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Bioéthique

La folie suivante : se passer de l’horloge biologique de la femme

De Pierre-Olivier Arduin dans La Nef de février :

"Déposer ses ovules à la banque à 25 ans pour faire un enfant après 35
ans, c’est la nouvelle révolution procréative que recommande le très
officiel Collège national des gynécologues et obstétriciens français
. Adoptant une posture qui relève plus de celle du démiurge que du
médecin, la société savante propose de libérer les femmes du poids
millénaire de leur horloge biologique.

NDepuis l’invention de la
fécondation in vitro, les biologistes de la reproduction n’ont eu de
cesse de trouver un moyen efficace pour conserver au froid les ovules.
Jusqu’il y a peu, la méthode classique de congélation lente utilisée
avec succès depuis des décennies pour les spermatozoïdes et les embryons
n’était pas adaptée aux gamètes féminins, volumineuses cellules
composées d’une forte proportion d’eau : la formation de cristaux glace
les détruisait presque systématiquement. Tout a changé avec la mise au
point récente de la technique de vitrification – induisant un état
vitreux non cristallisé des cellules grâce à un refroidissement
ultrarapide – qui permet dorénavant de cryoconserver sans les abîmer 9
ovocytes sur 10. Au-delà de la prouesse technique, le fait de pouvoir
aujourd’hui stocker des ovules dans des banques et d’en disposer à
volonté entraîne un nouveau bouleversement de la procréation humaine que
peu d’experts avaient anticipé
. Une brèche a été pourtant ouverte avec
la loi relative à la bioéthique du 7 juillet 2011 qui, tout en
autorisant la vitrification, a accordé dans une logique du
donnant-donnant à de jeunes femmes sans enfants qui feraient don de
leurs ovules d’en conserver une partie pour elles-mêmes. Manifestement,
le Collège national des gynécologues et obstétriciens s’y est engouffré
pour dénoncer dans son avis du 12 décembre dernier le « chantage
éthiquement inacceptable » du législateur qui a limité la possibilité
d’autoconservation aux seules femmes qui s’inscriraient dans une
démarche de don.

S’appuyant sur le fait que les Françaises
deviennent mères de plus en plus tard, la société savante plaide pour
une « autoconservation sociétale des ovocytes » ouverte de droit à
toutes les femmes.

Si l’âge de la maternité a effectivement reculé en
France, celui où la fertilité féminine décline reste le même : à partir
de 35 ans, les chances de concevoir commencent à s’amenuiser pour
diminuer drastiquement après 40 ans. Plus exactement, ce sont les
ovaires qui vieillissent, produisant des ovocytes de moindre qualité,
tandis que l’utérus reste fonctionnel beaucoup plus longtemps. L’idée
avancée par les spécialistes de la grossesse serait donc d’autoriser les
femmes à déposer leurs ovocytes à la banque au moment où leur fertilité
est maximale pour les récupérer plus tard et concrétiser leur « désir
d’enfant ». Durée des études, investissement dans sa carrière
professionnelle, difficulté à s’engager durablement expliquent
aujourd’hui que les femmes attendent avant de « mettre en œuvre un
projet d’enfant », avancent-ils.

La véritable question qui
apparaît derrière cette revendication est en fait celle de
l’accessibilité à la maternité pour convenance personnelle. On s’étonne à
ce propos que des médecins s’emparent d’un sujet sociétal en le
déconnectant de tout aspect thérapeutique. Après la légalisation de la
contraception, de l’avortement ou des fécondations in vitro, il s’agit
en fait d’élargir toujours plus le fossé dissociant procréation et
sexualité
, achevant de libérer les femmes des « contraintes biologiques »
liées à leurs corps. Les raisons médicales qui justifiaient jusqu’ici
le recours à l’ensemble des techniques de procréation artificielle, en
particulier le diagnostic d’une stérilité, disparaissent au profit d’un «
désir social » qui devrait être pris en charge par la collectivité.
Ainsi, le stockage d’ovules a pour unique objectif d’obtenir un « report
sociétal » de sa grossesse afin de la programmer au moment où son
déroulement gênerait le moins.

Pour les lobbies féministes, cette possibilité technique permettrait aux femmes
de s’affranchir des limites imposées par la nature à leur reproduction.
Il est discriminatoire, donc injuste, arguent-elles, que les hommes ne
soient pas soumis à une « horloge biologique » comme elles-mêmes le
sont. Du fait de la fréquence des séparations et des recompositions
familiales parfois tardives, l’autoconservation de ses ovules
permettrait ainsi de mener à bien une grossesse indépendamment des aléas
de sa vie sentimentale.
[…]"

Et après il faudra songer à trouver le moyen de permettre à l'homme d'accoucher, la nature restant discriminante sur ce plan.

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