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La France est enfermée dans sa prison idéologique

La France est enfermée dans sa prison idéologique

C’est la teneur de l’analyse politique d’Hilaire de Crémiers dans le dernier numéro de Politique Magazine

Il est des questions fondamentales qu’il serait utile de se poser si l’on veut en sortir.

Nos gouvernants sont-ils légitimes ? Grave autant qu’audacieuse question, à la limite de l’impertinence, dira-t-on. Selon l’usage actuel et dans la mentalité d’aujourd’hui, il semble saugrenu de se permettre de la poser. Sauf à s’apparenter dans l’opinion au terrorisme anarchique, ce qui ne saurait être ici le propos de pareille interrogation.

Il est ainsi admis par principe à la fois métaphysique, moral et juridique sur lequel il est impossible de revenir, et indépendamment de toutes les théories constitutionnalistes et de tous les discours des auteurs attitrés en sciences politiques, que la légitimité de nos dirigeants doit être et ne peut être que reconnue pour cette simple et unique raison qu’ils ont réussi le concours électoral approprié, car comment appeler autrement le système politique que la France subit en l’entérinant ? Il suffit que ce concours soit gagné au moment précis où il faut le passer ; c’est la condition sine qua non, la seule contraignante. Rien ne sert d’être majoritaire effectivement dans la population si, pour une raison ou pour une autre, ce choix ne peut se traduire concrètement à l’instant crucial. Évidence et tautologie, dira-t-on encore en haussant les épaules devant tant de truismes. Et qu’est-ce que ça prouve ? ajoute-t-on.

Absolutisme métaphysique

Continuons cependant : à partir de ce moment, le candidat qui l’emporte est estampillé pour la durée prévue avec tous les pouvoirs afférents. Le point important est donc de tout miser sur le moment-clé ou, plus généralement, sur les différents moments que fixent les échéances concernées. Mais c’est partout pareil dans le monde des démocraties avancées, rétorquera-t-on. Que non ! Il y a, bien sûr, force similitudes. Cependant il est une différence notable : les autres pays ont d’autres sources de légitimité qui leur viennent de leur propre histoire et qui aboutissent à des combinaisons et des équilibres : les pays anglo-saxons, les pays germaniques, ceux de l’Europe du Nord, de l’Europe du Sud, de l’Europe de l’Est, même la Russie constitutivement autocratique. Ils ont toutes sortes de contre-pouvoirs, pour parler le jargon actuel ; parlons plutôt de forces politiques et sociales naturelles et tout aussi bien religieuses, historiques et morales qui tempèrent un jeu démocratique nécessairement, en son mécanisme même, sommaire, brutal et totalitaire : ce « tout est à moi » puisque j’ai gagné l’élection et que je suis désormais et la légalité et la légitimité, le tout de la politique et la règle suprême de la société. Cet absolutisme métaphysique qui n’a rien à voir avec ce qu’il est convenu d’appeler la monarchie absolue, est la raison d’être même des institutions françaises, leur fondement idéologique – rousseauiste dans son essence – et leur caractéristique pratique. Il s’agit d’un schéma de pensée et d’action proprement névrotique qui induit à la paranoïa ceux qui s’y livrent ; notre histoire depuis plus de deux cents ans ne le prouve que trop. Et, parallèlement, s’en trouvent terriblement affectés les pays d’arriération politique qui se sont mis généralement, malgré leur configuration historique totalement différente, à l’école de la France républicaine et de ses prétendus sublimes principes révolutionnaires. Qui ne sait, pour peu qu’il ait étudié sérieusement, que les totalitarismes des deux derniers siècles, y compris le germanique, et jusqu’au fond de l’Asie, sont tous sortis historiquement, politiquement, idéologiquement de la matrice de la Révolution française. Des centaines de millions de morts, une barbarie sans nom, comme il a été prouvé, écrit, publié. Sans malheureusement que ça ne serve à grand-chose en France. Pas de quoi faire les fiers ! Et, pourtant on n’en sort pas. Le psittacisme est de règle du haut en bas de notre société, malgré tous les esprits libres qui protestent contre la bienpensance officielle. La France est enfermée comme un écureuil dans sa cage, condamnée à tourner indéfiniment dans sa prison idéologique. Qui l’en fera sortir ?

Les pays de l’Est retrouvent leur histoire ; les Anglais veulent rester anglais, même si on prétend le leur faire payer, ce qui évidemment n’aboutira pas ; l’Allemagne sera contrainte – d’abord pour des raisons économiques et financières – de se ressaisir, Europe ou pas Europe, euro ou pas euro ; l’Italie poursuit sa voie en dépit de Bruxelles. Tout sera de plus en plus à l’avenant dans le monde. Les États-Unis sont fondamentalement une fédération d’États. Le président ne prétend pas régenter les cinquante États qui la composent ; Donald Trump a beau s’agiter, son action se circonscrit à la politique étrangère, à la défense et à l’attaque commerciale, à la macro-économie et à l’exaltation de la puissance militaire avec les risques encourus. Ce qui est déjà considérable. Pour le reste, il ne peut que tenter d’influencer.

En France il en va différemment. Pas seulement en raison de la constitution de la Ve République qui, de fait, a abouti, avec ses évolutions récentes quasi obligées, à l’hypertrophie de l’élection présidentielle ; et les réformes macroniennes ne feront qu’aggraver le phénomène, ce que veut incontestablement le chef de l’État. Plus spécifiquement encore en raison de la structure fondamentalement jacobine du régime qui oppresse la France – ça commence à se dire – où la prétendue décentralisation ne fut jamais que des procédés juridico-administratifs pour permettre aux gens de pouvoir et aux partis de pouvoir de s’arroger encore plus de pouvoirs.

La suite ici.

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Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon Beige

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4 commentaires

  1. Une prison idéologique ? Par moments, je me dis que c’est pire que ça… Nous sommes enfermés dans une cellule capitonnée, liés par une camisole de force ! Et je me demande pourquoi nous l’acceptons encore plus longtemps…

    Ah, si nous pouvions, sous le coup d’une colère légitime, nous mettre en colère comme Hulk et avoir nos forces décuplées ! Sauf que nous ne serions pas en vert bien sûr, mais en bleu, blanc et rouge !

    Et pour ma part, une fleur de lys sur le coeur…

  2. Les capacités pour diriger la France ne sont pas les mêmes que celles qu’il faut pour être élu. D’où l’inconvénient.

  3. Les valeurs républicaines servent de caution à toute illégitimité des élus de cette même république.

    A priori nos élus républicains ne savent pas vraiment nous dire en quoi consistent ces valeurs républicaines, sauf à nous asséner que leur légitimité sont de leurs faits incontestables, y compris en dépit des évidences démocratiques.

    L’évidence nous décrit une bien curieuse démocratie qui élit 55% de députés Lrem par 20% du corps électoral .
    Et les 1,5% de députés RN par 20 autres pour cent du même corps électoral.

  4. une prison intellectuelle construite par eux mêmes

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