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France : Politique en France

La droite modérée s’obstine à nier son conservatisme

A l'occasion de la sortie de son premier livre, Vous avez dit Conservateur?, Laetitia Strauch-Bonart a accordé un entretien à FigaroVox. A propos de la droite française, toujours à la remorque de la gauche, elle écrit :

9782204104357-56eaad6256c2e"[…] Que le parti de David Cameron s'appelle «Conservateur» ne les émeut pas non plus. En définitive, ce genre de remarque dénote l'inculture et la fermeture d'esprit d'une certaine droite. Ceci étant dit, un troisième niveau de lecture est possible: la droite française a peur du conservatisme. Pour le comprendre, il faut remonter, comme souvent, à la Révolution française, où les premiers opposants à la Révolution, les «conservateurs» donc, étaient des réactionnaires qui voulaient rétablir la monarchie. Alors que dans d'autres pays, comme en Grande-Bretagne, les opposants à la libéralisation politique se sont progressivement accommodés du nouvel ordre, les conservateurs français – ou ce qui en tenait lieu – sont restés réactionnaires, et ce jusqu'à Maurras! On comprend dès lors que la droite républicaine ait toujours cherché à se distinguer de cette droite, extrême, qui devenait de plus en plus marginale.

Ce qui est étonnant, cependant, c'est qu'en faisant cela, la droite modérée s'est condamnée à nier une partie fondamentale d'elle-même: le conservatisme, soit, entre autres, l'attachement au passé et aux traditions et la prudence eu égard au changement. Or j'estime pour ma part qu'un certain conservatisme politique et intellectuel s'est développé dès le XIXe siècle, avec des hommes comme Guizot puis Ferry. La Troisième République était conservatrice, le gaullisme aussi – mais sans jamais en porter le nom. Et aujourd'hui, il existe des conservateurs, intellectuels et politiques, tout à fait démocrates. Mais la droite modérée s'obstine à nier son conservatisme – pire, elle fait dans la surenchère (verbale), louant sans nuance le Progrès, la Réforme, le Changement… On pouvait le comprendre il y a quelques décennies, mais aujourd'hui? […]"

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