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L'Eglise : Vie de l'Eglise

La doctrine sociale de l’Eglise, ni capitaliste, ni marxiste

Elle est dans son essence même différente de ces  théories "scientifiques" de par ses présupposés, mais aussi dans ses objectifs. C'est ce qu'affirme monseigneur Follo dans son analyse de l'encyclique sociale de Benoît XVI :

Les deux théories ont une racine commune :

"Au-delà de la divergence radicale, les deux théories économiques « scientifiques », ont une racine commune qui permet de considérer le travail humain comme une marchandise, un fait qui porte en lui-même la possibilité d'une déshumanisation (…) La transformation implicite de l'homme en marchandise et donc en une « chose » ou en consommateur de biens matériels, est un risque toujours présent dans des théories qui ne mettent pas l'homme lui-même et le bien commun au centre, qui situent l'homme en fonction de quelque chose d'autre qui peut être le profit né de la plus-value, ou les intérêts abstraits du prolétaire ou de la productivité".

Les prémisses à la réflexion :

"1) La doctrine sociale de l'Eglise n'est pas une troisième voie, à mi-chemin entre capitalisme et marxisme. Ce n'est ni une idéologie ni un pur et simple manuel de normes et d'indications morales modérées. En effet, la doctrine sociale de l'Eglise est essentiellement différente des deux théories "scientifiques" (le libéralisme capitaliste d'Adam Smith et de ses successeurs, et le collectivisme d'Etat théorisé scientifiquement par Karl Marx), parce qu'elle part de présupposés radicalement différents. C'est une vision fondée non sur le capital ou sur les moyens de production, mais sur la personne humaine et sa dignité.

2) La doctrine sociale de l'Eglise est articulée dans la mesure où l'Eglise, dans la plénitude de la Parole révélée par Jésus-Christ, et par l'assistance de l'Esprit Saint, lit les faits selon leur déroulement dans l'histoire. En bref, le développement de cette doctrine est liée à la croissance de la conscience de la dignité de la personne humaine, à défendre et à promouvoir.

3) Non seulement la doctrine sociale de l'Eglise part de présupposés différents, mais elle a aussi un objectif sinon différents du moins ultérieurs. Elle n'entend pas seulement aider à l'accomplissement de la vocation terrestre de l'homme, mais aussi sa vocation transcendante. Et elle le fait à partir d'une interprétation de la réalité sociale, en en examinant sa conformité ou non avec les lignes de l'enseignement de l'Evangile et de la tradition sur l'homme et sur sa vocation intégrale".

La suite du message de monseigneur Follo est un rappel appuyé de l'enseignement de l'Eglise à la lumière de Caritas in veritate. Il mérite d'être lu afin de mieux contribuer au Bien commun. Néanmoins, ce simple passage ci-dessus est en lui-même capital tant son affirmation claire et précise permet de débuter la réflexion sur l'économie sur la vraie base qu'est l'homme dans sa dignité et non sur les fondements erronés des théories qui gouvernent aujourd'hui la totalité des économies mondiales.

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2 commentaires

  1. le philosophe Marcel Clément dans son ouvrage intitulé “le sens de l’histoire” (1958) a parfaitement décrit comment libéralisme et socialisme malgré des divergences extérieures, procédaient en réalité du même postulat philosophique, naturalisme issu de la Renaissance et rationalisme des Lumières. Il en déduit cet axiome sociologique:
    “Lorsque la Constitution d’une société est fondée sur un droit détaché de Dieu et de l’ordre naturel révélé, ce droit lui-même tend à se constituer en idéologie et à exclure non seulement les idéologies adverses, mais le droit naturel lui-même.”

  2. Il y a erreur sur le capitalisme : ce n’est pas une théorie comme le marxisme. Le capitalisme, ce sont des faits, une réalité à partir de laquelle des théories ont été proposées (Smith et Keynes en sont deux – le monde actuel est d’ailleurs plus keynésien que “smithien”). Ce n’est pas un système qui serait l’application d’une théorie antérieure, comme l’est le marxisme.
    Le capitalisme trouve son origine chez les marchands italiens de la Renaissance sans qu’aucune théorie l’ait proposé. C’est un système bien plus naturel que ceux que le marxisme a donnés.

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