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L'Eglise : Vie de l'Eglise

“La famille est organiquement unie à la nation”

Lu dans l'Appel de Chartres du mois d'avril :

"Selon les décrets insondables de sa Providence, Dieu a voulu que chacun de nous naisse d’une famille particulière et, ce faisant, il a permis que ce soit au sein d’une nation déterminée. « La famille est organiquement unie à la nation et la nation à la famille » Jean-Paul II : « Lettre aux familles », § 17, 2 février 1994.

Ce lien est directement voulu par Dieu ; il appartient à la nature même de l’homme. Or, selon ce que nous enseigne l’Église, nous ne connaissons point d’autres volontés de la Providence que les dispositions par lesquelles Dieu nous « conduit avec sagesse et amour », jusqu’à notre « fin ultime », avec notre libre coopération (« Catéchisme de l'Église Catholique », § 321 & § 323). Ainsi, notre famille et notre patrie, parce qu’elles procèdent ensemble de la divine Providence, sont des moyens que Dieu a mis à notre disposition, pour nous aider dans la seule grande entreprise qui vaille : notre salut. Selon saint Paul, notre salut est la volonté expresse de Dieu et la plus manifeste : « Dieu, notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité » (I Timothée, II 4).

Dans sa « Somme Théologique », Saint Thomas rappelle que l’homme est redevable à ses parents et à sa patrie. Voici ce qu’il en dit : « L’homme est constitué débiteur, à des titres différents, vis-à-vis d’autres personnes, selon les différents degrés de perfection qu’elles possèdent et les bienfaits différents qu’il en a reçus. À ce double point de vue, Dieu occupe la toute première place, puisqu’Il est absolument parfait et qu’Il est par rapport à nous le premier principe d’être et de gouvernement. Mais ce titre convient aussi, secondairement, à nos parents et à notre patrie, desquels et dans laquelle nous avons reçu la vie et l’éducation. Et donc, après Dieu, l’homme est surtout redevable à ses parents et à sa patrie. En conséquence, de même qu’il appartient à la religion de rendre un culte à Dieu, de même, à un degré inférieur, il appartient à la piété de rendre un culte aux parents et à la patrie. D’ailleurs, le culte des parents s’étend à tous ceux du même sang, c’est-à-dire qui ont les mêmes parents ; le culte de la patrie s’entend des compatriotes et des alliés. C’est donc à ceux-là que s’adresse principalement la piété » (IIa IIae, quaestio 101, art. 14). Puisque Dieu a voulu que la vie naturelle et la vie surnaturelle naissent et grandissent ordinairement dans la famille, la nation doit d’abord exister comme la protectrice des familles. C’est en ce sens que la nation est « une famille de familles ».

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