème n’est pas que le Canada favorise la procréation médicalement assistée plutôt que l’orthophonie. Il est que le système de santé au Canada est étatique, et non libéral. Nationalisé, et non privatisé.
    Résultat : deux ans d’attente.
    En Angleterre, l’année dernière, 500 vieillards sont morts de soif dans les hôpitaux. Et 150 sont morts de faim (chiffres cités de mémoire, mais l’ordre de grandeur est exact).
    Le système de santé britannique est communiste.

  4. Une Nouvelle revanche des berceaux à la Québecoise est essentielle dans tous les pays catholique

  5. “En France, les orthophonistes servent de palliatifs aux frais de la sécurité sociale des effets néfastes de l’EN” (PK)
    Aujourd’hui, emmener ses enfants chez l’orthophoniste semble aussi banal que de les emmener chez le dentiste.
    Il n’y a pas si longtemps, on n’entendait jamais parler d’enfants qui avaient besoin d’aller chez l’orthophoniste pour éviter l’échec scolaire.
    D’ailleurs, on n’entendait jamais parler de cette profession. A se demander même si elle existait…

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