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Europe : identité chrétienne / France : Politique en France

La France – comme le reste du monde occidental – est attaquée par une kyrielle de minorités tyranniques

La France – comme le reste du monde occidental – est attaquée par une kyrielle de minorités tyranniques

Aram Mardirossian, professeur agrégé des facultés de droit de l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne et directeur d’études à l’École pratique des hautes études, écrit dans Valeurs Actuelles :

Confrontée à un bouleversement démographique inédit qui va jusqu’à mettre en péril son existence même, la France – comme le reste du monde occidental – est concomitamment attaquée par une kyrielle de minorités tyranniques. Depuis des décennies, l’oligarchie protège et encourage divers courants qui se considèrent comme le “camp du bien”. Ainsi, la dictature des minorités terrorise et bafoue la majorité de la population qui est tétanisée par la virulence de ces groupes sectaires. Réduits au rang de pousseurs de caddie ou d’“e-acheteurs” interchangeables, dépourvus de tout idéal qui dépasserait leur horizon personnel, un grand nombre de Français sont aisément anesthésiés par la propagande officielle qui les incite à ne jamais relever la tête pour toujours subir plus.

Le spectre couvert par ces minorités véhémentes apparaît comme une gigantesque salade de fruits empoisonnés souvent originaires d’Amérique du Nord : inter alios “pensée woke ”, “ intersectionnalité”, “cancel culture”, “créolisation”, “décoloniaux”, “racisés”, “inclusivité” et plus généralement tous les “anti-ismes” et “anti-phobes”. Ces prêcheurs de moraline friands d’autodafés, qui usent d’un sabir délirant, imposent violemment un catéchisme qui somme leurs contradicteurs de se soumettre ou de disparaître y compris physiquement. Nonobstant leur extrême diversité, ces professionnels de la victimisation qui se rêvent en bourreaux impitoyables ont pour premier dénominateur commun une haine viscérale de la France et plus encore de ses racines chrétiennes. À leurs yeux, « le christianisme réussit donc, quant au progrès comme ailleurs, cette prouesse d’avoir tout faux. Il est coupable de tout, mais aussi de son contraire » (Rémi Brague).

Tous ces courants virulemment misochrétiens affichent un autre point commun : leur tropisme islamo-gauchiste. De fait, ils ne manquent jamais une occasion de défendre l’islam intégral, sachant que leur doctrine, comme le relève Thierry Bouclier, « a sapé les bases de la société traditionnelle avant d’installer l’islam qui, à son tour, entrera en conflit avec cette idéologie qu’il déteste plus que tout. Celle-ci n’aura pas le dernier mot. Elle ne cherchera d’ailleurs pas à l’avoir. Elle s’effacera avant de disparaître ». Il est vrai que le terrain a été préparé depuis longtemps. En effet, si, dès l’extrême fin du XVIIIe siècle, le régime de laïcité a été une arme efficace pour fracasser le christianisme, il se révèle aujourd’hui inoffensif face à l’islam intégral qui progresse chaque jour.

Osons une métaphore. La France est semblable à une fleur qui depuis la Révolution de 1789 a été arrachée à son terreau chrétien. Conséquemment, en dépit de sa vitalité, au fil du temps, la plante finit par dépérir. L’unique remède pour la revigorer consisterait à la replacer dans sa terre nourricière. À ce stade, il ne s’agit pas de refaire du christianisme, et plus spécifiquement du catholicisme – n’appartenant pas à cette confession, nous sommes d’autant plus à l’aise pour évoquer la chose -, la religion officielle de la France. Il n’est pas plus question d’empiéter sur les droits que la législation actuelle accorde aux autres religions présentes dans le pays. Mais les symboles comptent et c’est pourquoi nous proposons ici deux mesures destinées à revitaliser les racines chrétiennes de la France.

Tout en préservant le principe de la séparation des “Églises” et de l’État, il conviendrait de reconnaître explicitement les racines chrétiennes de la France dans la Constitution. Ainsi, l’article 1 de celle du 4 octobre 1958 serait complété par l’ajout d’un troisième paragraphe rédigé en ces termes : « La République française reconnaît la place exceptionnelle du christianisme dans la vie spirituelle, le développement de la culture nationale et la préservation de l’identité du peuple français. »

Marie et Marianne. Nous suggérerons, par ailleurs, d’instaurer, en plus du 14 juillet, un second jour de fête nationale qui tomberait le 15 août. Le choix de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie se justifie par la consécration du royaume de France à celle-ci opérée par Louis XIII en 1638. Rappelons au passage – même si cela ne représente aucunement le fondement de notre réforme – que Napoléon Bonaparte avait déjà fixé le 15 août comme fête nationale en référence, certes, à l’Assomption de la Vierge mais aussi à la Saint- Napoléon et éventuellement à son propre anniversaire ! Ainsi, l’article 1 de la loi du 6 juillet 1880 qui a institué le 14 juillet comme jour de la fête nationale est réécrit comme suit : « La République adopte les dates du 14 juillet et du 15 août comme jours de fête nationale annuelle. »

Bien entendu, les juristes de service souffrant de juridisme aigu ne manqueront pas, en l’espèce, d’élever des protestations d’ordre juridique. À ceux-là, nous rappellerons que si Dieu n’est peut-être pas encore mort, il a été expulsé de l’Occident chrétien à partir de l’époque moderne. L’homme a pris sa place pour devenir l’alpha et l’oméga de toutes choses. Ce changement inédit de paradigme a aussi affecté le droit. Ainsi, durant des millénaires, les normes venaient des cieux, essentiellement sous forme révélée ou inspirée. Mais l’homme s’étant autoproclamé unique source du droit, un champ juridique sans borne et mutable à l’infini s’est dessiné sous nos yeux.

Dès lors, le droit positif constitue plus que jamais un moyen et non une fin, un instrument certes indispensable, parfois retors, qui permet de concrétiser – souvent au terme de rapports de force – mais aussi de légitimer des choix politiques, sociaux, économiques… ou religieux. Par conséquent, ni la Constitution du 4 octobre 1958 ni accessoirement la loi du 9 décembre 1905 ne représentent des normes immuables et intouchables. Tout ce que des hommes ont fait par le passé, d’autres hommes, à l’avenir, pourront le modifier. Soulignons au passage que chacun de ces deux textes a déjà été retouché des dizaines de fois.

En réalité, notre double proposition soulève avant tout un problème d’ordre politico-religieux et plus généralement civilisationnel et non juridique. À l’heure où un sondage (publié par l’Ifop le 23 septembre 2021) annonce que 51 % des Français ne croiraient pas en Dieu, l’État doit rappeler avec force que la France est historiquement la « fille aînée de l’Église » et que c’est d’abord en renouant avec ses racines chrétiennes, pour cesser d’être uniquement un supermarché des droits de l’homme, qu’elle ne disparaîtra pas. Le Christ avait prévenu : « Je suis le cep, et vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruit : car vous ne pouvez rien faire sans moi. » (Évangile selon saint Jean 15, 5).

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