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Pays : Etats-Unis

La diplomatie américaine sort des ruines du néo-conservatisme

De Thomas Flichy de La Neuville, Professeur à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr, dans le Figarovox

"Si l’on conçoit bien les nouvelles règles présidant aux nominations au sein de l’équipe Trump, le choix de Rex Tillerson comme futur secrétaire d’Etat, n’a rien de surprenant. Le premier critère consistait en effet à choisir un individu capable de s’intégrer facilement à une équipe de fortes personnalités masculines, où la qualité première serait la loyauté. Figure paternelle et fiable, Rex Tillerson n’est en rien réductible à ses fonctions professionnelles. Cet homme doté d’une bonne mémoire, se présente avant tout comme un spécialiste de l’humain. C’est bien sa capacité à gérer des équipes complexes qui l’a propulsé au sommet d’Exxon. Valorisant les éducateurs, il a des affinités naturelles avec les généraux placés aux postes stratégiques de la présidence. Alors que de nombreux carriéristes sans scrupules se pressaient auprès de  Donald Trump afin d’obtenir le portefeuille des affaires étrangères, le futur président est allé cherché un homme humble et discret qui ne demandait rien. Tillerson a horreur de se mettre en avant, il est insensible aux honneurs. Cet homme pratique, qui valorise le travail manuel, se caractérise par son solide bon sens. Ingénieur pétrolier, il est davantage sensible aux démonstrations scientifiques qu’aux intuitions de ses proches. Le nouveau ministre est calme et prudent. Il insiste sur la complexité de l’environnement international. Ses explications nuancées sur les effets du réchauffement climatiques – qui lui ont valu le qualificatif risible d’ennemi de la planète – peuvent laisser anticiper qu’il n’objectera pas à l’exploitation du gaz de schiste américain, au détriment des pétromonarchies fournissant l’Empire. Cet homme rustique, nouveau Cincinnatus délaissant la charrue pour s’occuper des affaires publiques, n’est pas un sensible. Il rejette la sophistication. Saura t’il sentir ses interlocuteurs étrangers et entrer dans leurs cultures ?

Le critère décisif qui a présidé à son choix est le suivant : le poste de secrétaire d’Etat est celui qui est le plus vulnérable à la corruption parmi l’ensemble des postes ministériels. Soucieux de protéger l’indépendance américaine à l’encontre des puissances qui tentent d’instrumentaliser la politique étrangère de Washington à leur profit, il importait pour Donald Trump, de nommer un incorruptible au poste de ministre des Affaires étrangères. Certes, les incorruptibles ont mauvaise presse en France – Châteaubriand ne qualifiait il pas Robespierre de hyène parfumée – d’où peut être l’incapacité des analystes à saisir les ressorts de cette nomination. Derrière ses jugements mesurés, Rex Tillerson, se présente comme un très fort caractère, davantage intéressé par la longue durée que par les résultats à court terme. Il ne faut pas, dès lors s’étonner, qu’il ait du mal à cacher sa sympathie pour la diplomatie culturelle russe, qui a tranquillement rempli le désert de ruines laissé par les néo-conservateurs américains. De ce point de vue, le nouveau ministre – qui considère que les premiers devoirs d’un homme d’Etat sont dus à Dieu et à sa Nation va opérer un changement radical. Il sera en effet bien difficile pour Rex Tillerson de justifier une agression militaire gratuite sous le prétexte cynique  que le chaos généré par les bombardements rapporte davantage à l’industrie américaine que toute autre solution. Avec cette nomination,  il est clair que le courant isolationniste pro-russe l’a emporté sur la contre-offensive néoconservatrice. Ce changement de cap rend caduques la plupart des analyses de prospective pour 2017. Les chancelleries européennes apparemment orphelines d’une diplomatie morte, et semblables aux poussières d’empire soviétique maintenant le cap du marxisme après la fin de l’URSS, sauront elles l’anticiper en sortant de leur l’autisme ? Pour cela, il faudrait qu’un véritable renouvellement géoculturel s’opère au sommet de l’Etat. "

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